« Et un! Et deux!... », ça sonne comme un certain soir de victoire au foot. « ...Et bac +3 » mais c'est tout autre chose. En
blouse blanche et en rang serrés; les infirmières manifestent dans Paris. Elles sont un bon milier (2500 selon les organisateurs, 850 selon la police) à défiler jeudi depuis la gare Montparnasse
jusqu'au ministère de la Santé.
Là, Roselyne Bachelot, fraîchement nommée ministre ne les attend pas. Deux jours auparavant, en visite dans un hôpital à Dunkerque, à la question de Nicolas Sarkozy qui se
demandait pourquoi, avec trois ans et demi d'études les infirmières n'étaient reconnues qu'à Bac+2, elle a répondu, ingénue « parce que leurs études coportent beaucoup de stages ». Au
moment où l'on demande à tout va aux universités de donner plus de places aux expériences professionnelles, la pilule passe plutôt mal.


Les infirmières suivent aujourd'hui des études durant trois ans et demi. Leur Diplôme d'Etat n'est pourtant reconnu qu'à Bac + 2.

Les infirmières se sentent parfois seules devant des responsabilités importantes.
« Trois ans et demi d'études ça mérite bien une licenseuh... ». Le cortège avance doucement. Un petit air de CPE soft dans les rangs. La plupart des
manifestants sont des étudiants infirmiers. Bien que non professionnels ils connaissent bien les problèmes de la profession : manque d'effectif et salaires bien éloignés des
responsabilités qui leurs incombent. Finalement ce sont un peu les problèmes du secteur hospitalier en général que condensent les infirmières. « J'ai l'impression d'être une
seringue sur pattes » se plaint un jeune homme. Il brandit un mannequin en blouse bleue pendu, étranglé. Un symbole figurant selon lui « l'avenir de la
profession ».
"Je me sens un peu comme une seringue sur pattes" explique un manifestant.
Tout au long de la manifestation, l'impression est la même. Pas assez de reconnaissance du métier, ni des études. Une charge de travail parfois trop lourde à assumer. La charge de travail,
Samira, jeune infimière en poste depuis 3 ans dans une clinique en a fait l'expérience: « On se retrouve parfois avec triple charghe de travail à cause des
arrêts maladies. Pour faire ça j'ai eu une prime de 70 euros, un fois dans l'année. Le stress est tel que je démissionne et me retrouve sans travail dès le mois de
Juillet. »
"Allez vas-y Roselyne, au moins 2000 euros... Allez vas-y Roselyne..."
Les manifestants en ont visiblement gros sur le coeur. Depuis septembre une demi-douzaine de manifestations ont eu lieu à Paris, et pourtant étudiants et infimiers
en poste continuent de venir à Paris pour demander l'aide du ministère. Finalement des responsables ont accepté de les écouter. Dans une quinzaine de jours des negociations devraient
commencer.

Au sortir du ministère les responsables de la Coordination Nationale Infirmière se sont dit
"confiants" mais veulent rester vigilants,
"cela fait trop longtemps que la profession
attend".
"Si tu veux un bac + 3 tape dans tes mains..."
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