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Jeune journaliste, j’essaie de pratiquer ce métier pour "raconter le monde" et donner à voir ce que l'on ignore parfois. « Le voyage ne commence pas au départ et ne finit pas au retour » écrit Kapuscinski dans Mes Voyages avec Hérodote. Pour expliquer la façon dont des gens que nous ne connaissons pas voient le monde et leur vie, il faut être près d’eux. En tentant de mieux comprendre leur point de vue on acceptera mieux la différence et peut-être verra-t-on qu’elle n’est pas si… différente ?

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Attention, Reportage et Photo déménage !
Vous êtes encore nombreux à venir visiter Reportage et Photo, pourtant cette adresse n'est plus mise à jour. Si vous souhaitez découvrir mes nouveaux articles je vous invite à venir les voir sur Reportageetphoto.fr. Vous êtes donc cordialement invité à venir y découvrir toujours plus d'analyses d'images, d'histoires de reportages et de documentaires multimédia à cette nouvelle adresse, plus pratique et plus belle.
- Antonin Sabot-Lechenet
24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 11:53

Le conflit israélo-palestinien est l'un des plus couverts médiatiquement au monde. Il n'y meurt pas une personne qui ne soit décomptée par une agence de presse. Je ne souhaite pas ici prendre parti pour l'une ou l'autre des forces en présence, mais vous présenter cette image très forte publiée dans l'International Herald Tribune daté de samedi-dimanche 11-12 août.

Elle présente un nouveau mur de séparation en construction, en plein milieu d'une autoroute. Ainsi la route (qui entoure Jérusalem Est), propose une voie pour les Israéliens et une voie pour les Palestiniens.


L'image qu'en tire Rina Castelnuovo est pleine de symboles.

palestine-mur-herald-tribune.jpg

Bien sûr, on voit le mur lui-même. En imitation de pierres de Jérusalem, il partage en deux aussi bien l'image que les terres (une notion fondamentale dans ce conflit).

Mais c'est aussi l'image de la route qui est très importante dans cette photographie. Souvent, de manière assez évidente, la route montre le chemin à suivre, elle contient un espoir et ouvre une perspective dans l'image. Si on place quelqu'un dans l'image, sur cette route, c'est pour représenter son mouvement (en plus de donner la dimension humaine du paysage). Ici la route semble ne pas aller bien loin et l'homme qu'on nous présente n'avance qu'à petit pas. Dans cette immense autoroute il a plus l'air de se perdre que de se diriger vers un avenir radieu.

Le fait que la route soit prise de face est important dans cette impression que cette route (toute rapprochement avec une certaine "feuille de route" n'étant pas exclu) ne mène nulle part. En effet, de cette manière, elle part tout droit dans l'image et semble s'y arrêter à mi-chemin. Dans l'image, le symbole est fort et sûrement pas involontaire, elle sépare deux territoire plus qu'elle ne relie un point à un autre (ce qui serait le cas par exemple si, prise de plus loin, elle se dirigeait vers un coin de l'image ou si elle atteignait l'horizon).

Et puis il y a tous ces petits chemins sur le bord de la route. On ne sait pas trop où il vont. Ils sont là, mais sont beaucoup moins facilement praticables et plus sinueux. Sinueux, peut-être comme le chemin de la paix et non pas droit comme une autoroute de séparation.


Rina Castelnuovo, International Herald Tribune daté samedi-diamnche 11-12 août 2007
Cette photographie est issue d'une parution de presse, sa diffusion ici l'est à titre d'information et d'explication sur sa signification. L'auteur de ce blog tient à marquer son attachement au droit d'auteur.

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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 00:35
Les plantations de bananes de la Martinique et de la Guadeloupe viennent d'être dévastées (à 100% pour la Martinique) par l'ouragan Dean.  Il faudra presque un an pour récolter à nouveaux ces fruits.

En effet la banane fonctionne un peu comme une mauvaise herbe. C'est-à-dire qu'elle ne vit qu'une année, elle donne toute sa force pour produire ses fruits et passe ensuite la main à la génération suivante.

Chaque bananier ne donne qu'un seul régime. Il peut alors être coupé, et un autre va pousser à ses pieds (ce qui fait que la culture de la banane prend beaucoup de place). Ce nouveau bananier donnera un régime après 9 à 12 mois suivant les espèces.

culture-banane-11.jpg

En Tanzanie, où la culture de la banane est vivrière, la récolte est échelonnée dans l'année (puisqu'il faut un régime par semaine pour une famille de taille moyenne).  J'imagine qu'en Martinique,  la culture est espacée dans l'année en fonction du climat et aussi pour ne pas inonder le marché  si  les cultivateurs  récoltaient tous en même temps.

