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Qui parle?

Jeune journaliste, j’essaie de pratiquer ce métier pour "raconter le monde" et donner à voir ce que l'on ignore parfois. « Le voyage ne commence pas au départ et ne finit pas au retour » écrit Kapuscinski dans Mes Voyages avec Hérodote. Pour expliquer la façon dont des gens que nous ne connaissons pas voient le monde et leur vie, il faut être près d’eux. En tentant de mieux comprendre leur point de vue on acceptera mieux la différence et peut-être verra-t-on qu’elle n’est pas si… différente ?

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Attention, Reportage et Photo déménage !
Vous êtes encore nombreux à venir visiter Reportage et Photo, pourtant cette adresse n'est plus mise à jour. Si vous souhaitez découvrir mes nouveaux articles je vous invite à venir les voir sur Reportageetphoto.fr. Vous êtes donc cordialement invité à venir y découvrir toujours plus d'analyses d'images, d'histoires de reportages et de documentaires multimédia à cette nouvelle adresse, plus pratique et plus belle.
- Antonin Sabot-Lechenet
10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 12:08

"Maintenant, je préfère laisser parler les images" explique James Nachtwey, voix grave et posée. Images du sida, du paludisme et de la tuberculose. Images des maladies ifesctieuses qui ravagent le Tiers-Monde quand l'Occident a presque réussi à s'en débarasser. Comment ne pas les laisser parler ces images face à cet homme au regard profond, un des plus grands photojournalistes du monde ?

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Il est pourtant discret. Même placé au centre des attentions il n'est pas expansif. Les gens qui ce soir de vernissage entrent au Laboratoire ne le remarquent même pas. Pourtant pour celui qui a déjà vu son visage, impossible de le manquer. L'homme dégage une force intérieure impressionnante. 

Attentif, il écoute l'air heureux le jeune photographe qui vient lui serrer la main, ému : "C'est grâce à vous que j'ai voulu devenir photojournaliste" lui dit-il bafouillant. Ses yeux sondent ses interlocuteurs, soutient leur regard de manière rassurante.

"Il ne fait pas qu'observer, il partage" confirme Anne Goldfeld qui a monté le projet de "Combat pour la vie" avec le photographe. Il partage la douleur des gens qu'il photographie et c'est ce qui donne toute leur force a ses images.

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Encore une fois, les photographies de James Nachtwey ont une force hors du commun. Il est toujours au plus près des gens qu'il photographie. Le cadrage est parfait. On a l'impression que le moindre changement de cadre ferait perdre quelque chose à l'image. Ici on perdrait de la force, là des information nécessaires à la compréhension. James Nachtwey fait tout entrer dans son cadre : explications, contexte, émotions... et finalement la chose la plus importante qui soit : l'humanité.

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"Combat pour la vie", photographies de James Nachtwey et portraits vidéo d'Asa Mader, jusqu'au 10 Mars au Laboratoire, 4 rue du Bouloi, paris 1er. Entrée 6 et 4,5 euros.
Conférence d'Anne Goldfeld le 12 février qui témoignera de la façon dont la démarche de James Nachtwey a influencé sa propre expérience de médecin (entrée libre).
Contact:  Le Laboratoire : 01 78 09 49 50 ; www.lelaboratoire.org




Nétiquettes : Photojournalisme Nachtwey conflits
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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 17:47
Petites histoires multimédia, épisode 1
Le diaporama multi-sujet, de Time au Figaro.fr

En ce moment, Reportage et Photo s'intéresse beaucoup au reportage multimédia. La série Petites histoires multimédia s'attachera a mettre en lumière certains éléments qui peuvent composer ce mode de narration nouveau. Il s'agira de voir que ce type de reportage n'est pas sorti de nulle part et que l'on peut gagner à y intégrer des éléments provenant de médias plus anciens.

Le diaporama, suite ou déroulement de photographies, est utilisé par de nombreux sites Internet de médias. C'est, pour eux, la façon la plus simple de présenter un condensé d'actualité en image. C'est ce que nous appelons ici le "diaporama multi-sujet", c'est-à-dire une suite d'images dont les sujets ne sont pas forcément liés.

