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Jeune journaliste, j’essaie de pratiquer ce métier pour "raconter le monde" et donner à voir ce que l'on ignore parfois. « Le voyage ne commence pas au départ et ne finit pas au retour » écrit Kapuscinski dans Mes Voyages avec Hérodote. Pour expliquer la façon dont des gens que nous ne connaissons pas voient le monde et leur vie, il faut être près d’eux. En tentant de mieux comprendre leur point de vue on acceptera mieux la différence et peut-être verra-t-on qu’elle n’est pas si… différente ?

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Attention, Reportage et Photo déménage !
Vous êtes encore nombreux à venir visiter Reportage et Photo, pourtant cette adresse n'est plus mise à jour. Si vous souhaitez découvrir mes nouveaux articles je vous invite à venir les voir sur Reportageetphoto.fr. Vous êtes donc cordialement invité à venir y découvrir toujours plus d'analyses d'images, d'histoires de reportages et de documentaires multimédia à cette nouvelle adresse, plus pratique et plus belle.
- Antonin Sabot-Lechenet
4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 02:31

Histoire de passer les vacances tranquillement, Reportage et Photo publie à nouveau certains anciens articles. Aujourd'hui, un "inside the picture" à propos de la Birmanie... mais qu'on pourrait appliquer à l'Iran non ?


"Couvrir" les conflits de par le monde, c'est-à-dire se rendre sur place et raconter leur déroulement, n'est pas un exercice facile. Photographier de tels moments de l'actualité et de l'histoire l'est encore moins.
Depuis la guerre du Vietnam, où les journalistes et les photographes pouvaient se déplacer à leur gré avec les soldats américains, les belligérants ont bien compris qu'ils avaient tout à gagner à contrôler les images des guerres qu'ils mènent. Et nous, nous avons tout à y perdre.

Les événements qui se déroulent en Birmanie actuellement prouvent bien malheureusement cet état de fait. Le "plus jamais ça!" du Vietnam a été bien compris par les dirigeants comme une prophétie médiatique du maintient du pouvoir (pour paraphraser grosso modo Serge Daney). "Silence on assassine", en somme!

Bien malin qui pourra dire ce qui se passe précisément en Birmanie en ce moment. Il n'y a presque pas de journalistes sur place. Le régime birman est imperméable à la presse et s'en porte bien. Un cameraman japonnais y a même déjà laissé sa vie. Le cameraman en question, Kenji Nagai, était déguisé en touriste, seul moyen d'entrer dans le pays (avant le bouclage d'il y a quelques jours). Un des très rares correspondants sur place des nombreuses radios (dont France Info, Inter et RTL) change de pseudonyme comme d'hôtel (presque tous les jours) et est en réalité un freelance qui ne bénéficie donc d'aucun soutien direct de ces médias. Les autres sont coincés en Thaïlande.

Les dépêches des agences de presse sont maigres comme peaux de chagrin. Aucune "source directe" comme on dit dans le jargon, les informations sont apportées "selon des témoins". Traduction: on cite quelqu'un qui cite quelqu'un.

Certaines images arrivent toutefois. Celles de Reuters sont signées "stringer". En bon français cela veut dire "indépendant"... ici cela veut même dire "amateur". Les photos sont vendues directement sur le site photo de Reuters en format 4/3 (plus carré que le format 3/2 des appareils reflex des professionnels) caractéristique des compacts des amateurs. Certaines photos portent même la date et l'heure en rouge (là encore une caractéristique d'appareils amateurs).

Il y a quelques photographes professionnels (dont un français, mais nous ne donneront pas son nom pour le moment pour des raisons de sécurité), mais trop peu pour révéler plus que l'évident des manifestations. Tous ce qu'il y a autour, et surtout les moments réels de répression nous sont cachés. Nous sommes aveuglés.

