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Qui parle?

Jeune journaliste, j’essaie de pratiquer ce métier pour "raconter le monde" et donner à voir ce que l'on ignore parfois. « Le voyage ne commence pas au départ et ne finit pas au retour » écrit Kapuscinski dans Mes Voyages avec Hérodote. Pour expliquer la façon dont des gens que nous ne connaissons pas voient le monde et leur vie, il faut être près d’eux. En tentant de mieux comprendre leur point de vue on acceptera mieux la différence et peut-être verra-t-on qu’elle n’est pas si… différente ?

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Attention, Reportage et Photo déménage !
Vous êtes encore nombreux à venir visiter Reportage et Photo, pourtant cette adresse n'est plus mise à jour. Si vous souhaitez découvrir mes nouveaux articles je vous invite à venir les voir sur Reportageetphoto.fr. Vous êtes donc cordialement invité à venir y découvrir toujours plus d'analyses d'images, d'histoires de reportages et de documentaires multimédia à cette nouvelle adresse, plus pratique et plus belle.
- Antonin Sabot-Lechenet
13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 00:17

Jean Hatzfeld vient d'obtenir le prix Médicis 2007 pour son dernier ouvrage sur le Rwanda, La Stratégie des antilopes

Que dire sinon de vous conseiller de lire ce livre? Dans La Startégie des antilopes, Hatzfeld parle une troisième fois du Rwanda. Après Dans le nu de la vie où il  donnait la parole aux victimes tutsies du génocide de 1994 et  Une Saison de machette où il faisait parler les génocidaires, La Stratégie des antilopes parle du retour des de ceux qui ont tués dans leur village, aux côtés des rescapés.

Jean Hatzfeld, La Stratégie des antilopes



Il dit l'impossible réconciliation, l'impossible pardon alors que la politique impose le retour de ceux qui ont massacré. Il dit aussi l'incroyable honte de ceux qui ont du adopter la stratégie des antilopes, courrir en zig-zag, pour échapper aux machettes de leurs voisins.

Ce livre est bouleversant.

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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 10:00

Il y a environ trois semaine paraissait la nouvelle formule du quotidien Libération. Combien de mécontents, d'amoureux déçus? Beaucoup sûrement pensent qu'il n'y a, dans ce journal, plus de quoi se mettre sous la dent.

Sous la dent peut-être, mais sous les yeux si! Tous les jours désormais, on a droit à une magnifique photo en double page. Cela reste du papier journal, avec une impression qui ne vaut pas un magazine, mais rien que pour ça, cela vaut le coup de jeter un oeil à Libé.

lib---double.jpg

Encore une fois Libération affirme qu'un journal sans photo ne vaut pas grand'chose. Et surtout, ce journal continue à proposer des images qui ne sont pas de simples illustrations, mais bien des photos qui ont un sens, qui font toucher certaines réalités du doigt. Des images qui allie le fond et le forme car elles sont l'oeuvre de véritables photojournalistes.

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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 09:26

Ce n'est pas du haut d'un arbre que Luis contemple le monde qui l'entoure, mais bien du haut d'un immeuble. Drôle d'endroit pour un chamane shuar, en jean mais avec sa coiffe traditionnelle. La ville de Puyo borde la forêt... mais elle en est tellement loin. Rien ne rappelle ici le monde magique des grands arbres et des esprits amazoniens.

Drôle d'endroit pour un chamane shuarPuyo, Equateur, 2006

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10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 19:00

La récente affaire de l'Arche de Zoé va plus loin qu'une simple aventure de pieds-nickelés. Elle est révélatrice d'une partie des rapports entre l'Afrique et l'Occident.

 

Ingérence et respect des populations ne font pas toujours bon ménage. L'affaire de l'Arche de Zoé permet d'éclairer les rapport parfois conflictuels entre les Africains et humanitaires ou médecins qui veulent parfois leur venir en aide. Une affaire qui rappelle celle des « infirmières bulgares ».