Ainsi, le site Internet Le Figaro.fr présente chaque jour un "Arrêt sur image, la sélection du Figaro Magazine", soit une sélection de six ou sept photographie qui représentent les informations les plus marquantes, ou les plus visuellement fortes du jour. D'autres sites comme Le Monde.fr pratiquent couramment ce mode de traitement de l'image.

Une remarque cependant : cette "sélection" est en réalité souvent opérée en amont par les agences photos elles-mêmes. Dans son service Internet, l'Agence France Presse (AFP) propose en effet les "Photos du jour", soit environ six images par jour, soit liées à l'actualité du jour, soit insolites et spectaculaires. Ce service étant compris dans le pack de dépêches, le travail est alors facile pour les rédactions web et il serait bête de s'en priver.

Ce mode de traitement de l'info par l'image, facile à mettre en oeuvre, se révèle aussi assez attrayant. Il ne faut pas longtemps pour le parcourir et pour découvrir des images souvent fortes et marquantes. Aussi le media web n'est-il pas le seul à la mettre en oeuvre.

Certains magazines papier se sont mis à utiliser un dérivé de diaporama. Ainsi, le magazine américain Time a-t-il créé une sorte de diaporama dans ses premières pages :


diapo-TIMES.jpg
Des images des quatres coins de la planète courent le long d'une double page. Les infos qu'elles contiennent ne se retrouveront probablement pas dans le reste du magazine, mais peut-être la semaine suivante.

Difficile de dire qui est arrivé en premier, mais il est certain que web et papier s'influencent mutuellement. Ils apprennent l'un de l'autre et leurs manières de fonctionner se ressemblent pour que le lecteur ne s'y perde pas trop et retrouve des usages communs.

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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 09:48
J'ai toujours du mal à ne pas présenter un nouveau  projet de Mediastorm.  Je trouve leur  travail tellement abouti  et  empli de qualités que chaque nouvelle sortie d'un reportage multimédia m'enchante.

Cette fois, le documentaire présenté est d'autant plus exceptionnel qu'il utilise des photographies de Marcus Bleasdale, un des photographe de l'agence VII. Pour ceux qui ne sont pas encore familiers au travail de cette agence, il s'agit de celle qui s'occupe des photographies de James Nachtwey, Gary Knight ou Alexandra Boulat entre autres. Quelques-uns parmi les meilleurs photoreporters du monde.

L'alliance de ces deux agences donne un travail magnifique, fort et troublant sur le conflit de RDC.


C'est à voir là:



Nétiquettes: Afrique Multimédia Photoreportage

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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 19:42
Campagne électorale oblige, l'administration américaine est encline à l'optimisme en ce qui concerne l'Irak. Des représentants du gouvernement américain pérorent sur ce qu'ils voient comme le succès de la dernière tactique de l'armée : "the surge", la tentative de sécuriser une zone particulière de la capitale en envoyant un surplus de soldats avant un retrait progressif du contingent. Ce qui leur permet cet otpimisme? Près de 30.000 Irakiens réfugiés en Syrie auraient repris le chemin de leur pays natal.

Du coup, les images de la guerre se permettent elles aussi une certaine dose d'optimisme: le Time publie ainsi cette photo prise par Thomas Dworzak de l'agence Magnum.

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"Friendly faces An American soldier stops to chat at a restaurant (c)Thomas Dworzak/Magnum 

Surprise ! Elle représente un soldat américain, tout sourire dans un restaurant. On en sait pas beaucoup sur ce restaurant, sûrement situé dans la fameuse "zone verte" sur laquelle les efforts américains se concentrent à Baghdad. Construit en simple tôle ondulée, il pourrait même s'agir d'un dépôt américain, qui sait. Reste que ce sourire est symbolique et fort inhabituel dans une image de la guerre d'Irak.

Le lecteur distrait se laisserait presque convaincre par ce "boy" joyeux... Il aurait tort et l'article de Bobby Ghosh qui accompagne la photo de Thomas Dworzak le lui prouverait.

