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Qui parle?

Jeune journaliste, j’essaie de pratiquer ce métier pour "raconter le monde" et donner à voir ce que l'on ignore parfois. « Le voyage ne commence pas au départ et ne finit pas au retour » écrit Kapuscinski dans Mes Voyages avec Hérodote. Pour expliquer la façon dont des gens que nous ne connaissons pas voient le monde et leur vie, il faut être près d’eux. En tentant de mieux comprendre leur point de vue on acceptera mieux la différence et peut-être verra-t-on qu’elle n’est pas si… différente ?

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Attention, Reportage et Photo déménage !
Vous êtes encore nombreux à venir visiter Reportage et Photo, pourtant cette adresse n'est plus mise à jour. Si vous souhaitez découvrir mes nouveaux articles je vous invite à venir les voir sur Reportageetphoto.fr. Vous êtes donc cordialement invité à venir y découvrir toujours plus d'analyses d'images, d'histoires de reportages et de documentaires multimédia à cette nouvelle adresse, plus pratique et plus belle.
- Antonin Sabot-Lechenet
2 août 2007 4 02 /08 /août /2007 18:24

Il y a dix ans jour pour jour s’éteignait le père de l’afrobeat, Fela Kuti. Musicien hors pair et charismatique, une nation entière (le Nigéria) l’a pleuré.
Peu après, un article du Monde décrivait ses funérailles nationales et son enterrement, un joint à la main.
Le sida a emporté un des plus grand chanteur et saxophoniste des années 1990.






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Published by Antonin Sabot-Lechenet - dans Elles sont pas fraîches mes nouvelles
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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 09:29

En Egypte, il y a des gardes partout. Ils attendent dans la rue, sans rien dire. Ils n'ont pas d'uniforme car ils ne sont que de simple informateurs (censés être discrets)... ce soir là, celui qui devait être là a du en avoir assez.... la bibliothèque d'Alexandrie n'a peut être pas besoin de lui pour être surveillée.


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Published by Antonin Sabot-Lechenet - dans Humeur et poésie
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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 19:40

"Pour un petit oiseau, tu en mets juste sur la pointe. Pour un singe jusque là." Luìs montre la taille de son ongle. "Pour un homme il faut en mettre comme la phalange... c'est un poison très puissant!" S'ils ne s'en servent presque plus, tous les shuars en connaissent la recette. Ils n'ont abandonné la chasse à la sarbacanne qu'il y a peu de temps.

sarbacane05.jpg

A l'heure où les enfants occidentaux ne savent plus d'où vient la nourriture qu'ils avalent, les Shuars abandonnent à peine leur mode de vie séculaire de chasseurs-cueilleurs. Dans cette tradition, la sarbacanne a une place prépondérante.

L'outil le plus important à l'heure actuelle dans la forêt amazonienne est la machette. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Les habitants de la selva ne connaissent le fer que depuis peu et cet instrument correspond à un mode de vie qui cherche à domestiquer la forêt,  la couper plus facilement et à y cultiver de quoi subsister.

Lorsque les Indiens étaient des chasseurs-cueilleurs, ils se faufilaient entre les arbres plutôt que des les couper. La sarbacane était alors le meilleur moyen pour apporter de la nourriture.

sarbacane02.jpg
Les sarbacanes des Shuars nécessitent beaucoup de travail. Ils coupent d'abord deux longs morceaux de bois. Ils sont ensuite rainurés, puis frottés ensemble pour bien s'assembler. A l'intérieur, il y a un petit tube en bambou. Le tout en attaché par un liane finement serrée puis étanchéïsée par une sorte de goudron. Ici, Luìs répare une sarbacane avant une cérémonie.
sarbacane03.jpg

          

Celles des Shuars sont impressionnantes. Elles mesurent plus de trois mètres de haut. Tous jeunes, les enfants s'exercent sur de petits modèles, découpés dans les grands. Les adultes sont encore capables de tuer un oiseau en haut d'un arbre de vingt ou trente mètres.



Les animaux n'entendent pas les petites flèches, taillées dans du bambou, arriver. Ils ne se rendent comptent qu'ils sont pris pour cible qu'une fois que la flèche les a dépassés... s'ils ont de la chance. Les humains non plus d'ailleurs ne l'entendent pas. Les Shuars avaient pour habitude de régler leurs comptes en se cachant non loin de la hutte de leur ennemis, au réveil, les mauvais rêves de la victime devenaient réalité au sortir de chez lui.

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Published by Antonin Sabot-Lechenet - dans Tintin grand reporter
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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 12:21

Voici une image de cyclisme comme on en voit peu. Une fois n'est pas coutume, elle est issue d'un quotidien de presse régionale, La Tribune- Le Progrès, du groupe Le Progrès.

