Jeudi 5 mars, les salariés de l'usine Continental de Clairoix dans l'Oise reprennent le travail. Pendant qu'ils étaient en chômage partiel, la semaine précédente, des rumeurs ont éclaté évoquant une possible fermeture de l'usine. Des rumeurs jamais démenties par leur patron. Pour Le Monde.fr, je fais un diaporama sonore et un article explicatif. Le jour précédent j'avais réalisé un article de cadrage sur la situation de Continental et du groupe auquel il appartient.
Sur place il y a plusieurs journalistes. Un journaliste de France Info avec son technicien, un caméraman et une journaliste de BFM TV, une équipe de France 3 région, AFP, Le Parisien et des journalistes locaux. Il aurait pu y en avoir plus car si l'usine fermait, ce serait le plus gros plan de licenciement depuis le début de la crise: près de 1 100 employés.
Le matin, le directeur a fait distribuer un tract dénonçant des rumeurs colportées par les médias quant à la fermeture, mais il ne rassure pas les employés pour autant. Il ne dit rien sur la santé de l'entreprise qui est mauvaise depuis deux ans déjà.
Impossible d'entrer dans l'usine. Les photos le montrent bien et finalement cela leur donne une dimension intéressante et révélant l'interdit, la difficulté d'accès. Les locaux syndicaux en revanche sont un peu plus loin sur le parking, on peut donc y accéder facilement. C'est déjà ça, j'aurai autre chose à photographier que la seule sortie des ouvriers qui ont du mal à parler... ils n'en savent pas plus que nous, voir moins, sur ce qui leur arrive.
Je me faufile derrière le délégué CGT et reste dans leur local quand commence une réunion avec leur secrétaire national venu pour l'occasion.Je ne devrais pas trop être là, mais comme je suis venu sans poser de question, personne ne m'en pose non plus.Les visages sont tendus.
Deux syndicalistes de l'autre usine de pneux du groupe,à Sarguemines sont venus ausssi. Leur usine est moins menacée car elle reste "sur le podium" établi par Continental, alors que celle de Clairoix est régulièrement quatrième. Malheur aux vaincus. A les entendre la "taule" est vouée à la fermeture, ou au moins au licenciement de nombreux employés. La faute au "taulier" qui n'aurait rien fait pour la rendre plus compétitive. La faute au groupe Continental aussi qui préfère miser sur une nouvelle usine en Roumanie.Je prends un peu de son quand l'un des délégués explique la situation. Du vrai son, c'est ça la réalité de ce que j'ai entendu lors de cette journée. Mieux que tous les discours et déclarations que l'on récupère quand on branche le micro (c'est d'aileurs là que le diapo fonctionne le mieux).
Les délégués partent en réunion extraordinaire d'entreprise... Xavier Mathieu, délégué CGT n'est pas convaincu :"c'est une réunion extraordinaire sauf qu'elle n'aura rien d'extraordinaire puisqu'on sait déjà tout".
Dehors, les journalistes attendent le résultat. Ca sent un peu l'embrouille : un jeune communicant a été envoyé pour les explications... pas le genre à habiter en Picardie. En effet, c'est la maison mère qui l'envoie, mais il "connaît bien l'usine".
Quand le patron sort il dénonce les rumeurs mais refuse d'en dire plus "pas plus de 15 jours de visibilité". Difficile à avaler pour les employés...
Il faut quand même faire les classiques photos de la sortie d'usine. J'essaie de montrer qu'ils sont bien seuls face à la machine. Le mur de l'usine avec ses panneaux au nom des marques fera l'affaire. Quelques retouches le soir pour ajouter de la densité et un côté un peu sombre aux images. Le lendemain montage des sons et diapo. Pour voir d'autres photos: la galerie FlickR où je vais essayer d'ajouter des légendes un peu plus complètes.
à Lexisocial et Denis : il me semble un peu facile de dire de l'extérieur que ces gens se dégonflent. Faites-le vous-même votre conflit ultra violent et voyons où ça vous mènera ou bien avez-vous besoin d'eux pour le vivre par procuration? Quant à moi je ne me permettrais pas de juger de la révolte des autres...à PEGEOT : vous êtes sûrement plus au fait qu'eux qui ont les chiffres, qui rencontrent les autres délégués des autres sites et partagent leurs informations. Si vous êtes si bien informés, il ne vous sera pas difficile de le trouver leur numéro. Je suis sûr qu'ils seront heureux d'avoir vos lumières.Cordialement
Bravo pour votre reportage sur Continental à Clairoix. Pouvez-vous m'indiquer où je peux joindre Xavier Mathieu ou Antonio da Costa car je souhaiterais les informer :- de la stratégie de la direction de Continental et du groupe Schaeffler, qu'ils ne connaissent visiblement pas,- des 2 possibilités de sauver le site de Clairoix.Merci.
les salaries de continental font une erreur, classique ds ce type de conflit, reprendre le travail en faisant la greve perle, ils n obtiendront rien comme cela, ils se chient dessus, seul un conflit violent, ultra violent peux forcer la direction et l etat a reagir, pas d avoir la paye a la fin du m mois en faisant la greve du zele, pour avoir de bonnes indemnites, il faut foutre la merde, salaries de clairoix, vous avez deja perdu, revoltez vous, seule solution
c'est aberrant ce qui ce passe à clairoix !!! j'ai lu dans le courrier picard que la fermeture de l'usine est programée depuis automne 2007 (des doc le prouve !!)ce n'est qu'un coup monté pour faire des bénéfices!!!et la crise n'y ai pour rien car c'est la direction qui a volontairement augmenté le prix du pneu (13.30 pour 2012 à clairoix alors que ailleurs le prix ne dépasse as les 8.18).La direction allemande c'est servi de la crise comme couverture!! je me sens très concernée par cette affaire car mon père travalle là-bas! je suis donc de tout coeur avec eux!! enfin c'est bien la preuve que"travaillé plus pour gagner plus" c'est d la pure connerie !!!