En quatre points, il bat en brèche les lueurs d'optimisme allumées par l'administration Bush : en Irak les responsables des massacres intercommunautaires sont toujours en liberté, les milices sunnites ne sont pas intégrées aux forces régulières, l'Etat est corrompu et aucun leadership politique ne semble vouloir se dessiner. En quatre points, l'article de Bob Ghosh met en doute le sourire d'une photo et remplace l'espoir par le doute.



Thomas Dworzak/Magnum pour TIME daté du 24 décembre.
Cette photographie est issue d'un parution de presse, sa diffusion ici l'est à titre d'information et d'explication sur sa signification. L'auteur de ce blog tient à marquer son attachement au droit d'auteur.

A lire aussi : Un autre "inside the picture" consacré à une photo de soldats en Irak

nétiquettes : analyse Irak photojournalisme
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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 22:01

Hormis à la télévision, on voit assez peu d'images illustrant le réchauffement climatique. Al Gore, pour montrer les risques liées aux bouleversements du climat, a fait un film. De nombreux journalistes, réalisateurs, ont tourné des documentaires... mais fait assez peu de photos.

Alors le climat serait-il un sujet trop peu photogénique pour s'y attarder? Sûrement pas. Le collectif de photographes et de journalistes Argos vient nous le prouver. Ils publient un livre de reportages écrits et photographiques très bien réalisés et documentés.

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Des Tuvalu à l'Allemagne, des images entre force et poésie pour illustrer un phénomène qui nous touche tous.

Pour en savoir plus, c'est par là.

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 23:11

En guise de réponse au commentaire de Cédric ML

A l'issue de la guerre en Irak, l'analyste de l'image Serge Daney avait dénoncé la couverture faite par les chaînes d'informations continues. Pour lui, le direct, employé à tort et à travers avait un effet irréalisant sur les images diffusées presque 24 heures sur 24. Le fait de voir des images souvent de mauvaise qualité, sans recul et sans commentaires valables, leur faisait perdre presque toute valeur explicative (il utilise l'image du ballet des balles traçantes dans la nuit de Bagdad qui ne veulent rien dire sans explications, sans savoir ni où elles vont ni d'où elles viennent). L'information, et surtout la vidéo, sur le web donnent une nouvelle dimension à cette analyse.

La vidéo est un outil prisé des sites web d'information. LeMonde.fr la pratique depuis quelques temps, LeFigaro.fr à une webTV en projet. Un site comme Rue89, s'en sert beaucoup et de manière assez intéressante. Seulement, plusieurs éléments font que ces vidéos prennent parfois un caractère irréel tel que le décrit Serge Daney. Ces éléments sont ceux sont censés donner son caractère de preuve à l'image, or nous alons le voir, ils sont en partie basés sur un postulat biaisé.


Le premier élément, c'est la qualité de la vidéo. La compression des images web fait qu'elles ressemblent grandement à des vidéos d'amateurs. L'amateurisme est devenu un des caractères qui fait la preuve de la vérité. Le discours tenu est que l'amateur "ne ment pas" car il n'a pas d'intérêt à le faire (contrairement au journaliste qui doit rendre son sujet intéressant pour le vendre).

Le second élément qui "fait preuve" dans une vidéo pour le web est le même que dans une vidéo normale : c'est le "J'y étais". Ajouté au "No Comment", il revient à faire croire que l'observateur est neutre et que par son intermédiaire le spectateur est lui aussi présent sur place.

Face à ces deux observations, il convient de répondre tout d'abord que l'amateur lui aussi cadre, donc élimine. Qu'il est tout aussi sujet que le professionnel à l'emballement pour le sujet qu'il filme (voire plus car il n'est pas "blasé") et donc à l'exagération. Et enfin que le "No Comment", l'idée qu'il n'y a pas d'intervention dans une vidéo est complètement fausse. Même sans montage, une vidéo a un hors-champ, des choses qui ne sont pas montrées et qui font sens.

