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Jeune journaliste, j’essaie de pratiquer ce métier pour "raconter le monde" et donner à voir ce que l'on ignore parfois. « Le voyage ne commence pas au départ et ne finit pas au retour » écrit Kapuscinski dans Mes Voyages avec Hérodote. Pour expliquer la façon dont des gens que nous ne connaissons pas voient le monde et leur vie, il faut être près d’eux. En tentant de mieux comprendre leur point de vue on acceptera mieux la différence et peut-être verra-t-on qu’elle n’est pas si… différente ?

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Attention, Reportage et Photo déménage !
Vous êtes encore nombreux à venir visiter Reportage et Photo, pourtant cette adresse n'est plus mise à jour. Si vous souhaitez découvrir mes nouveaux articles je vous invite à venir les voir sur Reportageetphoto.fr. Vous êtes donc cordialement invité à venir y découvrir toujours plus d'analyses d'images, d'histoires de reportages et de documentaires multimédia à cette nouvelle adresse, plus pratique et plus belle.
- Antonin Sabot-Lechenet
20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 19:42
Campagne électorale oblige, l'administration américaine est encline à l'optimisme en ce qui concerne l'Irak. Des représentants du gouvernement américain pérorent sur ce qu'ils voient comme le succès de la dernière tactique de l'armée : "the surge", la tentative de sécuriser une zone particulière de la capitale en envoyant un surplus de soldats avant un retrait progressif du contingent. Ce qui leur permet cet otpimisme? Près de 30.000 Irakiens réfugiés en Syrie auraient repris le chemin de leur pays natal.

Du coup, les images de la guerre se permettent elles aussi une certaine dose d'optimisme: le Time publie ainsi cette photo prise par Thomas Dworzak de l'agence Magnum.

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"Friendly faces An American soldier stops to chat at a restaurant (c)Thomas Dworzak/Magnum 

Surprise ! Elle représente un soldat américain, tout sourire dans un restaurant. On en sait pas beaucoup sur ce restaurant, sûrement situé dans la fameuse "zone verte" sur laquelle les efforts américains se concentrent à Baghdad. Construit en simple tôle ondulée, il pourrait même s'agir d'un dépôt américain, qui sait. Reste que ce sourire est symbolique et fort inhabituel dans une image de la guerre d'Irak.

Le lecteur distrait se laisserait presque convaincre par ce "boy" joyeux... Il aurait tort et l'article de Bobby Ghosh qui accompagne la photo de Thomas Dworzak le lui prouverait.

En quatre points, il bat en brèche les lueurs d'optimisme allumées par l'administration Bush : en Irak les responsables des massacres intercommunautaires sont toujours en liberté, les milices sunnites ne sont pas intégrées aux forces régulières, l'Etat est corrompu et aucun leadership politique ne semble vouloir se dessiner. En quatre points, l'article de Bob Ghosh met en doute le sourire d'une photo et remplace l'espoir par le doute.



Thomas Dworzak/Magnum pour TIME daté du 24 décembre.
Cette photographie est issue d'un parution de presse, sa diffusion ici l'est à titre d'information et d'explication sur sa signification. L'auteur de ce blog tient à marquer son attachement au droit d'auteur.

A lire aussi : Un autre "inside the picture" consacré à une photo de soldats en Irak

nétiquettes : analyse Irak photojournalisme
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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 11:59

 

 

De  la capitale de l'Equateur, Quito, à la ville de Puyo, on change de contrée. On passe de la Cordillière  à  l'Amazonie. Des hauts plateaux  arides  aux plaines tropicales aux arbres de quarante mètres. Le voyage et le mouvement qu'il implique sont quelque chose de passionnant, d'intéressant à capter.

Pourtant, ses images qui souvent ne sont pas partie intégrante du reportage, le photographe les garde pour lui. Parfois il les montre à ses proches, mais elles ne sortent pas d'un cercle restreint... même si elles sont réussies.

Alors pour une fois, en guise d'exercice, mais aussi parcequ'elles peuvent être intéressantes, en voici une sélection. Montées en une courte vidéo, elles illustrent le passage de Quito à Puyo.


Video: De Quito à Puyo
J'ai passé plusieurs jours à faire des tests de formats vidéo et de lecteurs intégrés. Pour le moment c'est le meilleur résultat taille/qualité que j'aie trouvé... En quelque sorte, ce diaporama n'est qu'un test, mais un test qui nous approche encore un peu du fameux "reportage multimédia", dont je vous parle depuis quelques temps.


nétiquettes : photoreportage multimedia Equateur
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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 08:52
Un jeune indien de la région de Morona Santiago, en Equateur, part à la ville. Tout étonné, il semble prendre le bus pour la première fois de sa vie. Il ne décolle pas la tête de la vitre et ne rate pas un morceau de ce paysage qui défile devant lui : des arbres, des arbres et encore des arbres.


