Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Qui parle?

Jeune journaliste, j’essaie de pratiquer ce métier pour "raconter le monde" et donner à voir ce que l'on ignore parfois. « Le voyage ne commence pas au départ et ne finit pas au retour » écrit Kapuscinski dans Mes Voyages avec Hérodote. Pour expliquer la façon dont des gens que nous ne connaissons pas voient le monde et leur vie, il faut être près d’eux. En tentant de mieux comprendre leur point de vue on acceptera mieux la différence et peut-être verra-t-on qu’elle n’est pas si… différente ?

Rechercher

Texte Libre

Sites et blogs photos:
Lens :
le blog photo et multimédia du New York Times, magnifique et instructif
Burn :
webzine photo parrainné par David Alan Harvey
PierreMorel.net :
le blog de Pierre Morel
Photo-Reportage et Co :
le blog de Sandro di Carlo Darsa
Reportages Photos.fr :
actu photo, tutoriels et galeries de jeunes photographes

Archives

Attention, Reportage et Photo déménage !
Vous êtes encore nombreux à venir visiter Reportage et Photo, pourtant cette adresse n'est plus mise à jour. Si vous souhaitez découvrir mes nouveaux articles je vous invite à venir les voir sur Reportageetphoto.fr. Vous êtes donc cordialement invité à venir y découvrir toujours plus d'analyses d'images, d'histoires de reportages et de documentaires multimédia à cette nouvelle adresse, plus pratique et plus belle.
- Antonin Sabot-Lechenet
17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 16:10
Uncle Imani, la face B du hip-hop US

Uncle Imani, qui fait partie d’un des groupes de hip-hop les plus créatifs de la côte Ouest des Etats-Unis, The Pharcyde, est venu donner un concert à Saint-Étienne en décembre. Au-delà de quelques slogans faciles qu'il aime assèner, il développe un discours sur le hip-hop mâtiné de mysticisme et d’un certain regard critique.


Uncle Imani commence à parler avec un gros joint d’herbe entre les lèvres, les yeux un peu dans le vague. « Tu sais pas où je peux en trouver plus dans le coin ? » Depuis le Sud sa Californie natale, il s’est un peu perdu dans le brouillard stéphanois. De passage pour un concert, le voilà dans un local ressemblant plus à une cave qu’à une salle de spectacle. Des allures de block-party (les premières soirées hip-hop organisée dans les années 70 et 80 à New-York) qui ne devraient pas déplaire à ce rappeur qui a commencé la musique il y a près de vingt ans lors de fêtes d’anniversaire au lycée.



« On faisait du freestyle entre potes » explique-t-il avec un accent à couper au couteau, « je ne voulais pas spécialement devenir rappeur, ça ne m’a pas traversé l’esprit. Tout ce qu’on voulait s’était s’amuser et faire de bons shows.» Pour quelqu’un qui voulait juste s’amuser, il y a de quoi être satisfait : le premier album de The Pharcyde, Bizarre Ride to The Pharcyde, édité en 1992 est devenu disque d’or. Les autres albums du groupe se sont moins bien vendus, mais les quatre acolytes de Los-Angeles n’en sont pas moins restés des figures phares de la scène rap indépendante, non liée aux majors du disque.

Deux des membres ont quitté le groupe il y a quelques années, il ne reste plus qu’Imani et son « pote » Bootie Brown. En pleine promotion de son album solo (Blackstarrdust) prévu dans le courant de l’année, Uncle Imani continue pourtant à représenter le groupe partout où il va : « Je ne me sens pas vraiment en solo, même quand je bouge seul, il a les ondes des autres. »

Industr’hip-hop

Les basses passent au travers du mur très fin qui sépare les loges de la salle de concert. Les membres de Lunar Heights, un groupe de Détroit dont l’un est un cousin d’Imani, font leurs balances et règlent leur son. Le bonnet rasta au ras des oreilles « l’oncle » écoute un moment et explique sa position sur l’industrie du hip-hop : « Au début on avait pas assez d’information sur ce que c’était. Quand tu es dehors et que tu jettes un œil à l’intérieur, tu ne comprends pas trop. On a fait quelques erreurs. Ce que j’en pense maintenant ? C’est qu’il ne faut laisser personne décider pour toi ce que tu dois faire, il ne faut pas dépendre d’une compagnie de disque. »




Les membres de Lunar Heights soutiennent Imani pendant son show.


Déjà en 1995, avec Labcabincalifornia, le groupe crachait un peu de son venin sur les majors : "Every time I step to the microphone / I put my soul on two-inch reels that I don't even own." (Chaque fois que je prends le microphone, je mets mon âme sur des bandes que je ne possède même pas, ndlr).

Depuis, Uncle Imani semble s’être quelque peu assagi. Il refuse désormais de juger ses condisciples. Alors qu’on a longtemps présenté The Pharcyde comme un groupe pourfendeur du gangsta rap à la mode sur la côte Ouest. Aujourd’hui il rejette cette étiquette « Une chanson contre l’industrie du hip-hop ne fait pas un album ou un groupe. À la base, les mecs qui sont des gangsters font du rap de gangster. Nous on était pas des gangsters donc on a fait autre chose. Ceux qui parlent des ghettos et tout ça, qui font ça sérieusement peuvent le faire aussi, il n’y a pas une seule façon de faire du hip-hop, c’est universel.» Quand on sait que le sport favori des rappeurs est le clash, la confrontation verbale, on peut prendre Uncle Imani pour un chanteur de reggae écoutant en boucle One Love de Bob Marley.