Ces quotidiens, pour leur traitement photographique de l'actualité, sont entièrement dépendants des agences photos comme l'AFP, Reuters ou AP. Cette contrainte fait que, bien souvent, leur traitement de l'actualité en images est assez neutre. La neutralité politique de leurs textes est d'ailleurs un des points qu'ils essaient de mettre en avant pour gagner un lectorat le plus large possible, il n'est pas étonnant que cela se retrouve dans leurs photos.

Mais ici c'est différent. Il y a un point de vue nettement affirmé dans cette image. Bien sûr, c'est une image de sport, qui ne bouleverse pas la scène politique donc, mais elle exprime bien un point de vue.



vinokourov.jpg


Le cadrage, qui élimine le visage du coureur (Vinokourov, tout le monde a compris) dit au moins deux choses sur le monde du cyclisme:

Tout d'abord elle dit "cet homme tronc que l'on vous montre est un tricheur". Elle dit l'ostracisme qui s'exerce désormais sur lui. Il est la honte du cyclisme qui ne mérite plus que l'on montre son visage.

Ce cadrage dit aussi quelque chose d'encore plus grave. Ici on reconnaît Vinokourov simplement à son maillot. A son numéro et au bout de son nom qui dépasse. On n'a pas besoin du visage, on n'a peut-être pas besoin de son identité même. Le coureur cycliste n'est pas défini visuellement par son propre visage, mais bien par son maillot. Casques et lunettes noires contribuent d'ailleurs à cette perte d'identité
J'ai été particulièrement surpris cette année  par la difficulté des commentateurs à identifier les coureurs à l'image sur leurs écrans... et si le problème du cyclisme allait bien au-delà du dopage. Ou plutôt et si le dopage généralisé n'avait pas enfin réussi à complètement déshumaniser ce sport de "surhommes"... peut-être qu'alors nous accepterions de voir le visage de "Vino".

Mais décidément, on achève vraiment mal les chevaux.


Cette photographie est issue d'une parution de presse, sa diffusion ici l'est à titre d'information et d'explication sur sa signification. L'auteur de ce blog tient à marquer son attachement au droit d'auteur.
Image créditée "AFP" par le journal.
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22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 19:26
Aller de l'autre côté est toujours un défi... ici le pont au-dessus du Rio Pastaza sonne un peu comme une mise en garde: "De l'autre côté, c'est la fôret"
Equateur, 2007
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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 22:42
Un reportage, une simple série de photos... à vous de voir

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Le mois de juin pleure ses dernières pluies. Il ne fait pas beau et l'île d'Yeu attend les touristes.

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Sur les plages, les coquillages savourent les derniers instants de calme. Seuls quelques joggers passent à leurs côtés sans même leur prêter attention.

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Le vent a beau pousser les vagues sur les rochers de la pointe du But, il n'y a personne à mouiller.

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Les rochers s'en moquent et rient, toutes crevasses ouvertes.

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De petites plantes s'y sont fait une place, mais pas au soleil.

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Quand un de ses rayons vient quand même lécher le sol, tout s'illumine et l'île d'Yeu est le plus bel endroit du monde.

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Les rues sont vides, les quelques touristes qui sont venus jusqu'ici se sentent au bout de la Terre.

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Ils n'ont pas tout à fait tort.

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Les pêcheurs ne sortent pas beaucoup en ce moment. Leurs beaux drapeaux restent bien sagement sur les ponts des bateaux.

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A l'abri du vent, on est bien,

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Les roses trémières sentent bon,...

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... Et les chemins ne sont ouverts que pour nous.

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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 09:22
Au Caire, la fac de journalisme s'appelle la fac de communication de masse... au moins les choses sont claires.

egypte-universite-du-caire--web.jpg
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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 11:36

   Jo Boulad a les yeux un peu dans le vague. Il vous attend à la terrasse de Pastroudis. "Un des derniers cafés grecs de la ville" soupire-t-il. Même lorsqu'il soupire, on sent qu'il affirme. Il serait heureux qu'on dise qu'il est la mémoire de la ville, la mémoire d'Alexandrie. Ce serait faux. Sidi Gaber, les quartiers populaires et périphériques ne se retrouveront jamais dans cet homme d'une cinquantaine d'années aux yeux bleu profond. Par contre la corniche, les pâtisseries et restaurants grecs, le souk al-attarine (le souk des antiquaires) tout cela respire de l'esprit même de Jo Boulad. Cette Alexandrie qui n'existe presque plus, c'est tout lui.

Jo-Boulad.jpg

Jo Boulad existe bel et bien lui, mais il est, pour paraphraser un mémoire universitaire paru il y a quelques années, un "héritier sans héritage". Le cosmopolitisme alexandrin s'écroule et ses enfants ne peuvent que le regarder faire. Si Jo Boulad a les yeux dans le vague c'est qu'il est souvent plongé dans une époque qui n'existe plus, où Alexandrie était la Méditérranée plus que l'Egypte, où la corniche avait des allures de Monaco.