Province de Morona Santiago, Equateur, 2006
Province de Morona Santiago, Equateur, 2006
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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 10:23
Le 25 décembre, la rotative du journal La Tribune-Le Progrès sera livrée aux ferrailleurs. La moitié des techniciens partira en retraite anticipée, les autres iront travailler en banlieue lyonnaise.



Tous ont ce même regard dans le vide. Un air désabusé avec parfois une moue résignée. Les 74 techniciens de La Tribune-Le Progrès, quotidien du département de la Loire, savent que la moitié d'entre eux partira d'ici la fin de l'année. Depuis juillet, les choses sont fixées. Dès lors, la résignation règne dans les couloirs du 25 rue de la Robotique à Saint-Etienne, siège de la rédaction et centre d'impression du journal.

 

Vers minuit ce samedi de début décembre, la rotative du journal commence à tourner. Dans cinq heures, elle aura couché sur papier le travail de toute la rédaction. Cent trente mille exemplaires pour cinq éditions différentes. On l'entend dans tout le bâtiment bien sûr, comme un train qui passe au loin, ou un avion qui se chauffe les moteurs avant de décoller. On la sent même vibrer sur le plateau où travaillent encore quelques monteurs, chargés de la mise en page. La machine, qui avale encore jusqu'à 28 tonnes de papier par jour pour que le journal paraisse, cessera de fonctionner le 25 décembre. La Tribune-Le Progrès, le seul quotidien de la Loire, ne sera plus imprimé à Saint-Etienne, mais d'un centre d'impression moderne en banlieue lyonnaise.



Le regard dans le vague est la première réponse quand on parle du départ de la machine. La fermeture de l'imprimerie, ça fait dix ans qu'elle pend comme une épée de Damoclès sur le journal, explique le délégué syndical CGT des imprimeurs Roger Chantre. Le Plan de modernisation social (PMS), destiné à aider à la restructuration de toute la presse française, s'appliquera au journal. Comme dans de nombreux titres de presse en France, une grande partie des effectifs techniques va quitter l'entreprise. Aidés par l'Etat, « ceux-là ne sont pas les plus à plaindre » explique Roger Chantre, ils continueront à toucher 80% de leur salaire jusqu'à leur retraite. Un plan « nécessaire » selon le syndicaliste, « sinon on allait droit dans le mur avec licenciements secs à la clef ».

                         

Hasard du calendrier, le journal du matin titrait sur le dernier char Leclerc fabriqué dans la région. Les entreprises Giat, dernier reliquat de l'industrie des armes dans la région, ferment. Tout comme le verrier Duralex l'an dernier et cet été, les Houillières de bassin Centre Midi. Les techniciens de La Tribune se sentent pris dans un mouvement qui les dépasse. « C'est partout comme ça » souffle un des responsables de l'expédition. Il regarde certains des ouvriers qui haussent les épaules. « Ils ont déjà démonté une des lignes sur lesquelles ont travaille pour la transférer à Lyon. Du coup ça fait plus de boulot pour le moment pour les CDD ». Pour le moment seulement, car les employés en contrat à durée déterminée ne sont pas pris en compte dans les objectifs de reclassement.


« Ce qu'ils vont faire? S'inscrire en boîte d'intérim... ils seront prioritaires » explique le responsable de l'expédition. « Sauf que s'il y a sureffectif, on ne travaillera jamais. Et il faudra aller à Lyon aussi » note tout bas l'une des employées, un peu à l'écart.


A 54 ans je fais quoi ?

Les CDD sont bien sûr ceux pour qui la transition va être la plus dure. Certains ont plus de 52 ans et auraient bénéficié des mesures du PMS s'ils avaient été embauchés. Mais les réaménagements, sous une forme ou une autre étaient prévus depuis longtemps; alors La Tribune-Le Progrès et le groupe Ebra qui possède le quotidien depuis février 2006 (racheté à la Socpresse qui l'avait lui-même acheté à Hersant) les emploie depuis plusieurs années en contrat de courte durée.


Gilles par exemple travaille au flashage de manière très régulière depuis 5 ans déjà: seul dans une grande pièce à la lumière jaune, il insole des plaques de fer qui serviront à retenir l'encre pour imprimer les journaux. Son premier CDD dans l'entreprise remonte à 1977. « Ils m'ont dit que ça ne comptait pas dans le calcul de l'ancienneté, se plaint-il. Alors de toute façon le 25 décembre... paf! Même pas merci. » De la jambe, il figure le coup de pied au fesse que va lui envoyer son employeur. « A 54 ans, je risque pas de trouver grand'chose, je sais que pour moi ça va être le RMI jusqu'à la retraite ».