Un problème se pose donc désormais: les agriculteurs de Martinique vont sûrement devoir espacer la repousse des bananiers pour ne pas récolter tous en même temps dans neuf mois et vendre à un prix dérisoire.
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19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 01:23

Un gamin dans la banlieue de Damanhur, dans le delta du Nil.

Fier de poser devant les nombreux immeubles en construction (voir Quand le delta deviendra rouge), il m'a fait penser au film de Nabil Ayouch, Ali Zaoua prince de la rue.

egypte-princedelarue.jpg

Lui, c'est mon petit prince de la rue à moi.

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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 11:01

Dans ses pages internationales, le journal Le Monde publie de plus en plus d'images accompagnées d'un court texte pour illustrer divers événements. Souvent ce sont des images qui proviennent d'endroit où il y a peu de journalistes, de correspondants, où il est difficile d'accéder.

L'Irak est un de ces lieux où il y a peu de journalistes occidentaux. Les photographies en particulier sont prises par des habitants du pays lui-même (puisqu'un photographe sera toujours plus exposé qu'un journaliste qui écrit, ce premier ne peut pas rester caché).



Cette "photo légendée" provient donc d'Irak. Son titre est Pèlerinage Chiite à Bagdad sous très haute surveillance. 
Pour montrer ce pèlerinage, le photographe, Wissam al-Okaili de l'AFP, a fait le choix intéressant d'une position en hauteur. Cela permet à la fois de mesurer la foule et de contextualiser l'événement : on voit les immeubles alentour et surtout les hauts murs de béton qui entourent la route.

A ces éléments qui montrent le pèlerinage en lui-même vient s'ajouter la deuxième partie du titre (et donc du message quand les choses sont bien faites) : la très haute surveillance. C'est là que le message devient un peu plus compliqué dans cette image, ou en tout cas qu'elle contient plus que son simple titre.

Ce qui représente la surveillance, c'est une grosse mitrailleuse au premier plan. Très proche du photographe (et donc de nous), elle est un peu floue. Elle bouche près d'un tiers de l'image ce qui au niveau de la composition est judicieux et évident, on fait forcément le lien entre cette arme et la foule en marche (d'autant plus que le canon pointe vers cette foule, par les jeux de l'optique, il est presque posé sur elle). Mais ici, ce qui représente la surveillance pourrait presque aussi bien représenter le danger.

Bien sûr, s'il y a surveillance, c'est qu'il y a un danger quelque part. Mais comment être sûr, à propos de cette mitraileuse au premier plan, avec son gros tas de balles floues mais chargées, enclenchées, qu'elle n'est pas elle-même le danger. Sa position serait idéale.

Ainsi cette image va plus loin que si elle avait été prise du sol par exemple. Même avec un soldat portant une arme, elle aurait sûrement eu l'air moins dangereuse que cette mittrailleuse "posée" sur ces gens qui ne s'en rendent même pas compte. Le photographe montre tout le risque qui pèse sur ces pèlerins... comme une mitrailleuse au dessus de leur tête.


Wissam al-Okaili / AFP, Le Monde daté samedi 11 août 2007
Cette photographie est issue d'une parution de presse, sa diffusion ici l'est à titre d'information et d'explication sur sa signification. L'auteur de ce blog tient à marquer son attachement au droit d'auteur.

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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 02:41

De jeunes enfants de l'association Partage Tanzanie, principalement des Hayas du Nord Ouest de la Tanzanie, se préparent a effectuer la danse traditionnelle de leur ethnie.

tanzanie-danse-10.jpg

Dans un pays ou la colonisation a très fortement frappé la culture traditionnelle, cette pratique leur donne quelque chose à quoi se raccrocher.

Les enfants du groupe sont très fiers de danser comme leurs ancêtres et de représenter leurs familles.

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11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 13:35

Il y a deux jours, le département du Doubs a connu de nouvelles inondations. En plein mois d'août, il y a de quoi faire des mécontents. 

Les chaînes nationales d'informations TV, pauvres en sujets durant l'été ce sont donc rendues sur place pour nous présenter l'habituelle "étendue des dégâts" sur fond de personnes qui pleurent leur frigo innondé.

Il ne s'agit pas de dire que ce n'est pas grave ou que ces gens n'ont pas de raison de se plaindre. Mais des éléments similaires datant d'il y a quelques semaines montrent que l'ont peut traiter journalistiquement ces événements d'une autre manière.

Mi-juillet, l'Angleterre a connu ses plus grosses inondations depuis 60 ans. Bien sûr la TV en a tiré de nombreux sujets, les chaînes françaises aussi en ont beaucoup parlé.
Le flegme des britanniques en action avait de quoi étonner. Jamais n'a-t-on vu Mrs Smith pleurer devant son téléviseur inondé. On a même eu droit à une dame fêtant son anniversaire avec ses amis, les pieds dans l'eau.