Il n'y a pas d'image de tank arrêté par un étudiant, pas de bonze qui s'immole par le feu, pas de Rostropovitch qui offre son épaule à un combattant de la liberté exténué. Résultat, il y a peu ou pas de mouvement de soutien à cette insurection. Comment s'élever contre ce que l'on ne voit pas alors qu'il y a chez nous, au contraire, un trop plein de communication, un trop plein d'images ?

Non, nous ne sommes pas aveugles, car l'aveugle compense sa cécité par l'écoute. En vérité nous sommes devenus sourds. De trop voir, nous avons perdu l'usage de nos oreilles. Les appels au secours ne nous atteindrons plus, et les dictatures du monde moderne l'ont bien compris.

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 02:02
Histoire de passer les vacances tranquillement, Reportage et Photo publie à nouveau certains anciens articles. Aujourd'hui, une photo du dimanche venue de Tanzanie.




Kigarama en Tanzanie, près de la frontière avec l'Ouganda. C'est le matin, avant d'entrer dans l'école, il faut en nettoyer le perron. Une poignée d'herbe fait l'affaire pour enlever la latérite, cette terre rouge, qui entre partout.
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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 09:50
Histoire de passer les vacances tranquillement, Reportage et Photo publie à nouveau certains anciens articles. Aujourd'hui, une photo du dimanche venue d'Equateur

 



De l'autre côté de l'appareil

 

Pour une fois ce n'est pas elle qui est photographiée mais elle qui regarde dans le viseur et cadre son propre monde.

Des amis, en voyant cette photo de cette petite fille Shuar d'Equateur mon dit "quelle confiance tu leur as fait!".  Mais non, ce sont eux qui m'ont fait confiance en m'accueillant et en me laissant les prendre en photo, ceci n'est qu'un minuscule retour des choses.

 


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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 21:42
Histoire de passer les vacances tranquillement, Reportage et Photo publie à nouveau certains anciens articles. Une sélection de reportages qui étaient bons à découvrir et qui le restent sûrement, quelques photos et autres petites choses à se mettre sous la dent. Comme ça en rentrant de la plage vous aurez moins d'excuses pour traîner sur Twitter.
Aujourd'hui je vous propose un article d'une série qui n'a pas duré bien longtemps car elle prenait beaucoup de temps à réaliser... "Dans l'armoire de mes parents". Ce "Railroad songs" était mon préféré :



Dans l'armoire de mes parents,     
  il y a un vieux disque...      
        
Tous les vendredi soir, Reportage et Photo vous propose de découvrir un vieux  vynil, en son et en images. Pour le sixième épisode de la série des disques du vendredi soir, on retrouve un des disques de la Bibliothèque du Congrès américain. On est à la fin des années 1930 et un homme recueille les chants des travailleurs des chemins de fer avant qu'ils ne disparaissent. 
Pour en profiter, allez mettre en route le lecteur en bas de l'article.
 



Le second conservateur des archives des chansons populaires de la Bibliothèque du Congrès Américain était un fan des trains.  Son poste lui a permis de servir sa passion en compilant quelques unes des chansons de travailleurs des chemins de fer parmi les plus représentattive de la fin du 19° siècle.

railroad-01.jpg

Incroyable folklore dans lequel la liste des noms de gares devient un chant (la première chanson du disque). Folklore oublié aujourd'hui mais qui a marqué bien des générations de folk singers.

On y entend les coups de masse sur les rails, les chariots qui transportent le fer et les bruits des wagons. Si l'imagination des chanteurs qui travaillent sur les chemins de fer a une frontière, c'est au sens américain du mot. "Frontier" n'est pas une limite, mais un horizon qu'on attend d'aller découvrir.


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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 10:24
Venant de différents pays, du Maroc aux États-Unis, Abdellah, Jenny ou Mickaël parlent de leurs premiers souvenirs en France. De leur première nuit dans le pays.