La première interrogation vient de la motivation même des membres de l'Arche. A les entendre parler dans les vidéos réalisées par Marc Garmirian (un des journalistes présents avec eux), il s'agit d'une ingérence délibérée. L'occidental a souvent dit l'Africain qu'il n'était pas capable de gérer lui-même ses ressources. Ce qui lui permettait de les exploiter à sa place. Il lui a aussi dit qu'il n'était pas capable de savoir ce qui était bon pour lui, ce qui a fait qu'il choisissait à sa place ses dirigeants. Avec cette affaire, les membres de l'Arche de Zoé disent aux Africains « vous ne savez pas vous occuper de vos propres enfants ». Finalement, il apparaît que ces enfants ne sont ni orphelins ni Soudanais (donc pas victimes directes du conflit au Darfour), ainsi l'ingérence éducative pourrait s'appliquer à n'importe quelle autre partie d'Afrique où les enfants vivent mal (et il y en a beaucoup). 

Toute aide doit être réfléchie longuement lorsqu'elle est apportée à quelqu'un dont la culture est différente

Peu après l'arrestation au Tchad des membres de l'Arche de Zoé pour enlèvement d'enfants, le Président tchadien Idryss Déby les a accusé de « trafic d'enfant », et de « trafic d'organes ». Des accusations qui nous semblent exagérées, voire carrément loufoques. Pour beaucoup, le président tchadien instrumentalise l'affaire à des fins intérieures, et les manifestations de la population à Abéché et à N'Djamena le prouvent.

 

Mais cette rumeur, très vite acceptée par la rue, ne sort pas ex nihilo du cerveau d'un dirigeant cynique. Si elle est acceptée par les Tchadiens, c'est qu'il y a des précédents. L'histoire africaine est riche de cas de médecins blancs inoculant des virus à des noirs. Parfois il a s'agit de tests délibéremment monstrueux en vue de tester des poisons ou des vaccins pas encore prêts. Parfois il s'agit de campagnes de vaccinaition qui tournent mal.

Dans tous les cas, le résultat est catastrophique. Les sociétés qui s'appuient sur la confiance orale laissent aussi une grande place à la rumeur. A chaque fois qu'un tel scandale a lieu, les difficultés à soigner les populations augmentent. Le Congo a déjà réagit à l'affaire en interdiant l'adoption. 

Oui les accusations de trafic d'organes sont fausses. Mais prendre simplement les craintes des populations pour des élucubrations et les repousser sans plus d'arguments équivaut à les éloigner un peu plus des véritables aides qui peuvent leur être apportées.


A lire aussi:
Un article de l'International Herald Tribune sur les expériences désastreuses de la médecine occidentale en Afrique, suite à l'affaire des infirmières bulgares (en anglais). 
Article : Pourquoi ils ne pouvaient pas les adopter

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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 22:28


Un peu comme pour la Birmanie, on dispose de relativement peu de photographies des récentes manifestations au Pakistan. 

La situation n'est tout de même pas la même et de nombreuses agences disposent de photographes sur place. C'est le cas de l'AFP, avec Arif Ali qui a pris cette très bonne image.

La photo de presse joue parfois sur la répétition d'images déjà connues pour faire de l'effet. A première vue, c'est sur ce ressort que tire cette image. Un individu y renvoit une grenade de gaz lacrymogène. Il a un bras tendu, l'autre revient le long du corps et une fumerolle montre le trajet retour de la grenade. Au fond on croit avoir vu cette image des centaines de fois. En Palestine, à Gènes ou pendant le CPE, on pourrait voir la même scène. 



Mais en y regardant de plus près, et c'est une partie de l'étonnement que produit cette image, elle a vraiment quelque chose de nouveau. En effet, ce n'est pas un jeune encagoulé ou portant un keffier qui ose ce geste de défi envers les forces de l'ordre. Ce n'est pas un Pakistanais pachtoune des "zones tribales" ni même un commerçant du marché populaire de Karachi. C'est un homme en costume cravate, un avocat.

