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Le But du Je:
"... Aujourd’hui étudiant en école de journalisme (au CFJ à Paris), j’essaie d’apprendre les bases du métier qui me semble le plus à même de raconter le monde. Pour Kapuscinski (toujours) le reporter est celui qui va parler aux gens..."

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Jeudi 29 novembre 2007
Le pistolet électrique Taser pourrait bientôt être distribué aux policiers municipaux. L'arme est au coeur d'un violent débat en Amérique du Nord où, selon Amesty International, elle aurait causé la mort d'environ 250 personnes. Sans étude précise ni autopsie, le lien entre ces morts et le pistolet Taser n'est pas établi directement. Souvent, la mort intervient quelques jours ou semaines après avoir subi une décharge de l'arme. 

Créée "pour sauver des vies" et éviter aux policiers d'utiliser leur arme à feu, clame son fabricant, l'arme équipe déjà 3.000 policiers en France. Elle envoie une forte décharge électrique pendant quelques secondes, ce qui tétanise la victime et l'empêche de se mouvoir. Les policiers peuvent ensuite l'appréhender sans risque.

Mécontent du débat autour de son  produit, le fabricant a décidé de prouver que son arme est bel et bien inoffensive.  Mercredi 28 novembre, il a organisé un test de Taser avec le renfort  d'un député  suisse de bonne volonté. Yvan Perrin, député UDC, ancien commissaire de police, a reçu une décharge de 50.000 volts durant 2 secondes environ.

IMG-7056.jpg


Devant les caméras et les photographes de plusieurs médias (dont Reportage et Photo), il s'est écroulé au sol dans un cri étouffé et un rictus censé prouver que l'arme est inoffensive.

Quel sens donner à cette image? Sur les caméras, on le voit se relever presque immédiatemment. Pas sur la photo. Durant ce test préparé à l'avance et surveillé par un huissier, pas un journaliste n'a été blessé. Sauf peut-être dans leur ego, avec comme l'impression de s'être fait un peu endormir par cette démonstration qualibrée.

IMG-7062.jpg


La vision de cet homme affûté physiquement s'écroulant est choquante, mais elle reste une image fabriquée. Fabriquée pour faire croire que la souffrance des autres n'en est pas une, qu'une arme n'est pas offensive, mais bien défensive. Lors des interventions des policiers, durant des contrôles qui tournent mal par exemple, y aura-t-il un panel de journalistes pour demander à la personne interpelée comment elle se sent ?

"Un peu sonné mais ça va" a répondu Yvan Perrin.
par Antonin Sabot-Lechenet publié dans : Elles sont pas fraîches mes nouvelles? ajouter un commentaire commentaires (5)   
Mardi 27 novembre 2007
Depuis deux nuits déjà, la ville de Villiers-le-Bel connaît des affrontements entre jeunes et forces de police. Les images qu'en livrent les journaux ressemblent déjà à celles des émeutes de 2005. D'un côté, elles montrent  les dégats  occasionnés :  voitures brûlées,  bâtiments incendiés  et magasins  saccagés.  De  l'autre,  elles illustrent  les affrontement eux-mêmes.

Deux images  retiennent particulièrement l'attention : celle à la Une du  Monde daté du mercredi 28 novembre (par Corentin  Fohien)  et celle à la Une de Libération du  27 novembre (par Pascal Rossignol).

Les violences en banlieu vues par Le Monde et Corentin Fohien
(c) Corentin Fohiet

Villiers-le-Bel par Libération et Pascal Rossignol
(c) Pascal Rossignol

Les conditions de prise de vue sont difficiles. Il fait nuit, le peu de lumière vient de derrière et est très diffus. De plus, les photographes travaillent de loin, au téléobjectif, objectifs souvent moins lumineux que les focales plus courtes et qui tolèrent moins les vitesses lentes nécessaires au travail en basse lumière.

Le résultat, c'est que les images sont assez peu détaillées, légèrement floues et surtout que les personnages apparaissent comme de petites silhouettes noires et floues (surtout sur l'image de Libération).

Sur une pellicule argentique, les parties noires de l'image n'apparaissent pas. Ou plutôt, elles sont présentes en creux. L'absence de lumière fait que la pellicule reste vierge.

Ces silhouettes noires, mal définies, font penser à cette absence de matière, à cette absence de contenu. Dans un sens, on ne perçoit que les contours de ces jeunes et donc que les contours de leur rebellion. Le coeur de cette violence, comme les détails qui pourraient identifier et personnaliser ses auteurs, ne nous sont pas révélés par ces images.

Pourtant, il y a bien ces panneaux de signalisation qui semblent nous dire que c'est bien ici que ça se passe. Ils nous désignent les auteurs : ce sont bien eux.

Eux oui, sans doute... mais qui sont-ils vraiement, hormis des sihouettes de jeunes à capuche ? Le caractère informatif de l'image s'arrête ici à la simple désignation.