Le Monde.fr publie cet été une série de témoignages audio qui vaut le détour (en 3 minutes par jour environ). Intitulée "Ma première nuit en France" elle raconte de manière originale l'immigration.

Souvent pour parler d'immigration on parle des conditions de vie dans le pays d'accueil, des raisons qui ont poussé à partir, parfois de la manière dont le voyage s'est passé. Ce que propose cette série est originale puisqu'elle peut combiner ces différents éléments en un moment crucial, la première nuit.

Au-delà de la nouveauté (à ma connaissance) de l'approche, cela à pour intérêt de condenser l'expérience unique qu'est l'immigration et de le faire sans pathos puisqu'il s'agit de raconter un moment précis et donc de se concentrer sur des souvenirs vécus plus que sur une impression d'ensemble (on répondra de manière plus précise à la question "comment s'est passée ta première nuit ?" que "comment c'était quand tu es arrivé ?")

Ce que je trouve beau dans cette approche c'est que justement le premier moment dans un pays où l'on va vivre est très important pour les immigrés. La diversité des profils fait que tous n'ont pas eu du mal à arriver en France, mais j'imagine que pour certains il s'agissait d'une délivrance (c'est le cas pour le premier de la série). Dans les quelques reportages que j'ai réalisé aux côtés d'immigrés, beaucoup ne connaissaient pas leur date de naissance... mais tous se souvenaient précisément de leur jour d'arrivée en France. Ils savaient si c'était un mardi ou un samedi, et beaucoup racontent ce qu'ils ont vu en premier, ce qu'ils ont ressenti , s'accrochant au moindre détal car cela s'est imprimé en eux. Ma mère m'avait raconté qu'un de ces amis, arrivé très jeune depuis le Maghreb, avait été très impressionné à son arrivée la nuit tombée à Paris. Voyant les lumières des villes, il avait dit à son père "Papa, les étoiles sont basses dans ce pays !".
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Published by Antonin Sabot-Lechenet - dans Tintin grand reporter
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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 23:55


Ils sont là depuis deux semaines, 33 bld du Temple à Paris. A deux pas de la Place de la République. Ils avaient déjà passé un an à squatter la Bourse du Travail. Ils sont plus de 300 et dorment sur le trottoir. Il pleuvait aujourd'hui, il pleuvera peut-être cette nuit...

Leurs histoires ressemblent malheureusement à des dizaines que l'on a déjà entendues si l'on a fait le moindre sujet sur les travailleurs sans-papiers. Des années à travailler ; déclarées ou pas. Souvent en cotisant sans rien en retour. On ne cesse de les raconter leurs histoires, mais rien -ou si peu- ne bouge.
Je ne sais pas à quel point d'indifférence nous sommes arrivés. Je vais aller me coucher et demain je devrai écrire mon article. Je ne sais pas ce que je vais mettre dedans pour lui donner un air nouveau...

_______________________
L'article paru dans Monde.fr

La galerie FlickR
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 10:01
Cela devient tarte à la crème. A chaque événement un peu marquant dans la vie d'un pays, on se tourne vers Twitter pour capter les "ondes" de la révolution. Cette fois c'est au tour du Honduras, sauf que c'est Twitter qui se tourne vers nous. Qui prépare une revue de presse sur le sujet ira jeter un oeil aux sites internet d'El Heraldo, plutôt conservateur et anti-Zelaya (le président déchu), et à La Prensa, le quotidien de référence du pays. Pour avoir des infos plus chaudes que celles des articles qu'ils publient et qui proviennent principalement de leurs éditions papiers, on pourra s'abonner à leurs fils Twitter (fil de El Heraldo ; fil de La Prensa). Jusque là, rien d'extraordinaire. Il s'agit de courtes infos, dont certaines proviennent sûrement de dépêches d'agences.