L'image va plus loin que ce qu'elle montre. Elle révèle un caractère fondamental de la révolte qui agite le Pakistan et qui n'est pas forcément explicité par les articles de presse : c'est une révolution menée par des membres du système judiciaire, et d'une classe sociale assez privilégiée. Les Pakistanais qui se battent en ce moment le font pour le droit et la démocratie, sur la base d'arguments juridiques. Dans un pays tiraillé entre la dictature militaire, l'islamisme et les pouvoirs tribaux, ce détail à de l'importance.


Arif Ali/AFP, publiée dans l'International Herald Tribune le mardi 6 novembre.
Cette photographie est issue d'une parution de presse, sa diffusion ici l'est à titre d'information et d'explication sur sa signification. L'auteur de ce blog tient à marquer son attachement au droit d'auteur.

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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 22:09
Reportage effectué dans le cadre d'une session radio au CFJ

Lundi dernier, rue de la Banque à Paris.
Une centaine de familles campent à même le trottoir. La grande majorité des occupants a un travail, mais peine à trouver un logement dans la région parisienne. Travailleurs pauvres, ils sont des "mal-logés". Deux jours plus tard, ils seront expulsés au prétexte qu'ils entravent la circulation.





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4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 09:05
Si les Kenyans sont connus pour savoir courrir (il n'y a qu'à voir leurs performances aux championnats du Monde au Japon), les Tanzaniens eux sont connus pour savoir chanter. Toute l'Afrique de l'est leur envie ce don.
Alors il n'y a pas de mystère si on croise souvent chants et danses aux abords de leurs écoles.


Chants hayas...Région de la Kagera, 2004
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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 21:03

L’adoption internationale est régie par des règles strictes mais aussi par un certains nombre de pratiques acquises par l’expérience. Dans tous les cas, une adoption doit se faire dans "l’intérêt supérieur de l’enfant ".

Depuis le début de l’affaire de l’Arche de Zoé, les associations d’adoption expliquent clairement qu’on n’adopte pas d’enfants en zone de conflit. Ce n’est pas une loi, mais un constat forgé par la pratique et par de précedentes expériences douloureuses.

La première explication est qu’il est difficile, dans de telles zones, de déterminer si un enfant est bel et bien orphelin. La terminologie adoptée est celle "d’enfant non-accompagné" car on ne peut pas savoir s’il n’est pas simplement séparé momentanément de ses proches.

Les horreurs affrontées par les enfants dans ces périodes sont aussi une raison de ne pas les adopter. Pour leur bien être mais aussi pour celui des adoptants. De tels traumatismes nécessitent une prise en charge adaptée et de réelles thérapies qui sont souvent plus efficaces quand elles sont menées sur place.

Si la loi ne parle pas spécifiquement de l’adoption en zone de conflit, il existe plusieurs textes sur l’adoption internationale. Elle est tout d’abord encadrée par la Convention de La Haye de 1993. Elle permet d’unifier les procédures et de passer soit par des  Organismes autorisés pour l’adoption reconnus, soit de manière privée, à chaque fois en obtenant un agrément (délivré en France par les Conseils généraux).

Mais le Soudan et le Tchad ne sont pas signataires de ce traité. La loi française du 6 février 2001 prévoit alors que les lois qui s’appliquent sont celles du pays de l’enfant.

Dans le cas de l’Arche de Zoé, la situation est simple puisque le Soudan, comme de nombreux pays de droit musulman, ne reconnaît pas l’adoption. Si les enfants que les membres de l’association voulaient ramener sont Soudanais, ils ne sont donc pas adoptables. En revanche, s’ils sont Tchadiens comme le pense l’Unicef, c’est la raison humanitaire de l’association qui s’effondre.

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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 22:16
Pas un vrai "disque du vendredi soir" aujourd'hui, mais on reste dans la musique avec une sorte d'aveu. "Chronique musicale" pour CFJ Radio. Pour comprendre, je vous laisse mettre en route le lecteur de musique... 



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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 08:45
Quito est pleine de ces petits magasins de jus de fruit. On s'y arrête un instant et on s'y délecte de jus pressés ou mixés frais... très frais.

Quito, Equateur, 2006 Quito, Equateur, 2006
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