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Photographie- Actualité - Reportage article journalistique et de reportage photo

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C'est ce soir, et c'est dans Paris



Ils sont là depuis deux semaines, 33 bld du Temple à Paris. A deux pas de la Place de la République. Ils avaient déjà passé un an à squatter la Bourse du Travail. Ils sont plus de 300 et dorment sur le trottoir. Il pleuvait aujourd'hui, il pleuvera peut-être cette nuit...

Leurs histoires ressemblent malheureusement à des dizaines que l'on a déjà entendues si l'on a fait le moindre sujet sur les travailleurs sans-papiers. Des années à travailler ; déclarées ou pas. Souvent en cotisant sans rien en retour. On ne cesse de les raconter leurs histoires, mais rien -ou si peu- ne bouge.
Je ne sais pas à quel point d'indifférence nous sommes arrivés. Je vais aller me coucher et demain je devrai écrire mon article. Je ne sais pas ce que je vais mettre dedans pour lui donner un air nouveau...

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L'article paru dans Monde.fr

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A
Mais pourtant il faut s'indigner de ce qui est indigne ! D'accord Montesquieu recommande d'économiser son indignation, car hélas trop nombreux en sont les motifs... j'entends là qu'il faut savoir la hiérachiser, et la mesurer, ne pas lui donner un ton hystérique. Et là elle n'est pas incompatibles avec aussi des éléments d'information, et même d'information pédagogique. Je trouve l'article du Monde informatif, mais pas dénué du minimum nécessaire de refus humain de cette situation, et l'article du blog salutaire. Donc il faut dormir pour reconstituer ses forces. Courage à vous !
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A
Merci Jean, oui c'est tout à fait clair et ça traduit le fond de ma pensée... sauf qu'avec tout ça j'ai la pression...
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J
Très intéressante réflexionComme lecteur, je plaide le coupable (pour l'indifférence), je suis le premier à ne pas lire dans la presse ce genre de papier. Pas parce que cette question ne m'intéresse pas comme journaliste (bien au contraire). Pas parce que cette question ne me préoccupe pas comme citoyen. Mais parce qu'on raconte toujours les histoires de la même manière...  Et toujours, avec ce même ton indigné : c'est presque devenu un marronnier, cette question des sans-papiers, et je trouve que c'est très inquiétant. Dans les JT, c'est encore plus révélateur : deux questions à un sans-papiers de la Bouse du travail, deux questions à un mec qui les soutiens, un petit commentaire moralisant, et emballé, c'est pesé... Si je pousse le vice, j'ai presque envie que c'est de la facilité pour le journaliste.Pour élargir un peu le débat, je trouve l'indignation est un très mauvais "véhicule" de l'information. Ca casse un peu l'image du journaliste engagé et pourfendeur de l'injustice... Attention, je ne dis pas que l'indignation n'est pas importante dans la démarche du journaliste, au contraire. Mais la mettre au coeur d'un reportage, d'un portrait, je trouve que c'est contre-productif.. En tout cas moi, comme lecteur, je préférerais toujours un papier pédagogique, offrant des élements contextualisés, nuancés, historiques... Certains journaux le fond, évidemment... Je n'aime pas qu'on me dise : c'est scandaleux. Mais je veux bien être scandalisé si les élements que l'on m'apporte me paraissent scandaleux...Bon, c'est pas très clair ce que je dis, là ?
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