Jeune journaliste, j’essaie de
pratiquer ce métier pour "raconter le monde" et donner à voir ce que l'on ignore parfois. « Le voyage ne commence pas au départ et ne finit pas au retour » écrit
Kapuscinski dans Mes Voyages avec Hérodote. Pour expliquer la façon dont des gens que nous ne connaissons pas voient le monde et leur vie, il faut être près d’eux. En tentant de mieux
comprendre leur point de vue on acceptera mieux la différence et peut-être verra-t-on qu’elle n’est pas si… différente ?
Ils étaient près de 50.000 fonctionnaires à manifester aujourd'hui à Paris contre la réforme des régimes spéciaux de retraite et pour une hausse de leur salaire.
Deux heures et demie après le départ de la tête du cortège de la place d'Italie, la queue de la manifestation n'avait pas encore bougé.
Reportage et Photo, en partenariat avec Marion, de Res Politica en a profité pour
tester, à une petite échelle, le "reportage multimédia" dont je vous parlait il y a peu de temps.
Morceaux choisis en images et en sons:
Internet permet de mélanger plusieurs médias en un. Une des plus grandes réussite à ce niveau est, à mes yeux, américaine. Il s'agit du site MediaStorm.
Fondé il y a deux ans par un ancien de Corbis, le site propose des "reportages multimédias". Alliant texte (assez peu), sons, vidéos et surtout de magnifiques
photos. La plupart des personnes qui travaillent sur le site où qui lui proposent des reportages sont d'ailleurs photographes.
La plupart des sujets traités sont de thématiques sociales ou internationales : l'immigration, le cyclone Katrine, le Sida... Le traitement de ces sujets avec des images souvent très
fortes, la voix de la personne et parfois des séquences filmées donne une profondeur incroyable à ces histoires.
La dernière date du 16 novembre. Il s'agit du récit du retour à la vie "normale" d'un vétéran d'Irak par le photographe du Los Angeles Times Louis Sinco. Ce "film" est
uniquement composé de photographies. S'y ajoutent les paroles du vétéran , le caporal James Blake Miller. Le tout est en anglais, dure 16 minutes (en comptant le témoignage du photographe
qui n'est pas indispensable), mais se regarde très facilement :

Certains me voient venir de loin quand je montre ça. Non, vous n'aurez pas le droit tout de suite à ce genre de production sur Reportage et Photo! L'équipe de MediaStorm est impressionnante ce qui montre bien la
difficulté à produire de tels reportages. Mais j'y travaille, alors un peu de patience...
Nétiquettes: photoreportage - multimedia - conflit - Etats-unis
A la fin du mois de septembre, une grève a éclaté dans la ville de Mahalla. Un véritable soulèvement populaire qui illustre le malaise de toute une région. Près de 24.000 ouvriers sont descendus dans la rue crier leur mécontentement, leurs salaires trop bas, leur manque de protection sociale , de soins médicaux et le non-paiement de primes pourtant maintes fois promises.
En mars déjà, 27.000 ouvriers de la ville Mahalla avaient fait une longue grève pour
défendre leurs droits. En avril, ceux de Kafr El-Dawar avaient suivi. Cette fois encore ils leur ont emboîté le pas.
A Kafr El-Dawar, les trains de première classe ne s'arrêtent pas et l'on traverse les voies à pied.
Le Nord du delta du Nil est connu pour ses usines textiles. De Mahalla à Kafr El-Dawar, de nombreuses villes
ne vivent que de cette industrie. Ces cités ouvrières sont de véritables oubliées. Oubliées du gouvernement, du développement et des infrastructures. Ce sont les oubliées du textile.
Les gosses jouent au foot le long des quais de la gare, où les gens traversent l'unique voie à pied. Il n'y a presque pas d'éclairage public. En avril, un membre du mouvement de grève expliquait qu'il n'attendait rien des négociations avec les patrons. Après une longue grève, les ouvriers espéraient obtenir une part dans les profits des entreprises textiles.
Apparemment, leurs revendications n'ont pas été entendues. Elles sont les mêmes aujourd'hui qu'hier. Ils ne gagnent toujours que 250 à 500 livres égyptiennes par mois (environ 30 à 60 euros) pourtant leur entreprise est la plus grosse du secteur. Cinq d'entre-eux ont été arrêtés pour avoir incité les autres à cesser le travail.
Les dirigeants font pression sur ceux qu'ils considèrent comme les leaders. L'ouvrier de Kafr El-Dawar qui m'avait parlé en avril m'avait demandé de ne pas le prendre en photo. Manifester en Egypte n'est pas un acte gratuit. La présence policière et la surveillance des individus est très forte dans ce pays. Il ne faut donc pas se méprendre devant de tels mouvements de protestation. Leur répétition et leur ampleur montre qu'il s'agit de l'expression d'un désespoir énorme, d'une révolte populaire qui couve chez les habitants des villes oubliées du delta.
A lire :
Un artice de l'Institut de recherches internationales et stratégiques
Deux articles d'Al-Ahram Hebdo: l'un sur les grèves de mars, l'autre sur celles de septembre
Un article de Reportage et Photo sur les bouleversements dans le Delta du Nil
Samedi, la technoparade a envahi les rues de Paris. Depuis la place de Bastille jusqu'à l'hôtel de ville, des miliers de jeunes se sont rassemblés pour une fête à ciel ouvert.
Juchés sur la colonne de la Bastille, ils dansent à en perdre haleine, à entrer en transe.
Le but du jeu est aussi de se montrer. Des confrontations de danseurs s'organisent. A celui qui enchaînera les plus grands et rapides mouvements de bras.
La mode cette année est à la "techtonik". Danse fortement inspirée des mouvements de Michael Jakson. Les bras passent autour de la tête, s'écartent brièvement pour revenir devant
le visage qui tourne par saccades.
Le mouvement attirant des jeunes de toutes origines, depuis 14 à 18 ans environ a aussi ses codes vestimentaires. Du noir rehaussé de fluo, jeans slims et vêtements
moulants.
Chevaux hérissés en une habile crête androgine, les "Techtonik" dansent dans les rues parisiennes.
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