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Qui parle?

Jeune journaliste, j’essaie de pratiquer ce métier pour "raconter le monde" et donner à voir ce que l'on ignore parfois. « Le voyage ne commence pas au départ et ne finit pas au retour » écrit Kapuscinski dans Mes Voyages avec Hérodote. Pour expliquer la façon dont des gens que nous ne connaissons pas voient le monde et leur vie, il faut être près d’eux. En tentant de mieux comprendre leur point de vue on acceptera mieux la différence et peut-être verra-t-on qu’elle n’est pas si… différente ?

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Attention, Reportage et Photo déménage !
Vous êtes encore nombreux à venir visiter Reportage et Photo, pourtant cette adresse n'est plus mise à jour. Si vous souhaitez découvrir mes nouveaux articles je vous invite à venir les voir sur Reportageetphoto.fr. Vous êtes donc cordialement invité à venir y découvrir toujours plus d'analyses d'images, d'histoires de reportages et de documentaires multimédia à cette nouvelle adresse, plus pratique et plus belle.
- Antonin Sabot-Lechenet
28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 09:13

Depuis décembre, le magazine De l'air reparaît.
Bi-mensuel créé en 2000 il avait parut et dirsparu de manière épisodique depuis. Après décembre 2005, un seul numéro "été 2006" était sorti.

Sa production a été relancée cet hiver avec le numéro de décembre-janvier.


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Ce magazine de qualité est une belle vitrine du photojournalisme. Il allie, sur environ 70 pages de bon grammage, texte et l'image en donnant une très belle place à cette dernière. Avant l'arrêt de la parution en 2005, plusieurs reportages étaient publiés intégralement dans chaque numéro.
Le numéro de mai-juin n'en comprte qu'un seul à proprement parlé (un reportage politique) , mais il contient aussi de nombreux sujets très photographiques (un dossier de portraits, un "tout images" sur l'hexagone,...). Apparament, le magazine laisse une place plus importante aux graphistes qu'il ne le faisait précédemment. Peut-être que le créneau uniquement photojournaliste n'était pas assez porteur.

Il n'en reste pas moins que ce magazine est une lecture recommandée pour tous les amateurs d'images et de photojournalisme.


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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 13:32
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« Et un! Et deux!... », ça sonne comme un certain soir de victoire au foot. « ...Et bac +3 » mais c'est tout autre chose. En blouse blanche et en rang serrés; les infirmières manifestent dans Paris. Elles sont un bon milier (2500 selon les organisateurs, 850 selon la police) à défiler jeudi depuis la gare Montparnasse jusqu'au ministère de la Santé.

Là, Roselyne Bachelot, fraîchement nommée ministre ne les attend pas. Deux jours auparavant, en visite dans un hôpital à Dunkerque, à la question de Nicolas Sarkozy qui se demandait pourquoi, avec trois ans et demi d'études les infirmières n'étaient reconnues qu'à Bac+2, elle a répondu, ingénue « parce que leurs études coportent beaucoup de stages ». Au moment où l'on demande à tout va aux universités de donner plus de places aux expériences professionnelles, la pilule passe plutôt mal.



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Les infirmières suivent aujourd'hui des études durant trois ans et demi. Leur Diplôme d'Etat n'est pourtant reconnu qu'à Bac + 2.



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Les infirmières se sentent parfois seules devant des responsabilités importantes.

« Trois ans et demi d'études ça mérite bien une licenseuh... ». Le cortège avance doucement. Un petit air de CPE soft dans les rangs. La plupart des manifestants sont des étudiants infirmiers. Bien que non professionnels ils connaissent bien les problèmes de la profession : manque d'effectif et salaires bien éloignés des responsabilités qui leurs incombent. Finalement ce sont un peu les problèmes du secteur hospitalier en général que condensent les infirmières. « J'ai l'impression d'être une seringue sur pattes » se plaint un jeune homme. Il brandit un mannequin en blouse bleue pendu, étranglé. Un symbole figurant selon lui « l'avenir de la profession ».



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"Je me sens un peu comme une seringue sur pattes" explique un manifestant.


Tout au long de la manifestation, l'impression est la même. Pas assez de reconnaissance du métier, ni des études. Une charge de travail parfois trop lourde à assumer. La charge de travail, Samira, jeune infimière en poste depuis 3 ans dans une clinique en a fait l'expérience: « On se retrouve parfois avec triple charghe de travail à cause des arrêts maladies. Pour faire ça j'ai eu une prime de 70 euros, un fois dans l'année. Le stress est tel que je démissionne et me retrouve sans travail dès le mois de Juillet. »



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"Allez vas-y Roselyne, au moins 2000 euros... Allez vas-y Roselyne..."