Problème: la vidéo sur le web tente de nier le hors-champ, justement en se présentant comme amatrice même lorsqu'elle est réalisée par un professionnel et en jouant souvent sur le "No Comment" qui impose justement le cadre comme limite absolue de la compréhension (tout ce qui n'est pas dans le cadre est irrémédiablement perdu).

 

Ce "No Comment" qui impose une limite peut parfois être grave. Lors des récentes échauffourées à Villiers-le-Bel, il a par exemple été utilisé par Rue89 dans un de ses articles. Que comprendre de cette vidéo si ce n'est que la journaliste clame qu'elle "y était"? Elle pourra s'en prévaloir devant son rédacteur en chef, mais pas vraiment estimer avoir apporter une information conséquente (bémol toutefois avec le son, qui donne à entendre les fameux coups de feu qui ont été tirés lors de ces nuits de violence, et surtout à voir sur le site: un dossier avec des interventions diverses et des points de vues éclairants).

  

 

 Nétiquettes : actu analyse reportage

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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 17:55
Depuis deux nuits déjà, la ville de Villiers-le-Bel connaît des affrontements entre jeunes et forces de police. Les images qu'en livrent les journaux ressemblent déjà à celles des émeutes de 2005. D'un côté, elles montrent  les dégats  occasionnés :  voitures brûlées,  bâtiments incendiés  et magasins  saccagés.  De  l'autre,  elles illustrent  les affrontement eux-mêmes.

Deux images  retiennent particulièrement l'attention : celle à la Une du  Monde daté du mercredi 28 novembre (par Corentin  Fohien)  et celle à la Une de Libération du  27 novembre (par Pascal Rossignol).

Les violences en banlieu vues par Le Monde et Corentin Fohien
(c) Corentin Fohiet

Villiers-le-Bel par Libération et Pascal Rossignol
(c) Pascal Rossignol

Les conditions de prise de vue sont difficiles. Il fait nuit, le peu de lumière vient de derrière et est très diffus. De plus, les photographes travaillent de loin, au téléobjectif, objectifs souvent moins lumineux que les focales plus courtes et qui tolèrent moins les vitesses lentes nécessaires au travail en basse lumière.

Le résultat, c'est que les images sont assez peu détaillées, légèrement floues et surtout que les personnages apparaissent comme de petites silhouettes noires et floues (surtout sur l'image de Libération).

Sur une pellicule argentique, les parties noires de l'image n'apparaissent pas. Ou plutôt, elles sont présentes en creux. L'absence de lumière fait que la pellicule reste vierge.

Ces silhouettes noires, mal définies, font penser à cette absence de matière, à cette absence de contenu. Dans un sens, on ne perçoit que les contours de ces jeunes et donc que les contours de leur rebellion. Le coeur de cette violence, comme les détails qui pourraient identifier et personnaliser ses auteurs, ne nous sont pas révélés par ces images.

Pourtant, il y a bien ces panneaux de signalisation qui semblent nous dire que c'est bien ici que ça se passe. Ils nous désignent les auteurs : ce sont bien eux.

Eux oui, sans doute... mais qui sont-ils vraiement, hormis des sihouettes de jeunes à capuche ? Le caractère informatif de l'image s'arrête ici à la simple désignation.





J'attire de plus votre attention sur cette image très forte symboliquement, elle aussi réalisée par Corentin Fohien, où l'on voit des jeunes danser sur un véhicule de police vandalisé, en une sorte d'exutoire et de rituel urbain moderne (3eme ligne, 3eme colonne): sur le site de l'agence en ligne Fédéphoto.


Corentin Fohien/Fédéphoto pour Le Monde daté du 28 novembre et Pascal Rossignol/Reuters pour Libération daté du 27 novembre.
Ces photographies sont issues de parutions de presse, leur diffusion ici l'est à titre d'information et d'explication sur sa signification. L'auteur de ce blog tient à marquer son attachement au droit d'auteur.

 
Nétiquettes : photojournalisme analyse
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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 22:30

L'horreur se répète. Avec elle les photos font toujours aussi froid dans le dos.

