Jeune journaliste, j’essaie de
pratiquer ce métier pour "raconter le monde" et donner à voir ce que l'on ignore parfois. « Le voyage ne commence pas au départ et ne finit pas au retour » écrit
Kapuscinski dans Mes Voyages avec Hérodote. Pour expliquer la façon dont des gens que nous ne connaissons pas voient le monde et leur vie, il faut être près d’eux. En tentant de mieux
comprendre leur point de vue on acceptera mieux la différence et peut-être verra-t-on qu’elle n’est pas si… différente ?
En marge des négociations avec les paramilitaires des Autodéfense Unies de Colombie (AUC) et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), de nouveaux groupes armés apparaissent en Colombie et reprennent les activités criminelles de leurs prédécesseurs, racket, trafic et enlèvement, explique un rapport de l’International Crisis Group.
Les négociations pour la libération des otages détenus par les Farc, forces d’obédience marxiste à leur création et désormais largement tournées vers le trafic de drogue, dépendent en partie de la position du pouvoir envers les paramilitaires des AUC. Ces milices armées avaient été créées justement pour lutter contre les guérilleros au début des années 1990. Très vite elles ont utilisé les mêmes armes mafieuses que les Farc, comme le racket et le trafic de cocaïne, la lutte entre les deux forces est alors devenue une concurrence pour le contrôle des régions productrices de coca. Jusqu’à aujourd’hui, les liens entre paramilitaires et armée régulière gênent considérablement les négociations entre le gouvernement et les Farcs.
Depuis 2003, un processus de démobilisation des paramilitaires a été engagé. 32.000 hommes ont ainsi quitté ces groupes armés, révélant par la même occasion l’existence de 3.700 charniers où seraient enterrées plus de 10.000 victimes du conflit colombien.
Le règlement du conflit ne semble pourtant pas à portée de main. Fin 2006, le gouvernement Uribe a durci les termes de la loi « justice et paix » (JPL). Plusieurs leaders des AUC ont alors quitté la table des négociations. Ils ont depuis créé de nouveaux groupes armés clandestins dénoncent les experts du groupe de recherche International Crisis Group. Dans le même temps, des gangs criminels commencent à occuper la place laissée par les AUC.
C’est le cas par exemple des « Black Eagles » présents dans le nord-ouest du pays, à la frontière avec le Vénézuela, ou de l’Organisation nouvelle génération (ONG) et de Rastrojos dans le sud-est, à la frontière équatorienne. Le gouvernement ne semble pas encore prendre ces groupes au sérieux et estime leurs forces à 3.000 hommes. Des membres de la société civiles avance plutôt le chiffre de 10.000.
Certains de ces groupes sont les successeurs des anciens cartels de trafiquants de drogue comme le Cartel de Cali. La différence avec ces anciens
gangs est qu’ils commencent à occuper le territoire colombien à la manière des AUC et des Farcs. Ils pratiquent alors le racket des entreprises et le trafic de drogue. Le business des enlèvements
est aussi très actif. Ces nouveaux groupes vont jusqu’à sortir de la Colombie pour prendre des otages et en tirer des rançons. Les « Black Eagles » franchissent régulièrement la
frontière Vénézuélienne et le groupe ONG n’hésite pas à entrer en Equateur pour y capturer des otages expliquent des habitants sur place.
Le rapport de l'International Crisis Group.
Le site des Farc.
Autre source précieuse: Le Conflit armé en Colombie, par Pietro Lazzeri
L'hebdomadaire Courrier International publie un très beau hors-série intitulé "Fiers d'être Indiens".
De très nombreux articles parlent de presque tous les indiens du continent américain, depuis les Inuits aux Quechas. Je dis presque car, petit bémol, les Indiens
d'Amazonie ne sont représentés que par les Indiens du Brésil. Les Shuars par exemple sont absents. Seuls les Guaranis (ou Waorani) ont droit à un tout petit encadré (de plus c'est
une ethnie présente depuis l'Equateur jusqu'au Brésil).
Autre petite réserve sur les photos. Il y en a peu et la revue ne compte qu'un seul reportage photo en tant que tel (il se rapproche de plus de l'esthétique publicitaire avec un grain très
particulier et des images qui semblent retouchées par ordinateur, on aime ou pas).
Grande qualité en revanche des articles... ceux-ci ayant parfois déjà été publiés. Mais comment se lasser de l'article Guaipuro Cuauhtémoc, chef indien aztec, qui demande à
ses "frères européens" de lui rembourser la dette contractée par les conquistadores et consignée consciencieusement dans Les Archives des
Indes.
Avec des intérêts courant sur 400 ans, le FMI n'a qu'à bien se tenir !
Le site de Courrier International
Je me permets un petit message personnel (pas tant que ça quand on y réfléchit en fait). Ce blog se veut un blog de journaliste reporter (en devenir), mais il n'y
a pas de raison que je n'en profite pas parfois pour exprimer certains de mes sentiments.
J'ai toujours pensé que les journalistes devaient exercer de manière honnêtement subjective puisqu'ils ne peuvent pas être objectifs. Je me permets ici une petite entorse au principe qui veux que
nous n'apparaissions pas dans nos articles.
Je vous présente donc le blog d'une de mes amies (je suis fier de l'appeler mon amie) égyptienne.
Blogger, en France, ce n'est rien. Rien de plus en tout cas que de parler dans la rue, que de montrer ses photos à des amis.