Plantu, le dessinateur du Monde, passé par Alexandrie pour une exposition de ses photos sur l'Orient et l'Islam s'était affectueusement moqué de Jo Boulad et de son arbre généalogique. L'homme a gardé le petit dessin le représentant parlant de ses aïeux un verre de vin à la main. Du vin français, italien ou grec. Du vin cosmopolite comme le fut l'Alexandrie de Jo Boulad.
Il l'aimait et en parle comme d'une femme qui est partie. Dieu qu'elle devait être belle !


Portrait photo réalisé pour l'article de Julia Pascual sur l'Alexandrie cosmopolite, texte inédit.
Merci à Jo Boulad pour sa gentillesse et sa disponibilité.

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10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 11:30

 

" Eh fait doucement !

Mais recule-toi ! "

Assis sur une grosse pierre bien lisse Victor fait un geste de la main pour signifier à son cousin qu'il ferait mieux de s'écarter. Dans la main droite de Victor, il y a le couteau que son père lui à prêté, dans sa main gauche, un cylindre marron de trois ou quatre centimètres de diamètre. Un bâton de dynamite. En pleine forêt amazonienne, dans une rivière qui est sûrement une des plus propres du monde, parce que les filets sont très chers, les indiens shuars pêchent à l'explosif.

 

Tous les gamins du petit village de Tsuntsu, perdu dans la forêt à une journée de route de la ville la plus proche, sont venus pour participer. Comme dans beaucoup de pays, la pêche est, pour les enfants, plus une sortie qu'une corvée. Et puis dans la région, il y a presque autant de cours d'eau que d'arbres, mais il faut quand même pas mal de monde pour pêcher de quoi manger. On y met les grands moyens.

 

" Passe-moi une feuille Ivan. " Il faut enrouler le demi bâton de dynamite dedans pour empêcher qu'il ne prenne l'eau trop vite. On y fait un trou pour la mèche avec un bout de bois. " On la met après, c'est dangereux " explique Victor, un peu avare en paroles. Il préfère observer ce qu'il se passe plutôt que de s'étendre. Les deux plus jeunes garçons qui le suivent sont plutôt à l'opposé, mais c'est Victor l'aîné.

 

Pour l'instant, il observe la rivière. Les plus jeunes courent sur les rochers et ramassent des escargots d'eau, les tsuntsus, qui ont donné leur nom au village. On attend Ivan qui est parti il y a quelques minutes dans la forêt.

 

Il ne tarde pas à revenir. Il tient un bâton sur son épaule. Au bout du bâton, il y a comme une grosse motte de terre. Pourtant cela n'a pas l'air très lourd. Les enfants s'approchent de lui en riant. Ils posent une main sur la motte de terre avant de regarder y grimper des centaines de petits insectes rouges, des termites.

 

La technique de pêche des Shuars est rôdée. Les termites sont un appât de choix. On coupe deux petits bouts de leur refuge, puis on les tape l'un contre l'autre pour les faire tomber dans l'eau. Victor, sa dynamite dans la main observe, en contre bas, la surface de la rivière. " Rien ". Amadeo explique : " Si on ne voit pas de poissons monter à la surface pour manger des termites, il faut aller voir plus loin. "

 

Or la rivière est longue. Il faut remonter plusieurs kilomètres. Tous les cinq cents mètres quelques termites sont sacrifiées, mais pas attaquées par les poissons, il faut encore remonter le cours d'eau.

 

Les termites ont servi à à quelque chose. Victor lance sa dynamite dans un lacet de la rivière. Une petite colonne d'eau s'élève dans un fracas inhabituel pour la forêt. C'est le signal que tous attendaient pour se jeter à l'eau. L'explosion ne tue pas de nombreux poissons. La plupart ne sont qu'assomés et il faut les attraper avant qu'ils ne se réveillent.

 

Après les heures de marches dans la chaleur humide, le bain fait un bien fou. Même s'il est un peu physique. Amadeo est un de ceux qui s'en sortent le mieux. Il observe au ras de l'eau et soudain il plonge. Quand il remonte, c'est presque à chaque fois avec un ou deux petits poissons frétillants.

 

Après avoir utilisé les deux moitiés du bâton d'explosif, le bilan est bien maigre. A peine un kilo et demi de fritures et une vingtaine d'escargots d'eau. Pour autant, personne ne semble le remarquer. Leur pêche miraculeuse est là : un moment d'amusement, une sortie " à la rivière " avec de belles explosions, et puis la forêt et les rivières d'amazonie qui ont leur effet légèrement euphorisant même sur les gens qui y vivent.

 

  

 

 

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10 juillet 2007 2 10 /07 /juillet /2007 11:25
On m'a récemment fait remarquer qu'il manquait un petit outil de recherche dans ce blog.
L'oubli est réparé. Vous trouverez de quoi "googeliser" à souhait dans la colonne de droite en dessous de la rubrique "Archives".
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