Un article de l'International Tribune du 14 novembre traite d'un sujet atroce: des abus graves sur des enfants et des malades dans les orphelinats de Serbie. La description qui en est faite dans un rapport international donne des frissons. Il parle d'enfants malades mentaux attachés sur leurs lits, de personnes qu'on laisse mourir dans l'indifférence...

Une photo, horrible par sa force et sa réalité vient frapper le regard.

(c) Marc Schneider/Mental Disability Rights International
(c) Marc Schneider/Mental Disability Rights International



La force de cette image est indéniable. Ce qu'il y a d'incroyable, c'est qu'elle rappelle immédiatement d'autres photos. Des photos d'un autre endroit, à un autre époque... mais des photos de la même horreur. En 1990, le photographe James Nachtwey s'est rendu dans les orphelinats de Roumanie pour montrer ce qui arrivait aux enfants abandonnés de l'ère Ceaucescu.

Dix-sept ans avant, les images était les mêmes. Le même regard vide d'enfants traités comme des bêtes, les barreaux à la peinture écaillée. Comment imaginer que rien n'a changé, que trop de générations sont déjà passés dans ses asiles d'un autre âge?

(c) James Nachtwey

(c) James Nachtwey

Les images, à dix-sept ans d'écart, ne trompent pas.
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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 10:00

Il y a environ trois semaine paraissait la nouvelle formule du quotidien Libération. Combien de mécontents, d'amoureux déçus? Beaucoup sûrement pensent qu'il n'y a, dans ce journal, plus de quoi se mettre sous la dent.

Sous la dent peut-être, mais sous les yeux si! Tous les jours désormais, on a droit à une magnifique photo en double page. Cela reste du papier journal, avec une impression qui ne vaut pas un magazine, mais rien que pour ça, cela vaut le coup de jeter un oeil à Libé.

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Encore une fois Libération affirme qu'un journal sans photo ne vaut pas grand'chose. Et surtout, ce journal continue à proposer des images qui ne sont pas de simples illustrations, mais bien des photos qui ont un sens, qui font toucher certaines réalités du doigt. Des images qui allie le fond et le forme car elles sont l'oeuvre de véritables photojournalistes.

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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 22:28


Un peu comme pour la Birmanie, on dispose de relativement peu de photographies des récentes manifestations au Pakistan. 

La situation n'est tout de même pas la même et de nombreuses agences disposent de photographes sur place. C'est le cas de l'AFP, avec Arif Ali qui a pris cette très bonne image.

La photo de presse joue parfois sur la répétition d'images déjà connues pour faire de l'effet. A première vue, c'est sur ce ressort que tire cette image. Un individu y renvoit une grenade de gaz lacrymogène. Il a un bras tendu, l'autre revient le long du corps et une fumerolle montre le trajet retour de la grenade. Au fond on croit avoir vu cette image des centaines de fois. En Palestine, à Gènes ou pendant le CPE, on pourrait voir la même scène. 



Mais en y regardant de plus près, et c'est une partie de l'étonnement que produit cette image, elle a vraiment quelque chose de nouveau. En effet, ce n'est pas un jeune encagoulé ou portant un keffier qui ose ce geste de défi envers les forces de l'ordre. Ce n'est pas un Pakistanais pachtoune des "zones tribales" ni même un commerçant du marché populaire de Karachi. C'est un homme en costume cravate, un avocat.

L'image va plus loin que ce qu'elle montre. Elle révèle un caractère fondamental de la révolte qui agite le Pakistan et qui n'est pas forcément explicité par les articles de presse : c'est une révolution menée par des membres du système judiciaire, et d'une classe sociale assez privilégiée. Les Pakistanais qui se battent en ce moment le font pour le droit et la démocratie, sur la base d'arguments juridiques. Dans un pays tiraillé entre la dictature militaire, l'islamisme et les pouvoirs tribaux, ce détail à de l'importance.


Arif Ali/AFP, publiée dans l'International Herald Tribune le mardi 6 novembre.
Cette photographie est issue d'une parution de presse, sa diffusion ici l'est à titre d'information et d'explication sur sa signification. L'auteur de ce blog tient à marquer son attachement au droit d'auteur.

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