Il est des pays ou s'exprimer par ce média est un acte fort. Presque un acte de résistance. Je n'ai finalement pas besoin d'en dire plus, je vous présente ce site et
ce petit texte traduit par mon amie Nora. Tous les "prix Rotary" ou "Paris Match" ne valent pas grand'chose par rapport à la peur de voir des amis emmenés.
« Et un! Et deux!... », ça sonne comme un certain soir de victoire au foot. « ...Et bac +3 » mais c'est tout autre chose. En blouse blanche et en rang serrés; les infirmières manifestent dans Paris. Elles sont un bon milier (2500 selon les organisateurs, 850 selon la police) à défiler jeudi depuis la gare Montparnasse jusqu'au ministère de la Santé.
Là, Roselyne Bachelot, fraîchement nommée ministre ne les attend pas. Deux jours auparavant, en visite dans un hôpital à Dunkerque, à la question de Nicolas Sarkozy qui se demandait pourquoi, avec trois ans et demi d'études les infirmières n'étaient reconnues qu'à Bac+2, elle a répondu, ingénue « parce que leurs études coportent beaucoup de stages ». Au moment où l'on demande à tout va aux universités de donner plus de places aux expériences professionnelles, la pilule passe plutôt mal.
Les infirmières suivent aujourd'hui des études durant trois ans et demi. Leur Diplôme d'Etat n'est pourtant reconnu qu'à Bac + 2.
Les infirmières se sentent parfois seules devant des responsabilités importantes.
« Trois ans et demi d'études ça mérite bien une licenseuh... ». Le cortège avance doucement. Un petit air de CPE soft dans les rangs. La plupart des manifestants sont des étudiants infirmiers. Bien que non professionnels ils connaissent bien les problèmes de la profession : manque d'effectif et salaires bien éloignés des responsabilités qui leurs incombent. Finalement ce sont un peu les problèmes du secteur hospitalier en général que condensent les infirmières. « J'ai l'impression d'être une seringue sur pattes » se plaint un jeune homme. Il brandit un mannequin en blouse bleue pendu, étranglé. Un symbole figurant selon lui « l'avenir de la profession ».
Tout au long de la manifestation, l'impression est la même. Pas assez de reconnaissance du métier, ni des études. Une charge de travail parfois trop lourde à assumer. La charge de travail,
Samira, jeune infimière en poste depuis 3 ans dans une clinique en a fait l'expérience: « On se retrouve parfois avec triple charghe de travail à cause des
arrêts maladies. Pour faire ça j'ai eu une prime de 70 euros, un fois dans l'année. Le stress est tel que je démissionne et me retrouve sans travail dès le mois de
Juillet. »
Les manifestants en ont visiblement gros sur le coeur. Depuis septembre une demi-douzaine de manifestations ont eu lieu à Paris, et pourtant étudiants et infimiers en poste continuent de venir à Paris pour demander l'aide du ministère. Finalement des responsables ont accepté de les écouter. Dans une quinzaine de jours des negociations devraient commencer.
Article réalisé suite à une rencontre avec Eric Cornut, président de Novartis Pharma Europe.
Le Glivec et Novartis raniment un ancien débat
La plainte de Novartis contre l'Etat indien pourrait faire grand bruit. Le 7 août 2006, ce laboratoire pharmaceutique suisse avait porté plainte contre la décision de l'Etat indien de refuser de breveter son nouvel anticancéreux, le Glivec.
En préparation depuis de nombreuses années, ce médicament est un des seuls aujourd'hui accessibles dans le traitement de certaines formes de leucémie. L'Etat indien, par sa décision, souhaite le rendre accessible au plus grand nombre. À cela, Novartis rétorque qu'il aide déjà beaucoup les pays en voie de développement et offre l'accès à ce médicaments aux plus démunis. Le groupe poursuit donc l'Inde avec comme argument qu'un tel précédent couperait toute possibilité de recherche dans le domaine pharmaceutique.
Le 24 janvier, lors d'une conférence de presse, l'association Médecins sans frontière a violemment dénoncé cette plainte du laboratoire. « Une victoire du laboratoire créerait une situation d'apartheid sanitaire », affirmait-elle au Monde, mercredi 24 janvier.
Depuis 2001, l'OMC permet une exception à la propriété industrielle dans le domaine de la pharmacie pour parer à des « crises sanitaires graves » et permet ainsi de passer outre les brevets de 20 ans en vigueur dans cette industrie. La leucémie n'est pas concernée par cette exception fait valoir Novartis.
Interrogé sur la similitude entre ce cas et celui de la bataille de 2001* de plusieurs laboratoires (dont Novartis) contre l'Afrique du Sud à propos du SIDA, Eric Cornut, président de Novartis Pharma France est sans ambage: « Je pense que nous avons fait collectivement une grosse connerie » avoue-t-il. « On s'est tiré une très grosse balle dans le pied à propos de la perceptionde notre industrie. Cela nous a plongé de nombreuses années en arrières dans le débat public ».
Le procès aura lieu à Madras le 15 février.
*Plainte de 39 laboratoires en 2001 contre l'Afrique du Sud, qui voulait « génériquer » les antirétroviraux contre le sida. Ce procès avait porté un très grave coup à l'image des laboratoires pharmaceutiques.
Liens:
Un article du Monde.fr et leurs articles d'archives sur le sujet.
L'argumentation de Médecins sans frontières.
L'Inde semble prête à se battre bec et ongles... (il ne faut pas oublier que son économie profite largement d'être la première fabriquante au monde de génériques): voici une vidéo réalisée par Oxfam, une confédération internationale d'ONG...
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