J'attire de plus votre attention sur cette image très forte symboliquement, elle aussi réalisée par Corentin Fohien, où l'on voit des jeunes danser sur un véhicule de police vandalisé, en une sorte d'exutoire et de rituel urbain moderne (3eme ligne, 3eme colonne): sur le site de l'agence en ligne Fédéphoto.


Corentin Fohien/Fédéphoto pour Le Monde daté du 28 novembre et Pascal Rossignol/Reuters pour Libération daté du 27 novembre.
Ces photographies sont issues de parutions de presse, leur diffusion ici l'est à titre d'information et d'explication sur sa signification. L'auteur de ce blog tient à marquer son attachement au droit d'auteur.

 
Nétiquettes : photojournalisme analyse
par Antonin Sabot-Lechenet publié dans : Inside the Picture ajouter un commentaire commentaires (0)   
Lundi 26 novembre 2007

Onusida a dévoilé mardi 20 novembre son rapport annuel sur les chiffres du Sida. Surprise, le nombre de persones touchées par la maladie est toujours effrayant, mais en nette diminution par rapport à l'an dernier : 33 millions de malades contre 40 millions en 2006.

 

En Inde, en un an, l'estimation a été divisée par deux. Elle est passée de 5,7 millions à 2,5 millions, ce qui reste bien sûr gravissime.

 

L'agence de l'ONU ne modifie pas ses estimations pour l'Afrique. Cette année, elle estime à 22,5 millions le nombre de malades, mais note une diminution du nombre de nouveaux cas : 1,7 million tout de même.

 

Comment arriver à de telles différences une annnée sur l'autre? A côté le débat sur les chiffres du chômage en France est bien dérisoire.

 

Cette baisse dans les chiffres vient de nouvelles méthodes de recensement, principalement en Inde. Le problème des chiffres du Sida vient de là : on ne dispose d'aucun chiffre exact dans les pays en développement, il s'agit uniquement d'estimation.

 

Le décompte des malades est une équation à multiples inconnues. Longtemps le Sida a été une maladie honteuse, elle l'est encore dans de nombreuses régions du monde, il ne fallait donc pas dire que l'on était mort de cette maladie. Mouvement inverse avec l'arrivée des ONG qui aidaient les familles des victimes. Certains ont alors eu tendance à déclarer des morts du Sida alors que parfois il s'agissait de morts accidentelles ou d'autres maladies. Et puis, ce n'est pas le Sida directement qui tue les malades. Il détruit les défenses immunitaires et le malade meurt d'une maladie qui pour quelqu'un d'autre serait sans importance.

Dans certaines associations africaines, le terme de Sida n'apparâit pas sur le registre des décès. Pourtant, certaines morts "à 37 ans, de perte de poids" ou dans des "conditions mals définies", ne trompent pas.

 

Ainsi en Tanzanie par exemple, Sont comptabilisés comme morts du Sida, entre autre, tous ceux qui meurent de la tuberculose, maladie dite opportuniste, car les tests du Sida sont trop chers... Autre problème de fiabilité, le paludisme, qui dans cette région touche l'immense majorité de la population, provoque de faux tests positifs (car le paludisme, un peu comme le Sida, détruit les défenses imunitaires).

 

Difficile de se réjouir devant ses nouvelles estimations. Mêmes revus à la baisse, les chiffres ne diront jamais la réalité et la souffrance des pays touchés par le Sida.




Nétiquettes : Afrique Sida Tanzanie
par Antonin Sabot-Lechenet publié dans : Elles sont pas fraîches mes nouvelles? ajouter un commentaire commentaires (2)   
Dimanche 25 novembre 2007

Les quelques habits sont en tas sur une chaise. Le décor est très sobre. De toute manière il fait très sombre et on ne distingue pas très bien les détails. Seule une petite fenêtre, vient éclairer un bout de la pièce d'une lumière dure et froide.

A l'intérieur, il fait trop sombre pour voir les détails de la vie ; a l'extérieur il y a trop de lumière pour pouvoir les fixer du regard. L'Afrique ne connaît pas de juste milieu.

Il fait trop sombre pour voir les détails de la vie Région de la Kagera, 2004
 

 

Nétiquettes : Afrique photo
par Antonin Sabot-Lechenet publié dans : Humeur et poésie ajouter un commentaire commentaires (0)   
Mardi 20 novembre 2007

Ils étaient près de 50.000 fonctionnaires à manifester aujourd'hui à Paris contre la réforme des régimes spéciaux de retraite et pour une hausse de leur salaire. Deux heures et demie après le départ de la tête du cortège de la place d'Italie, la queue de la manifestation n'avait pas encore bougé.

Reportage et Photo, en partenariat avec Marion, de Res Politica en a profité pour tester, à une petite échelle, le "reportage multimédia" dont je vous parlait il y a peu de temps.

Morceaux choisis en images et en sons:


 



Edition: Le premier interlocuteur du sujet s'appelle Nicolas Comte, directeur général du SGP-FO (au lieu de FO)



Nétiquettes : reportage multimédia manifestation

 

par Antonin Sabot-Lechenet publié dans : Tintin grand reporter ajouter un commentaire commentaires (0)   

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