Le-progr--s-03.jpg

A l'imprimerie, on se résout tant bien que mal au déménagement. André, chef d'équipe, regarde la vieille rotative Goss, elle tient sa place depuis trente ans : « Bientôt ils vont la découper en morceau. Elle aurait bien fait quelques années de plus. Celles du nouveau centre sont plus grandes, mais elles ne tiendront pas aussi longtemps. » Les hommes eux feront les trajets. Cent quarante kilomètres par jour. Il faudra aussi d'adapter aux nouvelles équipes, réduites, et aux nouvelles fonctions.


Vers trois heures du matin, les rotativistes vont manger un bout au réfectoire. Comme dans toutes les cantines stéphanoises, on parle football. Au bout d'un moment, ils finissent bien par aborder l'après 25 décembre. Dans le fond, s'ils sont nostalgiques de leur rotative, ils ne se font pas trop de soucis pour leur prochain emploi. Nombre d'entre eux sont déjà allés suivre les premières formations nécessaires dans le nouveau centre d'impression. Ils ont déjà repéré « ceux qui ont l'air sympa », disent-ils.


Du côté des conditions de travail, elles seront à peu près semblables. Comprendre toujours aussi difficiles : de nuit toute l'année, dans le bruit et les poussières de papier et d'encre sur le visage, dans les yeux et la bouche qui font que l'on a toujours soif quand on va passer un moment avec eux. L'essentiel est préservé : « On garde notre métier » soulignent les syndicats.


Devenir journaliste

Les monteurs qui mettent en page le journal devront eux en changer de travail. Le départ de la rotative s'accompagne de nouvelles techniques de mise en page qui rendent leur poste obsolète. Certains ont commencé à monter les pages à la main, ils ont ensuite connu la révolution de l’informatique. Aujourd’hui, un autre bouleversement les attend. En face du réfectoire où mangent les « rotos », un petit couloir mène à la rédaction et au plateau ouvert où ils travaillent. A cette heure, ils sont déjà tous partis.


Quelques heures plus tôt, certains d'entre eux discutaient des possibilités de reclassement qui leur sont proposées. « Qu'est-ce que tu y a compris toi à la réunion? Pour moi y'a encore une zone de flou... - Ben ça sera à l'ancienneté et après ça sera au concours... si t'es le meilleur. » La moitié partira l'an prochain en PMS, les autres deviendront journalistes, infographistes ou travailleront au service promotion du journal. Leur passage d'un poste à l'autre s'effectuera sur concours.  « T'es sûr? J'ai pas vraiment compris ça moi. Et puis j'ai commencé à en faire des tests. Des QCM. Des fois t'as 15, t'es content. Le coup d'après t'as 9. C'est la roulette. Au petit bonheur. » De la main il fait mine de mettre une pièce dans une machine à sous puis de tirer sur son bras imaginaire. « Et puis y a la philosophie du truc... un concours » souffle son collègue. Enervé l'un conclut : « Toute notre vie on a été techniciens. Et puis maintenant il faudrait devenir journalistes ? D'accord, il y a l'ambition de faire quelque chose mais après ... pff... »


Quatre heures. C'est la dernière ligne droite pour les gars des rotos. La dernière édition sortira dans à peu près une heure. Les machines sont assez bien réglées pour que le travail soit plus tranquille. Un peu à l'abri du bruit, derrière les vitres du poste de contrôle, Daniel, un grand en salopette bleue, jette un dernier regard aux nouvelles grilles de salaires qui vont leur être appliquées. Jusqu'à présent ils gagnaient en moyenne 2.500 euros par mois. Ceux qui partent vont donc être rémunérés près de 2.000 euros pour rester chez eux, à 45% par l'entreprise et à 55% par l'Etat.


« Il y a deux ans, on aurait pu sauver le centre d'impression de Saint-Etienne en le modernisant » assure Roger Chantre. Le groupe Le Progrès avait acheté trois rotatives allemandes. L'une d'entre elle était promise à Saint-Etienne. Pour 2,5 millions d'euros, en partie sur aide de l'Etat, un immense hangar a même été ajouté au bâtiment existant. Il devait accueillir une belle Heidelberg à six millions d'euros, tournant à 80.000 journaux par heure (contre 40.000 pour la rotative actuelle) qui n'est jamais arrivée. Le PMS lui coûtera 22 millions au groupe Ebra qui a racheté Le Progrès l'an dernier et autant à l'Etat.



nétiquettes : reportage Saint-Etienne media
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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 23:01
Bonsoir, 

Depuis quelques temps, j'ai l'impression de ne pas vous avoir proposé grand chose de bien  neuf sur Reportage et Photo.