Les manifestants en ont visiblement gros sur le coeur. Depuis septembre une demi-douzaine de manifestations ont eu lieu à Paris, et pourtant étudiants et infimiers en poste continuent de venir à Paris pour demander l'aide du ministère. Finalement des responsables ont accepté de les écouter. Dans une quinzaine de jours des negociations devraient commencer.




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Au sortir du ministère les responsables de la Coordination Nationale Infirmière se sont dit "confiants" mais veulent rester vigilants, "cela fait trop longtemps que la profession attend".

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"Si tu veux un bac + 3 tape dans tes mains..."
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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 12:21

"Quand je mourrai je veux qu'il y ait des rires et des chants,
Quand je mourrai, je veux qu'il y ait des fleurs et du copal..."

Les amis de Julio Ruelas se recueillent sur sa tombe.

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Le peintre mexicain est mort il y a 100 ans. Aujourd'hui sa tombe est menacée par la fin de la concession qui approche... "Place aux jeunes" aurait dit le poète.

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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 22:23
On m'a dit que le JO l'a annoncé mais je crois que c'était une blague. Donc c'est moi qui vous l'annonce officiellement (y'a pas de mal à se faire du bien comme dirait l'autre) : j'ai gagné le Prix du meilleur étudiant journaliste 2007 du club Rotary.

Pas de photo de la remise des prix malheureusemnt car Nachtwey s'est décommandé ni de vidéo car le car de TF1 a été bloqué sur le périph'.

Par contre, je vous conseille vivement d'aller jeter un oeil à l'excellent blog politique de l'étudiante qui a remporté le deuxième prix, Marion Mourgue (aussi au CFJ).

Merci, donc, au Rotary.
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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 12:30

 

crédit des photos: Marc Chaumel

 
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La marée noire de l’Erika a d’abord eu lieu sur les côtes françaises. Sept ans après, depuis le 12 février, la marée noire arrive sur les bancs du tribunal de Paris. Le quotidien Libération met en image cette nouvelle marée noire dans son numéro daté du lundi 21 mai.
Cette fois, le noir, ce n’est plus celui du mazout, mais celui des robes d’avocats qui envahissent peu à peu l’espace de l’image, l’espace médiatique.
Le cadre (puisqu’il y en a un en photographie) est celui de la double page « Grand Angle » du quotidien. Du haut vers le bas de la page, il y a une progression dans cette vague de noir qui avance, comme le brut a avancé sur les plages bretonnes, les remplissant progressivement.
En haut de la double, les juristes arrivent au tribunal d’un côté, de l’autre ils posent simplement devant un mur blanc, une militante présente au tribunal pose également. Sur ces images, le blanc est présent. Que ce soient les pavés de la cour du Palais de justice ou le mur, il a encore une place importante. Sur les portraits, même les robes des avocats ne sont pas d’un noir très dense, la lumière pose des reflets sur leurs habits.

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Plus bas dans la page, le noir s’impose dans les images, omniprésent, étouffant. C’est particulièrement le cas pour la photo d’Antonio Pollara, le gestionnaire nautique de l’Erika. Le noir des robes d’avocats le prend à la gorge, le submerge littéralement. La similitude avec les oiseaux tentant de se dégager des nappes de pétrole est frappante et tombe juste. L’homme est empêtré dans la machine judiciaire et son air énervé, un rien colérique, renforce cette impression. 

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Le noir, le sombre qui se referme sur les acteurs de ce procès, c’est enfin et surtout la photo du juge Jean-Baptiste Parlos dont on n’aperçoit plus que le visage coincé entre deux masses noires. Celui qui ce demande « qu’est-ce que nous faisons là ? » selon les termes de l'article est-il une lueur d’espoir qui va faire la lumière, ou au contraire, n’est-il que le point de fuite sur lequel se referme la nouvelle marée noire de l’Erika ?

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Les photos sont reproduites ici à titre d'explication sur un fait d'actualité et sur son traitement photographique.
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20 mai 2007 7 20 /05 /mai /2007 10:19


Kigarama en Tanzanie, près de la frontière avec l'Ouganda. C'est le matin, avant d'entrer dans l'école, il faut en nettoyer le perron. Une poignée d'herbe fait l'affaire pour enlever la latérite, cette terre rouge, qui entre partout.
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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 11:40
Et voilà! la galerie du reportage "Quand le delta deviendra rouge" est prête
Allez y jeter un coup d'oeil ici et dites-moi ce que vous en pensez.

La gare de Ramsès à Alexandrie.


Attention: Over-blog ne présente pas encore les légendes des photos, je n'ai aucun moyen de vous les faire partager malheureusement. Il vous faudra donc lire l'article pour tout saisir.
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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 08:45

 

Il roule, il roule à en perdre haleine dans les rues de Quito. Peut-être un peu à contre sens, mais au moins pour lui ça descend.

C'est dimanche dans la capitale equatorienne et les habitants sortent se promener dans le vieux centre colonial de la ville.