Il a même fallu que les Councils distribuent ce genre de tracts pour demander aux enfants d'arrêter de jouer dans l'eau :

innondations-01.jpg



innondations-02.jpg





















Pourtant les Anglais n'ont pas attendu que les inondations passent sans rien dire. Les médias ont même fait état d'un certain énervement de la part des britanniques touchés. Mais pas de lamentations au ciel ou de fatalisme accablé. Le ton adopté par les télés anglaises était clair : elles questionnaient politiquement le gouvernement, sur des mesures précises et des décisions antérieures aux inondations. Du travail de journaliste et pas d'illustration en quelque sorte.

innondations-03.jpg


A voir : un sujet de Sky News assez représentatif du traitement anglais des inondations .

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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 17:27

L'Iran pratique la peine de mort par pendaison, en public. Ces trois images proviennent de l'édition du 3 août de l'International Herald Tribune.
Elles montrent des exécutions dans 2 lieux différents Elles on été prises par trois photographes d'agence : Halabisaz d'Associated Press, Vahid Salemi d'Associated Press et Raheb Homavandi de Reuters. Ce sont probablement des photographes iraniens, correspondant de ces deux agences.

iran-herald-trbune-01.jpg

Ces photos sont tout d'abord intéressantes car elles ne sont accompagnées que d'un petit texte. Elles n'illustrent pas un article, elles sont l'article.

Pourtant, seule une des photos montre les condamnés. Et encore, par respect sûrement, elle ne montre pas leur visage. Ceci a pour effet de donner un caractère général à cette image : ce n'est pas l'exécution d'une personne en particulier que l'on nous montre, mais une exécution comme il s'en déroule de plus en plus dans ce pays. 

L'autre point intéressant (encore plus que le premier) est l'attention portée au public. Ce sont des exécutions qui se déroulent sur des places publiques, où chacun peut venir. Ce public qui vient observer la mort des gens (presque comme nous qui voyons ces images d'ailleurs) intéresse les photographes
Il les intéresse tout d'abord par un jeu de miroir. Ces gens qui viennent assister à une exécution revoient un peu le photographe devant son rôle d'observateur: pourquoi lui pourrait-il assister à cela comme observateur neutre et pas le reste du public? Ils font aussi office de miroir qui nous montre la scène sans nous la montrer vraiment. Pudiquement ou cyniquement, la limite est floue, nous ne voyons pas une exécution, mais des gens qui en voient une.


La seconde photo de la série est la plus symbolique :

iran-herald-trbune-02.jpg



Elle montre des bras qui se lèvent dans la foule du public pour photographier l'exécution
Prendre en photo ce genre d'événement n'est pas nouveau. Les blancs américains aimaient se faire prendre en photo à côté des condamnés à la pendaison et même à côté des cadavres des noirs lynchés par le Ku Klux Klan. Mais désormais la technologie facilite la tâche aux apprentis photographes. Les appareils numériques, voire les téléphones portables bénéficiant de la fonction photo, font que cette capture de l'événement marquant est immédiate.

Les images de l'exécution sont prêtes à circuler sur les blogs des uns et les téléphones mobiles des autres. Plus besoin du journal pour faire vivre cet événement à ses proches et amis, le spectateur se transforme en acteur de l'information, pour le meilleur et pour le pire.

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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 12:34

 

« La fièvre de mon pays c'est la malaria, la fièvre de mon pays c'est l'inflation, la fièvre de mon pays c'est le manque de liberté » chantait Fela Kuti dans son album Yellow Fever. Dix ans après la mort de l'artiste-prophète, le 2 août 1997 à cause du sida, ses mots sonnent encore affreusement juste.

Fela-Kuti-black-president-02.jpgPochette du disque Black President

Fela Anikulapo Kuti, saxophoniste et chanteur, a initié le mouvement musical de l'afrobeat
, une fusion entre les mélodies du jazz, et de la funk et les rythmiques africaines. Musicalement, une révolution avec pas moins de 25 albums à son actif. Mais Fela Kuti ne s'est pas contenté de révéler la musique africaine à l'occident (à l'Amérique notamment où il a passé quelques années), il a aussi été un véritable activiste politique.

Dans ses actes et ses chansons, il n'a cessé de lutter pour la justice, contre la corruption des régimes militaires dictatoriaux africains. A Lagos, la capitale du Nigeria, il créa une république indépendante dans sa maison : la Kalakuta Republic, faisant beaucoup d'émules qui le rejoignirent.


Dans ses chansons, Fela est virulent et sarcastique. Ainsi la chanson Zombie où ils s'en prend aux militaires africains. Les traitant de zombies qui "ne parlent pas si tu ne leur demande pas de parler, qui ne pensent pas si tu ne leur demande pas de penser". "Dis-lui de tuer et il tue, dis- lui de marcher droit et il marche droit".