De la photo peut-être un peu, avec quelques analyses d'images... mais des reportages? Pas vraiment. Et c'est pour ça que j'écris ce petit post (et surtout que je dis "je", alors que d'ordinaire j'essaie d'éviter).

Je tiens à vous dire que je suis désolé de ce peu de contenu "propre" ces derniers temps. Les raisons sont nombreuses, certaines sont plutôt positives, d'autres moins.

Au rayon des raisons positives, il y a d'abord des piges à
France-Info.com (au début tous les jours pendant les mois de septembre et octobre, désormais un peu moins, mais elles prennent toujours pas mal de temps). Il y a aussi des chroniques régulières de livres photo sur le site Photosapiens.com. Mais les travaux que l'on aime faire prennent en réalité peu de temps. En tout cas, ils n'empêchent pas réellement de faire d'autres choses en parallèle car, dans un sens, ils donnent de l'énergie.

Plus embêtant, il y a le fait que du côté des reportages, et donc de ce qui me plaît fondamentalement, la moisson a pour le moment été plutôt faible. Voire nulle. Je ne me rappelle pas quel est le dernier sujet que j'ai été heureux de "couvrir", de relater... peut-être la rue de la Banque lors d'un cours de radio il y a plus d'un mois...

Pourtant je vous jure que je travaille! Tenez, pendant deux semaines j'ai été promu rédac' chef du site
créé par le CFJ pour couvrir la conférence LeWeb3 de Loïc LeMeur (demain et après-demain)...

Bon allez, j'arrête de me plaindre et je vous promets que dans les jours à venir (et encore plus dans les prochains mois -mais c'est secret- ) vous aurez de quoi vous mettre sous la dent sur Reportage et Photo.

A bientôt, et merci!

Antonin
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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 09:45

Les habitants de Quito aiment bien sortir le dimanche. Ils se retrouvent dans le vieux centre colonial de la ville. Harangueurs, bonimenteurs et artistes les y attendent pour gagner quelques pièces. La moindre farce théâtrale, souvent une scène de ménage épique, peut durer un très long moment et attirer une foule considérable.

Quito, Equateur, 2006 Quito, Equateur, 2006

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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 22:01

Hormis à la télévision, on voit assez peu d'images illustrant le réchauffement climatique. Al Gore, pour montrer les risques liées aux bouleversements du climat, a fait un film. De nombreux journalistes, réalisateurs, ont tourné des documentaires... mais fait assez peu de photos.

Alors le climat serait-il un sujet trop peu photogénique pour s'y attarder? Sûrement pas. Le collectif de photographes et de journalistes Argos vient nous le prouver. Ils publient un livre de reportages écrits et photographiques très bien réalisés et documentés.

artoff2831.jpg


Des Tuvalu à l'Allemagne, des images entre force et poésie pour illustrer un phénomène qui nous touche tous.

Pour en savoir plus, c'est par là.

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 23:11

En guise de réponse au commentaire de Cédric ML

A l'issue de la guerre en Irak, l'analyste de l'image Serge Daney avait dénoncé la couverture faite par les chaînes d'informations continues. Pour lui, le direct, employé à tort et à travers avait un effet irréalisant sur les images diffusées presque 24 heures sur 24. Le fait de voir des images souvent de mauvaise qualité, sans recul et sans commentaires valables, leur faisait perdre presque toute valeur explicative (il utilise l'image du ballet des balles traçantes dans la nuit de Bagdad qui ne veulent rien dire sans explications, sans savoir ni où elles vont ni d'où elles viennent). L'information, et surtout la vidéo, sur le web donnent une nouvelle dimension à cette analyse.

La vidéo est un outil prisé des sites web d'information. LeMonde.fr la pratique depuis quelques temps, LeFigaro.fr à une webTV en projet. Un site comme Rue89, s'en sert beaucoup et de manière assez intéressante. Seulement, plusieurs éléments font que ces vidéos prennent parfois un caractère irréel tel que le décrit Serge Daney. Ces éléments sont ceux sont censés donner son caractère de preuve à l'image, or nous alons le voir, ils sont en partie basés sur un postulat biaisé.


