Venant de différents pays, du Maroc aux États-Unis, Abdellah, Jenny ou Mickaël parlent de leurs premiers souvenirs en France. De leur première nuit dans le
pays.
Le Monde.fr publie cet été une série de témoignages audio qui vaut le détour (en 3 minutes par jour environ). Intitulée "Ma première nuit en France" elle raconte de
manière originale l'immigration.
Souvent pour parler d'immigration on parle des conditions de vie dans le pays d'accueil, des raisons qui ont poussé à partir, parfois de la manière dont le voyage
s'est passé. Ce que propose cette série est originale puisqu'elle peut combiner ces différents éléments en un moment crucial, la première nuit.
Au-delà de la nouveauté (à ma connaissance) de l'approche, cela à pour intérêt de condenser l'expérience unique qu'est l'immigration et de le faire sans pathos puisqu'il s'agit de raconter un
moment précis et donc de se concentrer sur des souvenirs vécus plus que sur une impression d'ensemble (on répondra de manière plus précise à la question "comment s'est passée ta première nuit
?" que "comment c'était quand tu es arrivé ?")
Ce que je trouve beau dans cette approche c'est que justement le premier moment dans un pays où l'on va vivre est très important pour les immigrés. La diversité des profils fait que tous n'ont
pas eu du mal à arriver en France, mais j'imagine que pour certains il s'agissait d'une délivrance (c'est le cas pour le premier de la série). Dans les quelques reportages que j'ai réalisé aux
côtés d'immigrés, beaucoup ne connaissaient pas leur date de naissance... mais tous se souvenaient précisément de leur jour d'arrivée en France. Ils savaient si c'était un mardi ou un samedi, et
beaucoup racontent ce qu'ils ont vu en premier, ce qu'ils ont ressenti , s'accrochant au moindre détal car cela s'est imprimé en eux. Ma mère m'avait raconté qu'un de ces amis, arrivé très jeune
depuis le Maghreb, avait été très impressionné à son arrivée la nuit tombée à Paris. Voyant les lumières des villes, il avait dit à son père "Papa, les étoiles sont basses dans ce pays
!".
Par Antonin Sabot-Lechenet
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Ils sont là depuis deux semaines, 33 bld du Temple à Paris. A deux pas de la Place de la République. Ils avaient déjà passé un an à squatter la Bourse du Travail.
Ils sont plus de 300 et dorment sur le trottoir. Il pleuvait aujourd'hui, il pleuvera peut-être cette nuit...
Leurs histoires ressemblent malheureusement à des dizaines que l'on a déjà entendues si l'on a fait le moindre sujet sur les travailleurs sans-papiers. Des années à travailler ; déclarées ou pas.
Souvent en cotisant sans rien en retour. On ne cesse de les raconter leurs histoires, mais rien -ou si peu- ne bouge. Je ne sais pas à quel point
d'indifférence nous sommes arrivés. Je vais aller me coucher et demain je devrai écrire mon article. Je ne sais pas ce que je vais mettre dedans pour lui
donner un air nouveau...
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L'article paru dans Monde.fr
La galerie FlickR
Par Antonin Sabot-Lechenet
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Avant de vous parler à nouveau de la Moldavie, je tiens à vous signaler quelques articles réalisés cette semaine à Boulogne-sur-mer où les marins-pêcheurs
bloquaient le port de pêche.
J'ai écrit deux articles pour Le Monde (dont un est visible sur le site, ici), vite fait un petit son de Xavier Bertrand pour le site internet du journal,
et surtout rédigé quatre notes pour le blog de reportages du Monde dédié à la crise, "Engrenages" (1, 2, 3, 4).
Plutôt écolo, j'ai été très content de pouvoir écouter les arguments des pêcheurs sur les quotas de pêche, et voir qu'encore une fois, tout n'est pas aussi simple
qu'on le présente souvent. Le but des billets sur le blog Engrenages était notamment d'amener certains témoignages sur ce terrain là. De faire
parler les gens sur ce qu'on n'entend pas forcément quand il faut faire un papier expliquant les faits, même si on peut y ajouter un peu de couleur "reportage".
Son, photo, texte pour deux médias aux besoins différents (on n'écrit pas la même chose pour Le Monde et Le Monde.fr), ça a été un peu speed.
Voulant soigner la photo, j'avoue avoir eu du mal. Pour le moment, le résultat est un mélange de photos un peu "news" et d'autres plus personnelles quand j'ai pu passer du temps sur les bateaux
avec les matelots.

Mais le format du blog du Monde facilite tout de même la tâche et me semble une bonne manière d'aborder le reportage multimédia à un rythme news, c'est-à-dire à
chaud (contrairement à des Mediastorm ou Ligne4, sûrement plus beaux, mais plus proches du
documentaire et nécessitant plus de temps). Ici, on se contente d'une ou deux photos, de deux bouts de sons pas trop travaillés (on peut laisser les hésitations, les temps de réflexion des gens)
et d'un texte finalement plus personnel, plus par petites touches. Dans un sens, c'est ce que j'aimais déjà faire ici...
J'ai mis quelques photos sur FlickR directement depuis Boulogne,
mais j'ai encore pas mal de boulot d'éditions à faire pour toutes les mettre. Je vous laisse jeter un oeil sur les billets d'Engrenages en attendant.
Par Antonin Sabot-Lechenet
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Par Antonin Sabot-Lechenet
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