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Jeune journaliste, j’essaie de pratiquer ce métier pour "raconter le monde" et donner à voir ce que l'on ignore parfois. « Le voyage ne commence pas au départ et ne finit pas au retour » écrit Kapuscinski dans Mes Voyages avec Hérodote. Pour expliquer la façon dont des gens que nous ne connaissons pas voient le monde et leur vie, il faut être près d’eux. En tentant de mieux comprendre leur point de vue on acceptera mieux la différence et peut-être verra-t-on qu’elle n’est pas si… différente ?

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Attention, Reportage et Photo déménage !
Vous êtes encore nombreux à venir visiter Reportage et Photo, pourtant cette adresse n'est plus mise à jour. Si vous souhaitez découvrir mes nouveaux articles je vous invite à venir les voir sur Reportageetphoto.fr. Vous êtes donc cordialement invité à venir y découvrir toujours plus d'analyses d'images, d'histoires de reportages et de documentaires multimédia à cette nouvelle adresse, plus pratique et plus belle.
- Antonin Sabot-Lechenet
31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 17:10

Bonjour,

 je vous propose un premier aperçu de musique traditionnelle shuar.

Plus tard, je vous livrerai un billet un peu plus conséquent avec plusieurs morceaux et des explications.

La chanson s'appelle "Tuna", ce qui veut dire "Cascade"

Cet article fait aussi office de test pour la mise en ligne de son. Pratique dans laquelle je débute encore.

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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 19:17
Je viens juste d'apprendre que Riczard Kapuscinski vient de mourir. J'ai découvert une partie du métier de journaliste grâce à lui. Je revivais mon voyage en Afrique avec son merveilleux livre Ebène. Nous perdons un grand homme.



dépêche AP :

VARSOVIE (AP) - Ryszard Kapuscinski, journaliste et écrivain polonais connu internationalement pour ses livres sur les guerres de décolonisation en Afrique et les conflits du Moyen-Orient, est mort mardi à Varsovie à l'âge de 74 ans.

L'auteur d'"Ebène" est décédé à l'hôpital Banacha de la capitale polonaise après une opération du coeur, a annoncé le directeur de sa maison d'édition, Marek Zakowski. "Il n'y a personne pour prendre la place qu'il laisse. Il était toujours curieux d'en apprendre davantage sur le monde, il était curieux des gens."

Né le 4 mars 1932 à Pinsk, ville située aujourd'hui au Belarus, Ryszard Kapuscinski débute sa carrière de journaliste à la fin des années 1950 et devient l'unique correspondant en Afrique de l'agence de presse polonaise (PAP). Il couvre alors la décolonisation du continent noir.

Un de ses ouvrages les plus connus, "Le Négus", décrit la chute du régime de l'empereur éthiopien Haïlé Sélassié. Publié en 1978, le livre se veut une "réflexion sur les dictatures en général" et a été vu comme un critique du régime communiste polonais.

Globe-trotteur curieux de tous les continents, Kapuscinsky expliquait sur son site Internet qu'il "voulait décrire les gens, leur mentalité, leur manière de voir le monde". "L'expérience m'a appris que selon le point de la planète, on voit le monde différemment. Si on n'essaie pas de comprendre ses différences de vue, de perception et de description, on ne comprend rien de ce monde."

Plusieurs de ses livres ont été traduits en français comme "Le Négus", "La Guerre du football" sur l'Amérique latine ou "Le Shah ou la démesure du pouvoir", sur l'Iran.


Je suis triste ce soir
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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 18:05
Note au voyageur généreux


Clac bzzzzz... Un carré noir profond sur fond blanc. Le photographe tourne son étrange appareil vers lui et en retire une feuille semi rigide grande comme un gros portefueille

C'est un polaroïd. Une  photo instantanée. Enfin presque instantanée puisqu'il faut encore la secouer quelques minutes pour que l'image apparaisse. D'abord  terne, dans  des tons beiges, elle prend petit à petit de la couleur, les formes apparaissent.

Faire des photos en voyage présente parfois quelques difficultés. Certaines ethnies pensent que la photographie vole leur âmes. Les vendeurs de souvenirs des coins touristiques demandent un pièce en échange de leur image. Dans beaucoup d'autres lieux les gens n'ont tout simplement pas envie qu'on leur tire le portrait.

Est-ce que je peux faire une photo s'il-vous plaît?
Non...
Je vous la donne ensuite...