Déjà en 1995, avec Labcabincalifornia, : "Every time I step to the microphone / I put my soul on two-inch reels that I don't even own." (Chaque fois que je prends le microphone, je mets mon âme sur des bandes que je ne possède même pas, ndlr).Depuis, Uncle Imani semble s’être . Il refuse désormais de juger ses condisciples. Alors qu’on a longtemps présenté The Pharcyde comme un groupe pourfendeur du gangsta rap à la mode sur la côte Ouest. Aujourd’hui il rejette cette étiquette Quand on sait que , la confrontation verbale, on peut prendre Uncle Imani pour un chanteur de reggae écoutant en boucle One Love de Bob Marley.


 L’influence de la chaîne musicale MTV se fait ressentir dans les propos de ce rappeur qui pourtant n’y passe pas souvent. Le discours global visant à dire à chacun qu’il est unique et qu’il « peut le faire » se retrouve un peu chez cet indépendant. Haut et fort, il affirme : « Je ne veux pouvoir être comparé à personne, je veux être moins même » mais explique vouloir continuer le rap longtemps « comme Quincy Jones qui a commencé la musique à 14 ans ». Par moment il donne aussi dans l’éclectisme de bon ton : « J’écoute n’importe quel type de musique, n’importe lequel… n’importe lequel si c’est de la bonne musique. »

Le son fait la différence

Profondément, il n’en reste pas moins atypique sur une scène hip-hop où la réussite se mesure de plus en plus au nombre de diamants incrustés dans les jantes des 4x4 que s’achètent les chanteurs. Sa simple présence dans une minuscule salle de province en est la preuve. Ses visions mystiques un peu déjantées sur les « forces qui nous guident » en sont une autre. Uncle Imani est habité par une foi inébranlable dans le hip-hop. Sur scène il prêche plus qu’il ne rappe.

Sur scène, Uncle Imani (à gauche) prêche plus qu'il ne rappe.


Conscient qu’il y a quinze ans lui et ses « potes » ont amené quelque chose de nouveau dans le rap, il continue de plaquer autour du monde son hymne Passing me by. Père de deux enfants, Imani a envie de continuer: « Parcourir le monde, chanter pour nourrir les siens est une bénédiction. Tant que je m’amuserais là-dedans je vais continuer. »


 Ce qu’il continue de faire, c’est d’inventer des sons. Avec Bizarre Ride, les Pharcyde ont apporté du jazz dans le rap « on a éclairé un côté du hip-hop que les gens ne connaissaient pas, même si on a pas cassé le moule ‘gangster’ car l’album The Chronicle de Dr Dre était numéro un » analyse-t-il. Avec son album solo, il rappe sur un son entre le reggae et l’électro. « C’est une progression naturelle, tout doit changer. Les gens ont peur du changement alors qu’il suffit de s’y préparer. » Près de vingt ans après ses débuts, Imani continue à monter sur scène. Sans pression, « la pression c’est pour les mecs qui ne sont pas prêts », sauf que pour ce soir, il lui faudrait encore un peu d’herbe.

 

L'hymne qui a fait connaître les Pharcyde: "Passing me by"


 
Le site My Space des Pharcyde avec de la musique.
Le site
My Space d'Uncle Imani avec de la musique.

 

Partager cet article

Published by Antonin Sabot-Lechenet - dans C pas d'la confiture - C d'la culture !
commenter cet article

commentaires

Antonin 25/01/2007 19:09

Ben, on va dire qu'ils sont connus "dans les milieux qui connaissent" lol
 
La pupart des rappeursq les cnnaissent car ils ont eu bcp d'influence sur toute la vague alternative du hip-hop.

n 24/01/2007 23:33

Moi qui croyais que Pharcyde n'était pas très connu,je me suis planté.

Articles Récents

  • Reportage et photo évolue
    La vie du blog Reportage et photo prend une autre dimension. Après une tentative de nouveau départ sous Wordpress, il devient un vrai site à part entière et devient donc Reportageetphoto.fr (ça en jette hein!). Vous êtes donc cordialement invité à venir...
  • Sélection de photos du conflit Libyen
    Reportage et photo déménage ! Je vous invite à retrouver ce nouvel article sur mon nouveau blog. C'est par là !
  • Maintenant les policiers doivent payer leur café !
    S'il est un poids dont les Tunisiens sont heureux de s'être débarrassés, c'est bien celui que faisait peser sur eux la police. Autrefois omniprésente et capable de tous les abus de pouvoir, des plus graves aux plus insignifiants et donc blessants, elle...
  • Tunisie : "Même ma grand-mère connait les proxys"
    La censure d'Internet en Tunisie a vécu. Les jeunes ici connaissaient bien les moyens de la contourner mais maintenant tout est en accès libre, même, s'amusent certains blogueurs tout en jurant ne pas vraiment être allé voir, les sites pornographiques....
  • MAM et Fillon sont dans un avion...
    ...Et ça fait bien rire les Tunisiens. Pour preuve, voir cette excellente caricature du dessinateur blogueur Seif Nechi (cliquez pour agrandir) : (le mot sur le tableau, Ja'ala, veut dire "pot de vin" de manière très vulgaire, une belle première leçon...
  • Combien de temps pour oublier 23 ans de dictature ?
    Dans les rues de Tunis, la fierté déborde. Il y a beaucoup de gens qui vous abordent comme pour vous prendre à témoin de ce qui s'est passé dans le pays, de ce qui s'y passe encore et de ce qui va changer. « Alors tu as vu ? », interrogent-ils, sans avoir...
  • Tunis manifeste toujours
    La Tunis nouvelle est en effervescence. Depuis que Ben Ali a fuit, la plupart des gens sont bien retournés au travail, mais pourtant il reste impossible de recenser tous les mouvements, toutes les manifestations, qui agitent encore la capitale tunisienne,...

A voir sur le Web

A lire sur le Web