Plus amusant (ou troublant) est le fait que quelques heures après les comptes pirates de ces deux journaux, se présentant absolument comme les fils officiels de ces médias, auxquels on a ajouté "SIN CENSURA" (comprendre EL Heraldo, mais sans la censure) vous suivront pour vous inciter à venir voir ce qu'ils disent. La différence de nom est subtile : le vrai compte de La Prensa par exemple s'appelle diariolaprensa, et le faux diarioprensa
et ils présentent exactement le même design.






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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 18:47
Quelques diaporamas, galeries et reportages en vrac, à découvrir :

Femmes indigènes, la clé de l'indépendance : un reportage en trois parties vidéo à découvrir sur Youphil, un jeune site d'actualité sociale. Assez classique dans la forme, mais la question des femmes indigènes est importante alors que l'attention est plus souvent portée sur les hommes qui mènent les luttes...

Still Hoping,
un montage multimédia sur les attentes crées par Obama et auxquelles il n'a pas encore répondu. Peut-être un peu simpliste, mais avec de belles photos, assez plaisant et facile à regarder.

Sarkozy sur le terrain : « trouver la fissure dans la mise en scène »
: sur L'Oeil du viseur, une photo de Sébastien Calvet commentée par lui-même. Très intéressant sur la construction de la photo, la recherche du sens et le rapport des photographes aux services de com' politique.

Diaporama de Téhéran : un diaporama sonore made in France Info, sur les élections en Iran.

Couvrir Téhéran : interview par le New York Times, d'une jeune photographe iranienne qui couvre les manifestations à Téhéran.

Heureux comme un Ouïghour aux Bermudes : toujours sur le New York Times, quelques images des Ouïghours détenus à Guantanamo et libérés sur une île des Bermudes... amusant.

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 00:05
Faut-il demander aux personnes que l'on photographie de regarder l'objectif ? La question paraît saugrenue tant certains portrait gagnent en force lorsque le regard du sujet entre en contact avec celui du spectateur par l'intermédiaire de l'oeil de l'appareil photo et du photographe.

Et pourtant combien de fois, en reportage, le photographe ne demande-t-il pas aux gens qu'il accompagne de "faire comme s'il n'était pas là" ? Mythe de la transparence et de la recherche de la vérité sans doute ; le photographe, comme l'anthropologue, rêve souvent de voir sans être vu, sans influer ni modifier ce qu'il observe. Au point que le cinéma a fait un dogme de ne pas croiser le regard de ses acteurs et que la télévision place l'intervieweur à côté et non pas derrière la caméra pour que le regard de l'interviewé soit légèrement croisé.

Ce reproche dogmatique, c'est celui que vient d'exprimer un blog très jeune et pourtant déjà renommé à un photographe moins jeune et moins renommé : The Lens (blog photojournalistique du New York TImes) au portraitiste Richard Renaldi. Le portraitiste avait proposé son travail au blog du NYT et le voilà rembarré pour goût trop prononcé du regard caméra : "Thanks much for considering the Lens blog, but we currently don't have space for such projects. Your ability is apparent, though, and I would suggest you continue to send your projects to us -- but if I may make a suggestion: refraining from shots where the subject is looking at the camera will increase your chances of us wanting to do something with your work."  (... je vous suggère de vous retenir de faire des photos où votre sujet regarde l'appareil pour augmenter vos chances de nous doner envie de travailler avec vous...). Sympa !


(c) Tyler Hicks/New York TimesEx nihilo, l'argument est stupide. En réalité, vu le travail de Richard Renaldi (portrait New Yorkais branché, genre Je-vais-en-soirée-dans-le-quartier-de-Williamsburg-à-Brooklyn-et-je-photographie-mes-potes-artistes-de-la-même-manière-que-les-ouvriers-du-Wisconsin..), les éditeurs de Lens devaient lui signifier qu'il préféraient le genre reportage à celui du portrait ; que publier des photos de soirées à New York ne calait pas trop avec les "conseils au photographe en zone de conflit" , ou les photos de Tyler Hicks de prisonniers aux yeux bandés qu'ils ont l'habitude mettre en Une (pas de problème de regard caméra dans ce cas en effet).