Maintenant elle veut bien. Deux photos sortent tour à tour du vieil engin, meilleur moyen de faire partager l'image que l'on prend de l'autre, meilleur moyen pour que le vol de son image ne s'accompagne pas d'une promesse mais bel et bien d'un don. Don, contre-don, une photo pour elle, l'autre pour moi, ...et vous.





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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 18:26

La bière de banane : un revenu d'appoint

Dans la Kagera, les gens sont très pauvres. Le seul bien qu'ils possèdent s'ils sont restés dans leur village, est leur champ de bananier. Ils vivent au milieu de celui-ci dans une maison souvent construite en une espèce de torchi.

Le bananier pousse de manière extensive. Il faut garder un certain espace entre chaque pour qu'il produise des fruits. La banane la plus courante est la plantin, qui est consommée comme un légume. Parfois les gens possèdent quelques arbres qui font de la banane "fruit", celle que nous connaissons en Europe, ou une espèce légèrement plus petite. Cette espèce, très sucrée, permet aux habitants de la Kagera de produire un breuvage âcre et légèrement alcoolisé : la bière de banane.


La préparation de la bière de banane est un moment de réunion pour la famille. Petits et grands y participent dans labonne humeur : ce travail est l'occasion de récolter un petit revenu et donc d'améliorer le quotidien de ses familles très pauvres.

Les bananes sont tout d'abord épluchées et placées dans une sorte d'abreuvoir tallé dans un tronc.

Cet abreuvoir est ensuite rempli d'eau et herbes. Les bananes sont alors foulées au pied pour en faire une sorte de jus. L'herbe sert de "liant". Elle empêche les bananes de glisser et se dérober sous les pieds de l'homme qui le écrase.

Une fois que les bananes sont bien écrasée, il faut en extraire le jus. Des bâtons de bois liées entre eux font office de pressoir. L'herbe pleine de jus est placée dessus, et deux hommes la pressent sur ces tamis improvisés. Le jus est recueilli dans l'abreuvoir en bois.

Un premer filtrage est réalisé dans l'abreuvoir  à l'aide de l'herbe qui a servi à écraser les bananes.




Un second filtrage  est fait avec un entonnoir et de l'herbe sèche. Le jus de banane ainsi fabriqué est recueilli dans de grand bidons. Il est parfaitement buvable si l'on a pas peur des résidus d'herbes.





C'est le mil qui va permettre à ce jus de fermenter et de faire de la bière. Une femme le moud à l'aide d'une pierre, sur une planche de bois.


Le jus de banane est ensuite mélangé au mil dans l'abreuvoir en bois. Celui-ci est placé à l'intérieur de la case de la famille pendant environ une semaine. La bière de banane sera alors en partie consommée par la famille (les anciens adorent) et en partie vendue pour obtenir quelques centaines de Shillings.

 

Ces photos ont été réalisées en 2003. Il s'agissait alors de mon premier "voyage photo" à proprement parlé. SI le sujet me parait intéressant, je ne suis pas entièrement satisfait des images. J'espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de vous les montrer quand même. Amicalement.
Mis à jour le 26/01/06 (ajout de la dernière phrase).

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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 09:45

Les rituels chamaniques Shuars

 

 

 

Les Shuars vivent avec les esprits. D'une manière qui nous est difficilement accessible, ils croient en d'autres mondes que celui, tangible, admis par notre civilisation rationnaliste comme le seul réel.

Le soir autour du feu, ils racontent des histoires décrites comme "vraies parce que tous les Shuars les connaissent".

Ce sont des histoires de monstres semi-humains tapis dans la forêt, de Shuars qui sont partis vivre de l'autre côté de la rivière où les gens sont des serpents et les boas de petits cafards.

Ce sont les croyances et les mythes des Shuars. Vivaces, ils influent sur le mode de vie et de pensée de ce peuple de la forêt.

Les rituels pratiqués par les chamanes sont la partie la plus impressionnante de cette culture et de ces croyances.

Beaucoup connaissent leur existance, et pourtant peu de personnes ont eu le privilège de les contempler. Cette chance nous a été données à moi et certains de mes amis lors de mon voyage en 2006.

 

 



 

La cérémonie à la cascade

 

 

Lors de notre séjour dans le village de Tsuntsu, nous avons assisté à une cérémonie au pied d'une cascade sacrée. Toujours désireux de montrer les principaux aspects de leur culture, Maria et Francisco l'avaient en quelques sortes organisée pour l'occasion (alors que la cérémonie précédente était prévue de longue date).



Bien qu'organisée pour nous, elle était prise au sérieux par les membres de la communauté, et l'ensemble des rites a été respecté.

