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Photographie- Actualité - Reportage article journalistique et de reportage photo

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Silhouettes sur fond d'incendie, images d'émeutes

Depuis deux nuits déjà, la ville de Villiers-le-Bel connaît des affrontements entre jeunes et forces de police. Les images qu'en livrent les journaux ressemblent déjà à celles des émeutes de 2005. D'un côté, elles montrent  les dégats  occasionnés :  voitures brûlées,  bâtiments incendiés  et magasins  saccagés.  De  l'autre,  elles illustrent  les affrontement eux-mêmes.

Deux images  retiennent particulièrement l'attention : celle à la Une du  Monde daté du mercredi 28 novembre (par Corentin  Fohien)  et celle à la Une de Libération du  27 novembre (par Pascal Rossignol).

Les violences en banlieu vues par Le Monde et Corentin Fohien
(c) Corentin Fohiet

Villiers-le-Bel par Libération et Pascal Rossignol
(c) Pascal Rossignol

Les conditions de prise de vue sont difficiles. Il fait nuit, le peu de lumière vient de derrière et est très diffus. De plus, les photographes travaillent de loin, au téléobjectif, objectifs souvent moins lumineux que les focales plus courtes et qui tolèrent moins les vitesses lentes nécessaires au travail en basse lumière.

Le résultat, c'est que les images sont assez peu détaillées, légèrement floues et surtout que les personnages apparaissent comme de petites silhouettes noires et floues (surtout sur l'image de Libération).

Sur une pellicule argentique, les parties noires de l'image n'apparaissent pas. Ou plutôt, elles sont présentes en creux. L'absence de lumière fait que la pellicule reste vierge.

Ces silhouettes noires, mal définies, font penser à cette absence de matière, à cette absence de contenu. Dans un sens, on ne perçoit que les contours de ces jeunes et donc que les contours de leur rebellion. Le coeur de cette violence, comme les détails qui pourraient identifier et personnaliser ses auteurs, ne nous sont pas révélés par ces images.

Pourtant, il y a bien ces panneaux de signalisation qui semblent nous dire que c'est bien ici que ça se passe. Ils nous désignent les auteurs : ce sont bien eux.

Eux oui, sans doute... mais qui sont-ils vraiement, hormis des sihouettes de jeunes à capuche ? Le caractère informatif de l'image s'arrête ici à la simple désignation.





J'attire de plus votre attention sur cette image très forte symboliquement, elle aussi réalisée par Corentin Fohien, où l'on voit des jeunes danser sur un véhicule de police vandalisé, en une sorte d'exutoire et de rituel urbain moderne (3eme ligne, 3eme colonne): sur le site de l'agence en ligne Fédéphoto.


Corentin Fohien/Fédéphoto pour Le Monde daté du 28 novembre et Pascal Rossignol/Reuters pour Libération daté du 27 novembre.
Ces photographies sont issues de parutions de presse, leur diffusion ici l'est à titre d'information et d'explication sur sa signification. L'auteur de ce blog tient à marquer son attachement au droit d'auteur.

 
Nétiquettes : photojournalisme analyse
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