Les merveilles de la forêt (1)
La forêt amazonienne contient des milliers de plantes médicinales ou comestibles. Les indiens Shuars en connaissent des centaines. Durant un séjour dans le village de Tsuntsu en Équateur, une petite promenade de quelques heures m'a permis d'en découvrir certaines.
La forêt amazonienne est un gigantesque livre dans lequel il faut apprendre à lire. Son langage est complexe et une erreur d'interprêtation peut s'avérer mortelle. Pour une de nos premières leçon, les membres du projet HOEquateur 2006 et moi avons eu droit à l'aide de nos amis shuars Maria et Luis le chamane de la communauté de Tsunstsu (province de Morona Santiago).
Pas besoin d'aller bien loin pour trouver des plantes utiles. La selva en contient des milliers et les Shuars en connaissent des centaines.
La leçon commence par une espèce de coriandre (photo ci-dessous) (qui ressemble au culantro du Nicaragua) qui sert pour assaisonner en cuisine, mais qui aide aussi à soulager la gueule de bois.
Plus loin une grande ortie soigne le mal d'estomac. De très nombreuses plantes sont comestibles. C'est le cas du Tunshishi (photo à droite) qui a un goût d'épinard (en mieux).
Une plante plus originale et que l'on trouve partout dans la forêt est le Jempemur (ci-dessous à gauche). Littérallement, cela signifie la plante du colibri (Jempe en shuar, c'est le nom que Francisco, un ami Shuar, m'avait donné). La légende veut qu'un concours ait un jour opposé le colibri à la poule. Il s'agissait de planter le plus grand nombre d'une espèce végétale particulière. Étant très travailleur, le colibri l'aurait emporté, et c'est pour cela que l'on trouve du jempemur partout dans cette partie de la forêt. Plus prosaïquement, elle sert d'anti-poison quand on la mastique. La petite boule à la base de la feuille attire et contient des fourmis.
Le semasme pousse dans les rivières peu profondes et se mange seul (en salade) ou en guise d'assaisonnement.
Le temashnium est le fruit d'un arbuste. Il ressemble à un petit oursin. Avant l'arrivé de la "civilisation", il faisait office de peigne. C'était un cadeau très prisé entre amoureux.
La petite graine à côté s'appelle pambil. Les Shuars s'en servent pour faire des colliers.
Par Antonin Sabot-Lechenet
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Publié dans : Tintin grand reporter
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