 

 

 











Les peintures sont importantes. Elles protègent des esprits de la forêt et sont une marque de respect des anciens. Tous les participants à la cérémonie doivent en être parés. Autre nécéssité: être le plus proche possible de la nature. Aussi les membres de la communauté se dévêtent-ils avant de se rendre à la cascade. T-shirts et pantalons sont remplacés par des feuilles.

 


Après une longue et périlleuse descente, durant laquelle il ne faut pas tomber pour ne pas s'attirer d'ennuis de la part des esprits, nous arrivons devant un grand mur de pierre noire ruisselant d'eau: la cascade sacrée.

 

 

Le rituel en lui-même ressemble à un baptême chrétien. La symbolique de l'eau est semblable. Chaque membre de la communauté (ainsi que nous puisque nous en faisons désormais partie) passe sa tête sous l'eau pour montrer son respect des esprits de la cascade. Le chamane (Luis) le tient par la main et donne un rythme en récitant des incantations. Il demande à la cascade sa protection pour les personnes qu'il "baptise".

 

 

 





 



Ensuite chacun va individuellement se recueillir contre le mur de la cascade, parfois boire un peu de son eau pour y puiser force et longévité.

 

 

 

 Et maintenant, si vous ne l'avez pas vue, allez voir la première partie de "rituel chamanique"

 

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12 janvier 2007 5 12 /01 /janvier /2007 16:52
L'Afrique est le nouveau terrain de jeu des grandes compagnies. Lucky Strike et autres Marlboro vendent aux Africains les cigarettes que les gouvernements occidentaux banissent des lieux publics. Les opérateurs téléphoniques sont aussi présents en force.

Autre grande bataille du continent, bien plus acharnée que celle du SIDA: la guerre Pepsi Vs Coca. Partout dans les villes, les maisons sont peintes aux couleurs des deux rivaux.

À Bukoba, la dernière bataille s'est menée autour de l'hôpital. Auparavant sponsorisé par The Coca Cola Company, il est maintenant aux couleurs de Pepsi. La seule pancarte qui indique la présence de cet hôpital "Karibu kwa hospitali" est une pancarte Pepsi.

Les pancartes d'entrée dans la ville sont aussi des pancartes des deux entreprises de soda.

L'exemple le plus marquant de cette forme de néo-colonialisme  est le monument de la guerre Ouganda-Tanzanie de 1978. D'un goût discutable, on le remarque de loin: il est entièrement recouvert de logos Coca-Cola.

L'Amérique impose sa marque jusque dans les pays les plus pauvres du globe. Les deux tiers de la population tanzanienne vivent en dessous du seuil de pauvreté estimé à un dollar par jour. Un dollar, c'est précisemment le prix d'une bouteille de Coca ou de Fanta à Bukoba et dans sa région.
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11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 11:06

Les rituels chamaniques Shuars

 

Les Shuars vivent avec les esprits. D'une manière qui nous est difficilement accessible, ils croient en d'autres mondes que celui, tangible, admis par notre civilisation rationnaliste comme le seul réel.

Le soir autour du feu, ils racontent des histoires décrites comme "vraies parce que tous les Shuars les connaissent".

Ce sont des histoires de monstres semi-humains tapis dans la forêt, de Shuars qui sont partis vivre de l'autre côté de la rivière où les gens sont des serpents et les boas de petits cafards.

Ce sont les croyances et les mythes des Shuars. Vivaces, ils influent sur le mode de vie et de pensée de ce peuple de la forêt.

Les rituels pratiqués par les chamanes sont la partie la plus impressionnante de cette culture et de ces croyances.

Beaucoup connaissent leur existance, et pourtant peu de personnes ont eu le privilège de les contempler. Cette chance nous a été données à moi et certains de mes amis lors de mon voyage en 2006.

 

 

La passation de pouvoirs chamaniques

 

 

Le rôle du chamane dans la culture shuar est très important. Il est cependant difficile à percevoir pour nos esprits cartésiens. Le chamane fait des rêves, les interprète. Il est aussi une sorte de guérisseur. Il connaît les très nombreuses plantes médicinales de la forêt. Il semble être le lien entre les esprits, entre les forces supérieures et la communauté des vivants.

 

 Les peintures de Francisco représentent ses rêves. Bien qu'il ne soit pas lui-même chamane, elle se rapprochent des songes de ces derniers.

 

Avant de partir à la cérémonie, Francisco nous peint des bandeaux qui serviront à la protection à entrer dans la cérémonie.