Extrait de Zombie par Fela Kuti

Cette chanson lui valut "l'invasion" de la Kalakuta Republic par les militaires Nigérians et un passage à tabac. Mais Fela Anikulapo (celui qui porte la mort dans un sac) Kuti ne se démonte pas et répond à la violence par les mots dans la chanson Unknown Soldier.

Politique, il dénonce les affres des systèmes politiques africains, entretenues à la fois par les polticiens noirs que par les néo-colonialistes "sorciers blancs" qui pillent les richesses du continent. Dans la chanson I.T.T. (pour International Thieves) il explique leur façon d'agir : "Ils se font les amis des journalistes, les amis des membres des commissions, amis des secrétaires d'Etats, amis des ministres et puis ils commencent à voler à l'argent. Ils commencent à voler, à faire de l'inflation, de la corruption..."

Extrait de I.T.T. de Fela Kuti



Fela a été l'espoir d'un pays, le Nigéria. Il a aussi été le leader incontesté d'un mouvement musical innovateur et qui continue aujourd'hui à vivre en référence à lui. Aujourd'hui ce sont les propres fils de Fela, Femi et Seun, qui ont repris le flambeau de l'afrobeat et son message.

Fela-Kuti-black-president-01.jpg
Visuel extrait du disque Black President



A écouter : Black President, une compilation des meilleures chansons de Fela.
                 Shoki Shoki, un des meilleurs disques de son fils Femi.

A visiter : Le site Fela project

A voir : Le film de Stephane Tchal-Tadgieff, où Fela annonce qu'il va devenir président du Nigéria (sur Youtube en 6 parties)

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Published by Antonin Sabot-Lechenet - dans C pas d'la confiture - C d'la culture !
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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 08:41
Le hip-hop contre l'empire...
S'il pouvait encore changer quelque chose...


Equateur-hiphop.jpg

Les jeunes Equatoriens ont au moins le mérite d'afficher la couleur.
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Published by Antonin Sabot-Lechenet - dans Humeur et poésie
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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 19:31
polenord.jpg



C'est venu d'un coup. En voyant les bathyscaphes russes planter un drapeau au fond de l'océan Arctique. Et surtout en entendant l'explication de cette revendication. Le sous-sol contiendrait des millions de tonnes de pétrole. Alors j'ai griffoné sur mon agenda "Penser à revendiquer le Pôle Nord".


De quel  droit une Nation revendiquerait-elle cette terre sans hommes ? Au nom de la géologie ? Parcequ'elle serait la continuation de son territoire ?

Il faudrait pour cela que la Terre nous appartienne, que les terres mêmes d'un pays lui appartiennent réellement et que l'utilisation des ressources d'un endroit du globe n'affecte pas la vie d'autres hommes, maintenant ou dans 100 ans.

Avec cette revendication (qu'elle soit russe, canadienne ou américaine, peut-importe) j'ai l'impression qu'on me vole un bout de ma Terre. Qu'une partie de ce qui n'était à personne, et donc à tout le monde, s'apprête à partir. J'ai mal à ma Terre.

La perspective de voir cet espace utilisé à des fins purement commerciales m'effraie encore plus. Ici plus qu'ailleurs l'exploitation du sol apparaît comme une saignée. C'est comme si une bande de marchands me disait : "Nulle part tu n'es à l'abri, je peux prendre ce que je veux et le vendre à qui je souhaite. Je peux te déposséder de ton ADN, de ta planète... de tes rêves."

Alors, au nom de l'humanité, je revendique le Pôle Nord! 

Je le revendique pour ne rien  en faire. Je le revendique pour ne surtout pas l'exploiter. Je le revendique pour le laisser à la glace, aux ours ou aux pingouins. Je le revendique pour qu'il n'appartienne à personne, puisque je ne suis personne. Je le revendique pour qu'il soit vraiment à tout le monde. Je le revendique pour qu'au moins un bout de la planète ne soit pas une usine. Je le revendique pour que mes enfants sachent que j'ai essayé de faire quelque chose de plus qu'éteindre la lumière en partant. Je le revendique pour continuer à rêver un petit peu. Je le revendique pour le léguer à ma petite soeur, pour qu'elle le lègue à son ours en peluche. Je le revendique car tout le monde sait que je ne l'aurai pas et que c'est le seul moyen de ne pas le détruire.

Faites comme moi! Revendiquez le Pôle Nord! Envoyez des messages aux agences internationales de l'environnement, aux associations, aux partis politiques, à tous ceux qui ne possèdent pas encore un bout de Pôle Nord. Rajoutez des raisons de le revendiquer. Si nous avons chacun un bout d'Arctique, aucun de nous ne pourra rien en faire et c'est encore ce qu'il y a de mieux à faire avec.

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