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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 14:19

  Reportage réalisé dans le cadre de la première université de printemps des journalistes euroméditéranéens. Partenariat entre le CFJ (Paris), l'Ihecs (Bruxelles) et les filières de journalisme francophones des universités du Caire, de Beyrouth et de Rabat.


La route Le Caire – Alexandrie regroupe à elle seule une partie de la diversité égyptienne. Des villes commerçantes, ouvrières ou des villages en mutation disputent l'espace aux terres agricoles. Le rouge brique des constructions remplace le vert des champs.

 

 
Vendredi matin. Le train de seconde classe quitte Le Caire sans bruit. Comme s’il ne voulait pas réveiller la ville et les travailleurs qui rentrent chez eux pour le week-end, endormis sur les banquettes poussiéreuses. Les wagons traversent en douceur les derniers quartiers populaires. Personne ne remarque plus les quelques gosses qui traînent  le long de la voie quand s’estompe la ville.
Mais où finit Le Caire ? Par la voie ferrée on ne voit pas vraiment la sortie de la ville. Après des immeubles en construction, les champs. Puis à nouveau des immeubles. Aucune étendue cultivée ne s’étend plus loin que porte le regard. Certaines sont même complètement enfermées dans des quartiers d’habitation. Dès le début du voyage, la « route verte » qui relie Le Caire à Alexandrie par le delta devient rouge, de la couleur des briques des maisons.

 

 

  On arrive à Banha après trois quarts d’heure de train, sans être vraiment sûr d’être sorti du Caire. On l’a juste décidé à un moment où l’espacement des immeubles le long de la voie ferrée était assez lâche. Peut-être entre un champ de blé et un verger de mandarines.
Le centre de la ville est coincé entre la gare et le Nil. Cette bourgade de province est presque déserte le vendredi matin avant l’heure de la prière. Seul le souk témoigne d’un peu de vie. Des femmes viennent des villages voisins pour vendre leurs récoltes : quelques choux, de l'ail, des melons et des oranges. 


Mi-New York mi-Italie
Peu de jeunes hommes dans les rues. « Ils sont tous partis », soupire Ihab. Lui aussi est parti. A 24 ans, il est allé tenté sa chance en Italie. Aujourd’hui, il a quarante ans et vient juste de revenir. Dans son bar désert au bord du Nil, il sert des cappuccinos. « Tous les pizzaïolos de Bologne ou de Naples viennent de Banha ! », plaisante-t-il. Plus sérieux, il poursuit : « Les jeunes de la ville ont peu accès à l’éducation et il n’y a pas beaucoup d’emplois ici. Alors ils partent en Europe ou même à New York. »
Cet exode massif a une conséquence étonnante : même ceux qui pourraient avoir une assez bonne situation ici essayent d’en partir, même pour des emplois peu qualifiés. Ihab a suivi ce chemin pour être maçon alors que son père est membre du Parlement égyptien. Il a été chanceux et a fait fortune. En revenant, il a fait construire un immeuble de huit étages de l’autre côté du Nil.  Là, tout un quartier, bâti avec l’argent des égyptiens expatriés, grignote les terres agricoles. Les rues ne sont pas encore goudronnées. Il n’y a même pas de pont pour traverser. Il faut prendre le bateau.  Ihab tend ses jumelles pour observer les immeubles non crépis : « Ne vous y trompez pas, prévient-il, les appartements sont bien plus chics que ce que vous croyez. Aussi luxueux que dans les plus riches quartiers du Caire ! »
Dans toute la ville, les jeunes qui ne sont pas encore partis espèrent tenter leur chance. Comme Mustapha. Boucher dans le souk, il compte rejoindre son cousin, restaurateur à Bologne. Même s’il ne parle pas un mot d’italien.

"Beaucoup de jeunes partent sans papiers. Mais la route de la Lybie est risquée, moi je préfère être en règle" explique Mustapha en buvant un thé.


Pour quitter Banha, le train traverse le Nil sur un vieux pont en acier. Il longe ces nouveaux immeubles de briques encore nues. Ces immeubles, il y en a tout le long du chemin. Tous construits sur le même modèle, carrés avec de grossiers pylônes pour soutenir les balcons. Et toujours ce rouge.
Dans le delta du Nil, les limites entre villes et campagnes sont floues. Seul moyen de savoir si on est dans une ville ou un village, la taille des bâtiments. A la ville on construit haut même si les appartements restent vacants.
Après une heure dans un de ces trains sans vitre qui dessert tous les arrêts, on arrive dans la commerçante et religieuse Tanta. Malgré  un souk très animé et connu pour ses tissus et ses pâtisseries, la ville pousse dans l’ombre du Caire.
Depuis la fin des années 1980, elle se développe beaucoup se moderniser. « Pour les jeunes, il n’y a rien que de vieux cafés traditionnels ici. Quand on étouffe, on part au Caire », lancent Ibrahim et Muhamad. A 24 ans, ils finissent leurs études et ne rêvent que de partir travailler dans la capitale ou à Alexandrie. Dans les hôtels luxueux qui accueillent les hommes d’affaires, les ascenseurs récitent tout seul le Du’a Al-Rakoub, la supplication du voyage qu’il faut entonner avant de monter un âne ou un cheval.

