Créée "pour sauver des vies" et éviter aux policiers d'utiliser leur arme à feu, clame son fabricant, l'arme équipe déjà 3.000 policiers en France. Elle envoie une forte décharge électrique pendant quelques secondes, ce qui tétanise la victime et l'empêche de se mouvoir. Les policiers peuvent ensuite l'appréhender sans risque.
Mécontent du débat autour de son produit, le fabricant a décidé de prouver que son arme est bel et bien inoffensive. Mercredi 28 novembre, il a organisé un test de Taser avec le renfort d'un député suisse de bonne volonté. Yvan Perrin, député UDC, ancien commissaire de police, a reçu une décharge de 50.000 volts durant 2 secondes environ.

Devant les caméras et les photographes de plusieurs médias (dont Reportage et Photo), il s'est écroulé au sol dans un cri étouffé et un rictus censé prouver que l'arme est inoffensive.
Quel sens donner à cette image? Sur les caméras, on le voit se relever presque immédiatemment. Pas sur la photo. Durant ce test préparé à l'avance et surveillé par un huissier, pas un journaliste n'a été blessé. Sauf peut-être dans leur ego, avec comme l'impression de s'être fait un peu endormir par cette démonstration qualibrée.

La vision de cet homme affûté physiquement s'écroulant est choquante, mais elle reste une image fabriquée. Fabriquée pour faire croire que la souffrance des autres n'en est pas une, qu'une arme n'est pas offensive, mais bien défensive. Lors des interventions des policiers, durant des contrôles qui tournent mal par exemple, y aura-t-il un panel de journalistes pour demander à la personne interpelée comment elle se sent ?
"Un peu sonné mais ça va" a répondu Yvan Perrin.



Région de la Kagera,
2004
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