Quelques temps avant notre venue à Puyo, le père de notre amie Maria Shakay est décédé. Selon nos amis shuars, il était un puissant chamane. Son fils, Luis, le frère de Maria est lui aussi un chamane. Ses pouvoirs lui ont cependant été « retirés » quand il était jeune, car il semblait ne pas savoir s'en servir d'une « bonne manière ». Nous n'avons pas réellement réussi à savoir en quoi consistaient ces pouvoirs et en quoi ils pouvaient être « bons » ou « mauvais ». Pour ne pas que les pouvoirs de l'« abuelo » ne se perdent, il fallait les transmettre à un jeune chamane: Luis.

 

 

La cérémonie se déroule dans la forêt, non loin de la ville de Puyo. Elle a lieu au près d'un immense arbre (sûrement multi-centenaire) qui symbolise le grand-père et son esprit. Seule la famille proche (et nous) est présente à cette cérémonie: Maria, Francisco, Luis, la mère de Maria, son oncle (un chamane), sa soeur et le mari de cette dernière. Nous nous rendons au lieu de cérémonie peu avant la tombée de la nuit.

 

 

 

Chants tarditionnels shuars.

Francisco et Maria sont toujours volontaires pour chanter et danser: partager leur culture. Ils s'habillent donc de leur vêtements traditionnels et exécutent quelques chants avant la nuit. Ensuite, nous nous installons sous un toile de tente, autour d'un feu. La cérémonie peut commencer.

 

 

 

Les cigarettes blondes ont en partie remplacé le tabac traditionnel...

Pour sortir du monde purement tangible, peut-être pour accéder à une autre dimension de perception (les mots manquent pour exprimer cette réalité qui nous est étrangère), il faut d'abord absorber divers produits psychotropes.

Le premier, le moins puissant, est le tabac. Cultivé par les Shuars, il est écrasé encore frais de manière à produire un jus âcre de couleur marron. Il est absorbé par le nez et est censé donner des rêves, des songes.

Certains des participants à la cérémonie, notamment les deux chamanes, ingurgitent de l'aguayasca. C'est une drogue halucinogène puissante. C'est elle qui pour les Shuars est la clé des rêves et des pouvoirs chamaniques.

 

 

De nombreux chants sont entonnés durant la cérémonie. Ils servent à la fois à invoquer les esprits et à transmettre ses nouveaux pouvoirs au jeune chamane. Il faut aussi faire en sorte qu'il s'en serve à bon escient. Il est donc purifié.

 

 

Nous avons aussi droit à une purification. L'oncle nous souffle de la fumée de tabac sur la tête et agite un rameau au dessus de nous en engeant une ritournelle entêtante. Elle est censée nous guérir de maux dont nous lui parlons par l'intermédiaire de Maria.

 

 

La cérémonie dure jusque tard dans la nuit. Les chants reviennent plusieurs fois. Ensuite quelques discussions s'engagent jusqu'à que tout le monde tombe de fatigue et aille se coucher.Le jeune est désormais un chamane à part entière. Il lui faudra pourtant attendre plusieurs mois avant d'avoir le droit de se servir pleinement de ses pouvoirs.

 

 

 

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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 18:31

Les merveilles de la forêt (2)
(voici le second épisode de notre petit herbier amazonien)

pour voir le premier volet c'est ici

 

 

Le yaun (à gauche) fait office de parfum. Les femmes le mettaient dans leurs habits pour sentir bon.

La feuille à droite se nomme wasake. C'est une plante grasse (verte quand elle est fraîche). Ses bords sont légèrement piquants. Les Shuars en utilisent les graines pour faire des colliers. La feuille en elle-même peut aussi servir pour fabriquer du fil assez solide qui permet de faire des sacs avec un tissage grossier.

 

 

La petite liane ci-dessous ce nomme shikimiensh. On la trouve un peu partout dans la forêt tombant des arbres. Elle sert contre le pipi au lit des petits enfants. On leur entoure le ventre avec et cela les aide à arrêter.

La feuille à droite est une feuille de yep. Elle est un des ingrédients permettant de faire du venin, la graine de cette plante aussi est utilisée dans la composition du venin. Ce venin permet aux Shuars de chasser des oiseaux ou des singes à la sarbacane... en temps de guerre il est utilisé aussi contre les hommes.

 

La feuille à gauche porte l'imprononçable nom d'ibienshmini. Péparée en cataplasmes, elle permet de soigner les fractures.

L'espèce de petit pissenlit à gauche est un sesa. Comme le pissenlit français il ne sent pas très bon. Bien qu'ayant un très mauvais goût, il soigne les petites affections de la bouche... pas de chance.