 


Urbanisme étouffant
L’évolution urbaine incontrôlée du delta est encore plus visible à Damanhur. « La ville est trop grande pour ses habitants », se plaint un chauffeur de taxi. Il y a quelques années, la ville était à l’écart de l’autoroute. Là où s’étendaient des cultures et des pâturages s’élèvent maintenant des dizaines, des centaines d’immeubles. Pourtant, personne ne les habite. Entre deux constructions d’une quinzaine d’étages paissent quelques vaches. L’avenue qui mène à l’ancienne entrée de la ville est interminable. Seuls quelques ouvriers font mine de vous demander l’heure pour savoir si vous êtes Egyptiens.
Paradoxe d’une ville en plein bouleversement, le centre est congestionné, les rues trop petites pour la circulation. A la périphérie, c’est le vide qui règne. On construit à tour de bras alors que tout le monde veut partir.
Damanhur la provinciale. Le village est devenu cité. Ici les femmes sortent peu. Dans les cafés où l’on regarde passer le temps, il n’y a pas de toilettes pour elles. Dans les rues, elles portent un voile bon marché, sans fioritures. On est bien loin de la coquetterie des filles du Caire ou même de Tanta.
Les oubliés du textile
A une demi heure à peine en bus de Damanhur, Kafr El-Dawr. La ville sort d’une énième grève des ouvriers textiles. Dans les rues, pas d’éclairage publique. Les trains de première classe ne s’arrêtent pas dans sa petite gare. Ils se contentent de klaxonner plusieurs kilomètres au loin pour chasser ceux qui traversent les voies. Comme s’ils voulaient seulement réveiller toute la ville ; lui adresser un pied de nez.
Dans un café à la lumière blafarde, Mahmoud raconte, sous un faux prénom, l’histoire du dernier mouvement ouvrier. En février, ils étaient plus de 10 000 à entrer en conflit avec les patrons des quatre grandes usines textiles de la ville. Le gouvernement voulait supprimer le bonus sur salaire promis. L’air triste, il attend avec pessimisme le résultat des négociations avec le gouvernement. L’an dernier, Kafr El-Dawar et les autres villes textiles du delta ont compté 259 mouvements de grève.

Cohue dans la petite gare de Kafr el-Dawar. Les travaileurs rentrent d'Alexandrie et traversent les voies avant de rentrer chez eux.


Mahmoud esquisse un sourire en s’excusant presque. Personne ne parle de sa ville quand il n’y a pas de grève alors que la situation est alarmante : « Aucun ouvrier n’a de couverture sociale. Le seul projet des jeunes est de faire le taxi. Mais il n’y a qu’une seule grande rue bitumée ici. Une seule ! C’est pourtant une ville de un million d’habitants. » Kafr El-Dawar la laissée pour compte.
« Ne me pose pas cette question s’il te plaît », supplie-t-il quand on lui demande ce que vont devenir ses enfants. « Cela me fait mal d’y penser alors même que je ne sais pas ce que je vais faire moi-même. » Il passe ses mains marquées parvingt-six ans de labeur devant ses yeux. Il a commencé a travailler dans l’usine de textile comme simple manoeuvre à l'âge de 14 ans.
Un autre train de première classe passe sans s’arrêter. Le bruit assourdissant couvre un instant les conversations sur la place des Martyrs. « Les martyrs de la guerre de 1973 contre Israël… et ceux des grèves de 1994 tués par la police », explique l’ouvrier. Il est temps de partir. Mahmoud reste derrière et fini son café.


Dernières stations avant Alexandrie. Les jeunes désœuvrés des villes du delta montent dans le train. Ils descendront en gare de Sidi Gaber pour passer un moment dans la banlieue de l’ancienne cité cosmopolite. Ils en repartiront le soir dans un train bondé où certains voyageurs se tiennent debout sur les sièges. Alexandrie est leur bouffée d’air.

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Un jeune un peu shooté se détend dans le train qui le mène vers Alexandire. Il y passera l'après-midi, le temps de se soritr de son quotidien.


La ville marque une rupture. Le delta finit ici. Le rouge disparaît dans Alexandrie la Méditerranéenne. La voie de chemin de fer trace une saignée au milieu d'une gigantesque barre d'immeubles.La porte d'Alexandrie. 

  egypte-train-web008.jpg

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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 08:04
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