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Photographie- Actualité - Reportage article journalistique et de reportage photo

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Une drôle d'image pour un sale Tour

Voici une image de cyclisme comme on en voit peu. Une fois n'est pas coutume, elle est issue d'un quotidien de presse régionale, La Tribune- Le Progrès, du groupe Le Progrès.

Ces quotidiens, pour leur traitement photographique de l'actualité, sont entièrement dépendants des agences photos comme l'AFP, Reuters ou AP. Cette contrainte fait que, bien souvent, leur traitement de l'actualité en images est assez neutre. La neutralité politique de leurs textes est d'ailleurs un des points qu'ils essaient de mettre en avant pour gagner un lectorat le plus large possible, il n'est pas étonnant que cela se retrouve dans leurs photos.

Mais ici c'est différent. Il y a un point de vue nettement affirmé dans cette image. Bien sûr, c'est une image de sport, qui ne bouleverse pas la scène politique donc, mais elle exprime bien un point de vue.



vinokourov.jpg


Le cadrage, qui élimine le visage du coureur (Vinokourov, tout le monde a compris) dit au moins deux choses sur le monde du cyclisme:

Tout d'abord elle dit "cet homme tronc que l'on vous montre est un tricheur". Elle dit l'ostracisme qui s'exerce désormais sur lui. Il est la honte du cyclisme qui ne mérite plus que l'on montre son visage.

Ce cadrage dit aussi quelque chose d'encore plus grave. Ici on reconnaît Vinokourov simplement à son maillot. A son numéro et au bout de son nom qui dépasse. On n'a pas besoin du visage, on n'a peut-être pas besoin de son identité même. Le coureur cycliste n'est pas défini visuellement par son propre visage, mais bien par son maillot. Casques et lunettes noires contribuent d'ailleurs à cette perte d'identité
J'ai été particulièrement surpris cette année  par la difficulté des commentateurs à identifier les coureurs à l'image sur leurs écrans... et si le problème du cyclisme allait bien au-delà du dopage. Ou plutôt et si le dopage généralisé n'avait pas enfin réussi à complètement déshumaniser ce sport de "surhommes"... peut-être qu'alors nous accepterions de voir le visage de "Vino".

Mais décidément, on achève vraiment mal les chevaux.


Cette photographie est issue d'une parution de presse, sa diffusion ici l'est à titre d'information et d'explication sur sa signification. L'auteur de ce blog tient à marquer son attachement au droit d'auteur.
Image créditée "AFP" par le journal.
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A
En effet, tout cela est sûrement difficile à vivre pour les fanas de sport.Du côté des journalistes sportifs, il est vrai que certains sont bien hypocrites de s'étonner aujourd'hui.Cela n'a malheureusement rien d'étonnant et je pense que l'on peut comparer cela à l'entente journalistes/hommes politiques : dans les deux cas (encore plus sur les grandes courses cyclistes) ces deux milieux se côtoient, dorment dans les mêmes hôtels, ont besoin les uns des autres pour exister, d'où le refus de parler des pratiques sales (dopage dans un cas, corruption dans l'autre) voire, dans certains cas le passage à la pratique avec leurs "amis"
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E
on peut juste regretter que d'un coup les journalistes s'étonnent que le problème existe toujours et s'attaque un peu facilement à un exemple. Quid des autres sports aussi ?
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M
Très bonne analyse d'image Anto.Je pense que le sport tel qu'il évolue ne fait presque plus rêver. C'est le cas en cyclisme mais aussi en natation ou en athlétisme (récemment une série d'athlètes de demi-fond on été contrôlés positifs).Puisque les héros du sport semblent "déshumanisés", le public peine à s'identifier. Faut que ça cesse !Mehdi, dont la passion du sport s'éffiloche de jour en jour....
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A
Eh oui, malheureusement, le tour de France n'est plus ce qu'il était...
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