 

Fin de l'herbier amazonien

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9 janvier 2007 2 09 /01 /janvier /2007 06:25
 

Va te laver les mains

 

"Mouche ton nez, dis bonjour à la dame!", voici l'expression consacrée à nos chères têtes blondes pour faire leur éducation. Pour leur apprendre la politesse, "pour leur bien ", bien sûr.

 

Autre région autres moeurs. Dans l'Est africain, les enfants aussi doivent dire bonjour aux grandes personnes qu'ils rencontrent. Mais tout ne se passe pas comme dans nos froides contrées.

Tout d'abord pour montrer le respect que l'on tient à une personne, il s'agit de la saluer autrement que par un simple "Habari" (quelles sont les nouvelles?) mais par un respectueux "Shikamoo".

Les enfants que vous rencontrez au Kenya ou en Tanzanie vous servent donc du "Shikamoo". Mais pour encore mieux faire ils peuvent vous tendre les mains vers la tête en attendant en retour une courbette de votre part.

 

En France, l'enfant qui vit dans le froid et qui s'enrhume, lorsqu'il doit embrasser une dame doit aussi se moucher... simple question de propreté.

Il en va de même pour le petit Tanzanien. Sauf que lui n'est pas enrhumé et qu'il ne vous embrasse pas. Si un petit enfant vient vous tendre les mains pour vous saluer, vous aurez donc le droit de lui répondre au préalable "Nawa halafu nisalimie" (va te laver les mains et reviens me saluer) s'il était en train de jouer dans la terre, sans que cela ne soit perçu comme impoli.


En revanche, n'oubliez pas lorsqu'il reviendra et qu'il tentera à nouveau un "shikamoo" de lui répondre en souriant "maharaba" (j'accepte tes salutations respucteuses), il sera le plus heureux du monde.

 

 

 

 

 

 

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8 janvier 2007 1 08 /01 /janvier /2007 05:21

Note à l'attention du voyageur consciencieux

 

Vous avez sans doute entendu parler de ce film de Sofia Coppola "Lost in Translation". Dans ce film, un grand américain est perdu au Japon, la barrière de la langue et de la culture jouant à plein.

 

Le langage est une chose primordiale pour l'homme, mais il arrive qu'il soit privé de cet outil lorsqu'il sort de son pays.

En Equateur, les gens parlent espagnol. Jusqu'ici tout va bien puisque c'est une langue latine. Le voyageur français un tant soit peu consciencieux aura pris soin d'en apprendre les rudiments: "Comment allez vous? " "Bonjour", "Merci", voire plus s'il veut aller plus loin dans la compréhension de l'autre et de sa vie (ce qui est fortement conseillé).

Mais que ce passe-t-il quand il se rend dans un petit village indien, situé en Equateur  certes, mais où la langue n'est plus celle de Cervantes, mais du chamane Arutam, le shuar? Le voyageur prévoyant aura beau chercher pendant longtemps sur Internet s'il peut trouver un guide du shuar, une méthode, un lexique ou tout autre document qui pourrait l'aider dans cette aventure en lingua incognita... il ne trouvera RIEN.

Alors que faire? Alors on s'adapte, on parle avec les mains, on dessine et on se fait montrer les choses. On sourit, on sourit beaucoup. Pour montrer qu'on a compris, pour montrer qu'on a pas compris, mais surtout pour remercier l'hôte qui essaie d'expliquer à ce drôle de type qu'est le voyageur imprudent qui part découvrir le monde.

 

Dans la catégorie des langues difficiles à comprendre et auxquelles on ne peut pas vraiment se préparer, on citera la langue des enfants. Ils sont censés parler la même que leur parents, mais tout le monde sait que ce n'est pas vrai. Les enfants ont cette merveilleuse capacité de parler en coupant, distordant ou mâchant la moitié des mots. Quand le voyageur tombe sur une langue où les voyelles ont beaucoup d'importance comme le haya (une des langues d'une ethnie tanzanienne et ougandaise) cela peut donner des discussions intéressantes et de bons fous rire avec leur parents.

L'enfant: " haehi hohahé"  (ça veut sûrement dire "Qui c'est celui-là?" mais le voyageur n'en aura jamais confirmation)

Le voyageur lève les yeux au ciel et se tourne vers les parents: " sielewi!!!" ( = "pas compris")

Les parents, se baissant vers l'enfant et le mimant : "Haehé hohéhé! Hahéhhi hohohé!!"

Et tout le monde de rire à n'en plus finir...

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