Le premier élément, c'est la qualité de la vidéo. La compression des images web fait qu'elles ressemblent grandement à des vidéos d'amateurs. L'amateurisme est devenu un des caractères qui fait la preuve de la vérité. Le discours tenu est que l'amateur "ne ment pas" car il n'a pas d'intérêt à le faire (contrairement au journaliste qui doit rendre son sujet intéressant pour le vendre).

Le second élément qui "fait preuve" dans une vidéo pour le web est le même que dans une vidéo normale : c'est le "J'y étais". Ajouté au "No Comment", il revient à faire croire que l'observateur est neutre et que par son intermédiaire le spectateur est lui aussi présent sur place.

Face à ces deux observations, il convient de répondre tout d'abord que l'amateur lui aussi cadre, donc élimine. Qu'il est tout aussi sujet que le professionnel à l'emballement pour le sujet qu'il filme (voire plus car il n'est pas "blasé") et donc à l'exagération. Et enfin que le "No Comment", l'idée qu'il n'y a pas d'intervention dans une vidéo est complètement fausse. Même sans montage, une vidéo a un hors-champ, des choses qui ne sont pas montrées et qui font sens.

Problème: la vidéo sur le web tente de nier le hors-champ, justement en se présentant comme amatrice même lorsqu'elle est réalisée par un professionnel et en jouant souvent sur le "No Comment" qui impose justement le cadre comme limite absolue de la compréhension (tout ce qui n'est pas dans le cadre est irrémédiablement perdu).

 

Ce "No Comment" qui impose une limite peut parfois être grave. Lors des récentes échauffourées à Villiers-le-Bel, il a par exemple été utilisé par Rue89 dans un de ses articles. Que comprendre de cette vidéo si ce n'est que la journaliste clame qu'elle "y était"? Elle pourra s'en prévaloir devant son rédacteur en chef, mais pas vraiment estimer avoir apporter une information conséquente (bémol toutefois avec le son, qui donne à entendre les fameux coups de feu qui ont été tirés lors de ces nuits de violence, et surtout à voir sur le site: un dossier avec des interventions diverses et des points de vues éclairants).

  

 

 Nétiquettes : actu analyse reportage

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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 08:40

Le bus est le moyen de transport le plus courant en Equateur. Le pétrôle coûte peu, mais les voitures individuelles ne sont pas accessibles au plus grand nombre. Quant aux trains, il suffit de regarder le relief du pays pour comprendre qu'il ne s'agit pas d'une bonne idée.

Le bus... Entre Quito et Puyo, 2006

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 12:43
Le pistolet électrique Taser pourrait bientôt être distribué aux policiers municipaux. L'arme est au coeur d'un violent débat en Amérique du Nord où, selon Amesty International, elle aurait causé la mort d'environ 250 personnes. Sans étude précise ni autopsie, le lien entre ces morts et le pistolet Taser n'est pas établi directement. Souvent, la mort intervient quelques jours ou semaines après avoir subi une décharge de l'arme. 

Créée "pour sauver des vies" et éviter aux policiers d'utiliser leur arme à feu, clame son fabricant, l'arme équipe déjà 3.000 policiers en France. Elle envoie une forte décharge électrique pendant quelques secondes, ce qui tétanise la victime et l'empêche de se mouvoir. Les policiers peuvent ensuite l'appréhender sans risque.

Mécontent du débat autour de son  produit, le fabricant a décidé de prouver que son arme est bel et bien inoffensive.  Mercredi 28 novembre, il a organisé un test de Taser avec le renfort  d'un député  suisse de bonne volonté. Yvan Perrin, député UDC, ancien commissaire de police, a reçu une décharge de 50.000 volts durant 2 secondes environ.

IMG-7056.jpg


Devant les caméras et les photographes de plusieurs médias (dont Reportage et Photo), il s'est écroulé au sol dans un cri étouffé et un rictus censé prouver que l'arme est inoffensive.

Quel sens donner à cette image? Sur les caméras, on le voit se relever presque immédiatemment. Pas sur la photo. Durant ce test préparé à l'avance et surveillé par un huissier, pas un journaliste n'a été blessé. Sauf peut-être dans leur ego, avec comme l'impression de s'être fait un peu endormir par cette démonstration qualibrée.

IMG-7062.jpg


La vision de cet homme affûté physiquement s'écroulant est choquante, mais elle reste une image fabriquée. Fabriquée pour faire croire que la souffrance des autres n'en est pas une, qu'une arme n'est pas offensive, mais bien défensive. Lors des interventions des policiers, durant des contrôles qui tournent mal par exemple, y aura-t-il un panel de journalistes pour demander à la personne interpelée comment elle se sent ?

"Un peu sonné mais ça va" a répondu Yvan Perrin.
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