Reste que le regard caméra et le reportage ne devrait pas être déclarés aussi violemment incompatible.
"Franchement, a-t-on jamais rien inventé de plus bête que de dire aux gens, comme on l'enseigne dans les écoles de cinéma, de ne pas regarder la caméra? s'insurge Chris Marker dans Sans Soleil. C'est sur les marchés de Bissau et du Cap-Vert que j'ai retrouvé l'égalité du regard, et cette suite de figures si proche du rituel de la séduction : je la vois - elle m'a vu - elle sait que je la vois - elle m'offre son regard, mais juste à l'angle où il est encore possible de faire comme s'il ne s'adressait pas à moi - et pour finir le vrai regard, tout droit, qui a duré 1/25e de seconde, le temps d'une image."


Parce que non, le photographe n'est ni invisible ni transparent et doit pouvoir interagir avec celui qu'il photographie. Et que parfois, l'égalité peut faire du bien. Même en reportage.



______________

A lire aussi sur le New York Times et sa politique photo :

Je veux être photographe du New York Times (comme Tyler Hicks)

La mission photographique de la FSA revue par le web participatif

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 07:50
Il y a encore quelques temps, un photographe me disais ses doutes sur Internet. Sur le mode "les gens préfèrent la vidéo", il pensait que le web n'apporterait rien de bon à la photographie. Pourtant, les sites de partage et les blogs de photographes foisonnent. La vérité, c'est que comme beaucoup d'autres formes de narration, la photographie va évoluer et s'adapter à Internet. Là où les quotidiens publiaient jadis une photo d'illustration, les sites d'actu ne jurent plus que par les diaporamas ; les plus ambitieux par les diaporamas sonores. Hormis sur l'aspect financier, il me semble que les photographes y gagnent : ils peuvent montrer plus d'images, faire plus de sens.

Pour ce qui est du sens, un autre format vient enrichir le travail du photographe : la photo commentée. Ce sont les deux animateurs d'Espritblog qui s'y collent en ouvrant ce matin le site L'oeil du viseur. Afin d' "offrir un espace où les photographes puissent avoir le temps de parler de leurs images", ils publient chaque jour une image en grand format accompagnée des explications (à écouter) de son auteur.


Les deux auteurs ont poussé le désir explicatif jusqu'à donner des éléments bruts à propos de la prise de vue (les données Exif qui comportent les temps de prise de vue, la sensibilité, la focale...) et des explications sur les retouches apportées aux images.

Contexte et parti pris

L'intérêt est d'abord du côté du lecteur qui accède à des données qu'il ne peut normalement pas avoir. Le photographe va lui donner de nouveaux éléments de contexte tout d'abord qui l'aideront à saisir ce que la photo ne peut pas montrer : le hors-cadre, ou le contre-champ auquel on a parfois droit en vidéo mais qui fait souvent défaut à la photographie.

Le photographe quant à lui pourra exprimer ses propres intentions. La photographie n'est pas un média neutre, il existe des choix dans le cadrage, la retouche, la distance avec le sujet, qui influent sur le message. Si ces choix échappent au lecteur, il peut être trompé par la photo. L'exercice qui consiste à expliquer ses choix est salutaire à la fois pour le photographe qui explique sa démarche et gagne le statut de faiseur de sens, et pour le spectateur qui est alors libre d'accepter ou de rejeter ce sens et non plus de se le voir imposer.


Ce type de format paraît difficile à adapter à un traitement quotidien de l'actualité, mais là n'est pas le propos. Le genre ressemble plus à l'adaptation web des chronique explicatives hebdomadaires que l'on peut trouver dans un journal comme Libération. On pourrait d'ailleurs très bien imaginer que des sites d'actu reprennent le format sous forme de blog. Tout le monde y gagnerait non ?
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